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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 23:35

 

La méthode communautaire et la stratégie fédéraliste sont dans une impasse

 

Le NON retentissant (à 54,5%) du peuple français à la ratification du traité constitutionnel européen, le 29 mai 2005, fut l'un des hauts faits de l'histoire de France. Nous en étions conscients, comme le montre le communiqué de presse du MRC 53, publié le lendemain du référendum. Voir Bilan du référendum européen 2005 - MRC 53

C’est une véritable performance électorale que les Français ont réalisée le 29 mai en refusant de ratifier le traité institutionnel, qualifié abusivement de « Constitution européenne ». 

Ce NON retentissant restera dans l’histoire comme la première intrusion des peuples dans la construction européenne et le début de la résistance populaire au néo-libéralisme en Europe. 

Enfin, l’Europe va entrer de plain-pied dans le débat politique national, ce qui n’était pas le cas en 2002 lors de la calamiteuse élection présidentielle sans débat, dominée par le verrouillage Chirac-Jospin. 

La gauche a manqué de lucidité, puis de courage politique, dans les années 1980 et surtout 1990, face à la dérive néo-libérale des institutions communautaires européennes. Sa politique s’est limitée à l’accompagnement de la mondialisation. 

 Le 29 mai ouvre de nouvelles perspectives pour la gauche.  

Il lui faut être fidèle à ses principes, à ses valeurs, et faire preuve d’imagination et de détermination afin de bâtir un projet répondant aux attentes citoyennes et apte à rassembler les énergies populaires.

C’est le début de la reconquête du pouvoir, un peu comme dans les années 1970, lorsque les socialistes se sont rassemblés autour d’un projet fédérateur.

On parlait alors de changer la vie et de rompre avec la logique capitaliste.  Il s’agit aujourd’hui de refonder la gauche sur des bases républicaines et de ne pas décevoir l’espérance du peuple, quand elle sera aux responsabilités aux niveaux national et européen.

 

Dix ans après, l'urgence de repenser l'Europe va finir par s'imposer, du moins peut-on l'espérer. Mais nous n'y sommes pas, comme l'écrit Jean-Pierre Chevènement dans une Tribune publiée par le quotidien La Croix ce 29 mai 2015. Voir Une décennie après, repenser l'Europe

Le rejet du projet de traité constitutionnel européen par le peuple français, par 55 % des suffrages exprimés, a exercé sur le gouvernement français un effet de tétanie jusqu’à l’élection présidentielle de 2007. Il est vrai aussi que le camp du non n’a pas su proposer une alternative sérieuse, faute que son candidat naturel, Laurent Fabius, se soit porté candidat à l’élection présidentielle de 2007. 
Candidat à l’élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy prétendait surmonter la difficulté par un « court traité ». En fait, le traité de Lisbonne, adopté en 2008 quand il fut élu président, a repris la quasi-intégralité du texte du « projet de traité constitutionnel », répondant ainsi au vœu exprimé par Angela Merkel d’en voir préservée « la substance ». Un Congrès fut réuni à Versailles pour adopter à la majorité des deux tiers la révision constitutionnelle nécessaire. Il faut le dire : ce véritable déni de démocratie n’a été rendu possible que par l’accord de l’UMP et du PS, et d’abord de leurs chefs. 

Or, c’était bien le manque de démocratie des institutions européennes qui était la principale motivation des partisans du non. Le message était clair : il n’y a pas de démocratie qui vaille en dehors d’un puissant sentiment d’appartenance que la France suscite mais que l’Europe – qu’on le déplore ou qu’on s’en félicite – ne suscite pas. 
Le déni de démocratie qu’a constitué le traité de Lisbonne ne pouvait qu’en aggraver la crise. Nous y sommes. Quel parcours chaotique depuis dix ans ! Crise économique de 2009, crise de l’euro depuis 2010, traité budgétaire européen coercitif en 2012 dépouillant les Parlements du cœur de leurs prérogatives, signé par Nicolas Sarkozy en mars et adopté tel quel en octobre sans avoir été renégocié. Sous la pression de la Commission européenne, le chef du gouvernement italien et le président grec sont remplacés. 
En 2015, la Grèce vote Syriza mais Bruxelles et Berlin, « les puissances décisionnaires », restent sourdes à l’expression de la volonté populaire. « Il n’y a pas de démocratie, déclare le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, en dehors des traités européens. » Par ailleurs, la crise ukrainienne, parfaitement évitable, aboutit à un conflit qui dresse l’Europe contre la Russie, inféodant ainsi durablement la première aux États-Unis. La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (le « Brexit ») fera l’objet d’un référendum en 2016 ou 2017. 
Le centre de gravité de l’Europe s’éloigne ainsi toujours plus vers l’est, loin de la France et de ses intérêts fondamentaux. 
Cette impasse impose que la construction de l’Europe soit, pour l’avenir, entièrement repensée. Pour renouer avec la démocratie, il faut à la fois un objectif et une méthode. 
Un objectif : « L’Europe européenne » qu’appelait jadis de ses vœux le général de Gaulle, alliée mais non vassale des États-Unis, bref maîtresse de ses décisions. 
Une méthode : la démocratie et par conséquent la méthode confédérale, s’appuyant sur les nations où vit la démocratie, et donc à géométrie variable. Une Europe recentrée sur l’essentiel : l’économie, l’emploi, l’industrie, l’énergie, la défense et la politique extérieure. À partir d’un noyau dur : celui de l’Europe originelle à Six mais sans exclusive. 
Si on veut mettre de l’ordre dans la maison européenne, il faut outiller le seul organe légitime – le Conseil européen – pour qu’il puisse donner une impulsion politique continue, ramener la Commission à un rôle d’administration, rapprocher le Parlement européen des parlements nationaux et surtout transformer la monnaie unique en monnaie commune, réservée aux échanges internationaux. 
En réintroduisant de la flexibilité à l’intérieur du système monétaire européen grâce à un SME bis, on redonnera à chaque pays la compétitivité qui était la sienne en 1999. On fera l’économie de dévaluations internes ruineuses et désta­bilisatrices. Au lieu que l’euro fracture l’Union européenne, comme aujourd’hui, une monnaie commune permettra à chaque nation de retrouver un équilibre entre la valeur de sa monnaie et son niveau d’activité. En même temps un signe fort sera donné : le cap de l’unité européenne sera maintenu. 

