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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 17:52

 

Construire ensemble une République française souveraine
 

Moi aussi, je marche, mais ce n’est pas avec Macron, et ce n’est pas dans la même direction.

Je marche à gauche pour rétablir une République souveraine en France, une République laïque, démocratique et sociale, partie prenante d’une Europe refondée sur la base de la coopération entre nations démocratiquement engagées.

Le chamboule-tout électoral que nous avons vu se produire en 2017 m’a incité à me mettre en marche avec mes concitoyens qui partagent cette idée que notre République doit être consolidée, et que la démocratie doit être de plein exercice, portée par des citoyens responsables.

Ce qui me gêne le plus, c’est que, depuis plus de trente ans, nous avons concédé à nos représentants politiques le droit de prendre des décisions en notre nom dans le cadre européen. Et ils ont agi sans nous informer correctement des conséquences des décisions qu’ils ont prises dans des cercles restreints avec leurs collègues, dans le cadre des institutions européennes.

En 1987, quand le gouvernement a statué sur le projet européen de marché unique totalement ouvert (liberté des capitaux), sans aucune explication publique il a fait voter le Parlement dans la plus grande discrétion des parlementaires et des médias.

Certes, en 1992, le président Mitterrand a décidé que la ratification du traité de Maastricht (décision de créer une monnaie unique) se ferait par référendum et non par la voie parlementaire. Mais je me souviens qu’en dehors de quelques personnalités très engagées en faveur du Non (Séguin et Chevènement, notamment), tout a été fait à l’époque pour faire miroiter les avantages en termes de croissance économique et d’emploi - qui ne se sont pas concrétisés par la suite. Rien sur les inconvénients probables.

Nos représentants nationaux ont systématiquement dissimulé aux citoyens la vraie nature de l’Europe qu’ils étaient en train de construire, ce marché libre pour permettre aux entreprises multinationales de prospérer, cette monnaie unique pour contraindre les gouvernements nationaux à se ranger derrière la loi du marché et de la finance (l’austérité n’étant que pour les classes populaires et moyennes). Ils affirmaient que l’Europe, c’était la coopération et la solidarité mais, dans la réalité, c’est la loi de la concurrence qui s’applique partout, entre les nations et, aussi, entre les groupes sociaux.

Afin d’être sûrs que cette politique européenne ne soit pas remise en cause par une ou plusieurs majorités nationales, le cas échéant rétives suite à des élections, les dirigeants européens ont voulu que cette politique soit formalisée (gravée dans le marbre) dans un traité constitutionnel européen (TCE).

La ratification de ce traité n’a pas posé de problème dans les pays ayant adopté la voie parlementaire. Par contre, dans le cas des Pays-Bas et de la France, la ratification par référendum (choix du président Chirac pour la France) a conduit à des majorités pour le Non (en France, 54,5 % le 29 mai 2005). Les autorités européennes ont considéré que les termes de la question posée avaient été mal choisis par le président Chirac et, de ce fait, la réponse donnée ne pouvait être entérinée.

En 2007, les responsables politiques français et européens en ont déduit qu’ils pouvaient reprendre l’essentiel du traité (TCE) dans le traité de Lisbonne, ratifié en février 2008 par la voie parlementaire (congrès de Versailles, députés et sénateurs).

En 2012, le président Hollande - coresponsable avec le président Sarkozy du oui au traité de Lisbonne - s’était fait élire en annonçant qu’il ne signerait pas le traité budgétaire préparé par son prédécesseur sans qu’il soit amendé (ce traité, qui impose aux gouvernements de soumettre les projets de budgets à la Commission européenne avant de les transmettre aux députés nationaux, est équivalent à une mise sous tutelle). Il n’en a rien été, se soumettant au refus de l’Allemagne, pays disposant de l’autorité en ce qui concerne la politique économique et monétaire de l’Union européenne.

En 2017, le président Macron s’est fait le chantre d’une relance politique de l’UE, souhaitant que la souveraineté européenne prenne le dessus sur les souverainetés nationales. Comment et avec qui pourrait-il mettre en œuvre cette avancée dans la construction fédérale de l’Europe ? La question se pose encore plus depuis les élections législatives en Allemagne, en Autriche et en République tchèque, qui ont toutes été favorables aux partis eurosceptiques de droite.

Sous l’impulsion de l’Union européenne, ce que nous voyons se dérouler sous nos yeux en France est une fuite en avant dans la recherche de solutions de plus en plus libérales, toujours profitables aux firmes multinationales et à une minorité de bénéficiaires des effets de la mondialisation capitaliste, mais le plus souvent défavorables à la majorité du peuple.

En même temps, la société-marché étend son emprise sur la quasi-totalité des activités humaines. Tout est fait pour que la citoyenneté n’ait plus de raison d’être, la décision politique étant strictement encadrée par le marché et par l’Union européenne.

Je ne me suis pas engagé politiquement après mai-juin 1968 pour en arriver là. J’avais alors en tête d’agir pour encadrer politiquement le développement de l’économie capitaliste. Peine perdue. Le capitalisme, devenu financier, a pris le contrôle des instances politiques nationales par l’intermédiaire des institutions européennes, elles-mêmes habitées par l’idéologie néolibérale au service des entreprises multinationales.
 

C’est pourquoi je veux m’impliquer dans une démarche citoyenne appelant la gauche à se refonder en symbiose avec l’idée républicaine. J’appelle les républicains de gauche à se rencontrer et échanger leurs points de vue.

Voir (19 octobre 2017) Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent, incluant cette première partie (16 octobre) Un texte de Michel Sorin a été retenu par le secrétariat national MRC

La situation politique est carrément nouvelle depuis les élections 2017. Je propose aux républicains de gauche de coordonner leurs actions en vue de peser sur l'élaboration de la future doctrine politique que la gauche adoptera pour se présenter aux élections dans cinq ans. Car il faudra qu'elle se présente unie si elle veut avoir des chances de gagner.

Face au fédéralisme européen et aux options néolibérales de Macron, la gauche doit se positionner et se rassembler sur la question de la République et de la souveraineté nationale.

On me dit : le clivage droite-gauche est fini, les partis sont finis, ce qui compte, c’est le rapport direct avec le peuple. Je réponds : le clivage droite-gauche est aboli dans la forme qu’il prenait depuis trente ans, parce que droite et gauche de gouvernement s’étaient ralliées au néolibéralisme européen.

Les partis concernés risquent de payer de leur vie ce ralliement contre-nature. Macron a clarifié la situation. Les partis sont confrontés à la recomposition politique, de toute façon nécessaire car ils ont perdu toute crédibilité au niveau des citoyens.

Le rapport direct des gouvernants avec le peuple n’est pas possible dans la durée. Il y a besoin de partis pour représenter les différentes sensibilités et permettre au gouvernement de diriger le pays en tenant compte de la volonté des citoyens.

Désormais, l'enjeu est d'amener l'ensemble de la gauche dans l'opposition à Macron. Pour cela, il y a besoin d'une gauche républicaine, composée des républicains de gauche et de toutes celles et ceux qui optent pour la souveraineté républicaine nationale, face au souverainisme européen néolibéral.

Comme il y a 45 ans, je milite pour la transformation sociale, c'est-à-dire le fait d'encadrer le capitalisme dans l'intérêt général, celui du monde du travail. Ce n'est possible que dans le cadre d'une majorité de gauche qui s'assure de la souveraineté du peuple et le meilleur niveau pour cela est le niveau national, là où fonctionne au mieux la démocratie.
 

Cet article est le 3020ème sur le blog MRC 53 - le 161ème catégorie Gauche France

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail El Khomri

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