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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 18:36

 

Ressourcement républicain de la gauche, RM s'adresse à tous les républicains

 

Après un premier essai manqué, en raison du désistement de Jean-Luc Mélenchon, nous étions nombreux à suivre avec intérêt - le 16 décembre 2015, salle Colbert de l'Assemblée nationale - la première Rencontre de République Moderne.

RM est un club créé en 1983 par Jean-Pierre Chevènement et relancé sur de nouvelles bases après la séparation intervenue avec le Mouvement Républicain et Citoyen, en juin 2015.

Voir renouvellement des instances du club "République moderne"

et Jean-Pierre Chevènement, séparé du MRC, préside République Moderne.

 

Ce club, nous dit Jean-Pierre Chevènement, a vocation à contribuer au ressourcement républicain de la gauche, tout en s'adressant à tous les républicains, y compris ceux qui sont membres du parti « Les Républicains ». Il tient à préciser qu'il n'est pas candidat à l'élection présidentielle de 2017.

République Moderne a prévu d'organiser quatre autres Rencontres d'ici juillet 2016, portant sur les affaires étrangères, les questions économiques et monétaires, les questions sociales, la transmission (notamment, l'école). Cette première traite des questions de souveraineté, de la Nation à l'Europe.

 

Jean-Pierre Chevènement exprime son point de vue. Selon lui, l'Europe s'est construite sur une erreur. Faute de peuple européen (demos), il n'y a pas de démocratie possible à ce niveau. La souveraineté a été transférée à des instances opaques. De plus, à partir de la première guerre du Golfe, les pays européens ont démissionné en ce qui concerne leur défense, s'alignant sur les USA. Ils n'ont pas pris conscience des défis migratoires.

La souveraineté appartient au peuple, c'est lui qui décide. Elle est nationale et populaire, la distinction entre les deux n'a plus de sens. C'est au niveau de la nation que s'exerce le pouvoir d’État. Il peut y avoir des délégations de compétences à des instances européennes mais à condition qu'il y ait un contrôle parlementaire. L'opacité des instances bruxelloises ne leur permet pas d'être efficaces.

Tout doit être passé au crible du doute. Il faut repartir avec des notions simples. L'Europe doit procéder des nations, être à la carte, construire un partenariat stratégique avec la Russie. Il faut la réorienter avec l'objectif qu'elle devienne une Europe européenne, selon l'expression du général de Gaulle, alliée des USA mais pas vassale. La France doit susciter une autre Europe.

Au niveau national, il faut à la France un gouvernement républicain énergique. Il faut changer de logiciel, faire une politique de salut public qui vide le FN de sa substance.

 

Alain Supiot, auteur du livre « La gouvernance par les nombres » (Fayard, avril 2015), observe que les institutions européennes ont démantelé les solidarités nationales sans en reconstruire d'autres. Dans toutes les juridictions européennes, il n'est question que de souveraineté de l'individu, de compétition, de mise en concurrence, avec réduction du social.

L'Union européenne ne connaît que le « doux commerce » ou la guerre civile. Il a été demandé aux grecs, en préalable, de reconnaître leurs torts, puis de faire allégeance. Cela n'a rien à voir avec la souveraineté populaire.

Le tableau actuel de l'Europe, c'est la guerre du dernier mot, la guerre des juges. Le conflit de suprématie au niveau européen crée un blocage, le chaos des sources jurisprudentielles.

En résumé, ce qui domine, c'est la compétition et la souveraineté de l'individu, pas la solidarité. Trois propositions :

- Rendre l'économie à la politique,

- Se doter d'objectifs de solidarité (l'unité allemande a été réalisée sur cette base),

- Qui gardera le gardien ? Qui aura le dernier mot ?

 

Stéphane Rozès intervient en tant que consultant. Il constate un lien entre les difficultés françaises et le déclin européen. La gouvernance et la politique européennes ne sont pas adaptées au génie européen. « Chaque nation a une âme » (François Hollande, discours du Bourget). Chaque peuple est en friction avec les autres. A la Renaissance, le génie européen s'est répandu avec l'idée que l'homme est maître de son destin, de la nature.

Après la 2ème guerre mondiale, l'Europe est devenue une entité. Une France universaliste a tendu la main à une Allemagne divisée. L'Europe devait exister sous pression des USA face à l'est. La peur du communisme a favorisé la prospérité et la paix mondiale.

Entre la France et l'Allemagne, l'imaginaire est différent. En France, c'est la raison (Descartes, l'esprit est séparé du corps). En Allemand, il n'y a qu'un mot pour qualifier la culpabilité et la dette. On ne s'approprie pas le réel de la même façon en France et en Allemagne. En France c'est par les statistiques (l'appareil d’État, l'INSEE). En Allemagne, c'est par le bas, les réalités du terrain.

Sur la question de la Grèce, il y a eu un début de discussion et de compréhension mutuelle entre Merkel et Hollande. On ne fera jamais des grecs des allemands. Merkel juge Poutine irrationnel parce qu'il n'a pas cédé aux chiffres. Mais c'est la société qui fait l'économie. Le problème allemand, c'est de civiliser les passions allemandes par l'économie. En France, c'est différent, on passe par le politique.

La crise grecque (le Grexit) a été évitée parce que Hollande a bénéficié de l'aide de Merkel. Il ne l'aurait pas eu si Schäuble avait été à sa place.

Un pacte de sécurité est fait pour protéger. Pour le libéral, l'économie fait la société. Chaque peuple a le droit de défendre son modèle. Les frontières sont faites pour protéger. C'est sur cette base que viendra la renaissance européenne.

La France a un surmoi. Mitterrand disait « La France est notre patrie, l'Europe est notre avenir ». Hollande a constaté que les allemands ne sont pas universalistes, contrairement aux français.

La France est dépendante du fonctionnement de l'Europe. Le Pen instrumentalise, Sarkozy joue au sauveur, Hollande au médiateur. Ils intériorisent les contraintes.

L'élection présidentielle s'offrira à celui qui saura concilier le redressement français avec la renaissance européenne.

La suite dans un prochain article…

Cet article est le 207ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Autour de Jean-Pierre Chevènement et de Marie-Françoise Bechtel, les intervenants, salle Colbert, Assemblée nationale, 16 décembre 2015

Autour de Jean-Pierre Chevènement et de Marie-Françoise Bechtel, les intervenants, salle Colbert, Assemblée nationale, 16 décembre 2015

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Published by Michel SORIN - dans CHEVENEMENT
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