Enfin, il va de soi qu’une « Europe européenne » doit se faire en partenariat avec la Russie, en faisant de l’Ukraine un terrain de coopération plutôt que d’affrontement. 
Le choix de la méthode confédérale peut aller de pair avec la reprise du legs communautaire dans ce qu’il a d’essentiel : le marché commun et les normes communes qu’il implique. Mais la méthode communautaire, elle, a fait son temps, c’est-à-dire la captation du pouvoir par vingt-huit commissaires que, dans la meilleure hypothèse, personne ne connaît et qui appliquent aveuglément des traités néolibéraux obsolètes et n’expriment en rien une quelconque volonté populaire.

Voir aussi (Jean-Luc Laurent, président du MRC) : 2005-2015 : Bastille ou Versailles

Le 29 mai 2005, les Français choisissaient de dire « non » à la Constitution européenne. Nous célébrons aujourd’hui une grande victoire démocratique contre la fatalité et la résignation, contre la fuite en avant obligée vers le fédéralisme européen, ce qu’on appelle l’européisme. 

Déjugé par le peuple, vaincu, le camp du « oui » n’a jamais cherché à en tirer les conséquences ou à répondre au rejet de la construction européenne libérale. Le camp du « oui » a temporisé un peu et saisi la première occasion pour faire adopter un Traité de Lisbonne en 2008. La méthode retenue pour déjuger le peuple souverain fut celle de la ratification par le Parlement réuni en Congrès à Versailles pour déjuger le peuple souverain : Versailles contre la Bastille. 

L’Europe n’est pas un complot extérieur, à chaque grande étape nous retrouvons des Français aux postes-clefs : Jean Monnet, Jacques Delors, Valéry Giscard d’Estaing… Bercy et Bruxelles vivent en symbiose depuis longtemps. L’Europe n’est pas un complot extérieur mais le champ de bataille d’une impitoyable lutte des classes, bien mise en évidence par le scrutin du 29 mai 2005. 

Depuis la crise des dettes souveraines, le leadership allemand est assumé et le couple franco-allemand n’est plus qu’un fantôme. Nicolas Sarkozy a consacré le suivisme français. Le traité budgétaire TSCG a été négocié à la va-vite pour finir de verrouiller les souverainetés budgétaires nationales. En 2012, la promesse non-tenue de renégociation constitue comme une réplique de la trahison de 2008, moins grave sur le plan des principes mais plus lourdes de conséquences. Depuis trois ans, ce renoncement européen condamne la gauche à décevoir et à mener des politiques contre-nature sous le drapeau de la « modernité » et de la « réforme ». La situation du pays est calamiteuse, celle de la gauche est le simple reflet de cette impasse. 

Le 29 mai 2005, les Français ont porté un coup à l’européisme. On n’entendra pas parler de si tôt de Constitution ou d’Etat européen mais l’adversaire s’est vite rétabli. Le combat continue contre une Europe qui se fait dans le dos des peuples, contre les peuples. Faire avancer l’Europe en 2015 implique de sortir des politiques d’austérité et transformer la monnaie unique en monnaie commune.

Et le courrier des députés MRC, Marie-Françoise Bechtel, Christian Hutin et Jean-Luc Laurent, aux députés au sujet des 10 ans du "non" au traité constitutionnel européen. Voir 29 Mai 2005 29 Mai 2015 Et Maintenant

Cet article est le 138ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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Published by Michel SORIN - dans France et Europe
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commentaires

voyance gratuite 25/07/2016 09:40

Hey grand poste. Je dois apprendre beaucoup de choses de ce poste. Merci d'avoir partagé.