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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 18:49

En 2012, pour gagner, il faut créer les conditions de rassembler

 

Ce 30ème anniversaire du 10 mai 1981 est le bienvenu pour inciter à la réflexion sur ce qu’il faut faire pour gagner en 2012. « Je crois pour demain comme hier à la victoire de la gauche, à condition qu’elle reste elle-même. Qu’elle n’oublie pas que sa famille, c’est toute la gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n’y a pas de salut » (François Mitterrand, 18 novembre 1994).

Voir l’Appel du 10 mai : pour un « accord de rassemblement de la gauche »

 

Lors de l’élection présidentielle en 1981, en tant que responsable départemental du PS, je « représentais François Mitterrand dans le département de la Mayenne pour la campagne électorale » (selon les termes de la lettre, datée du 23 mars 1981, signée François Mitterrand).

Le 10 mai, j’étais heureux de la victoire de la gauche, mais peu optimiste en ce qui concerne la capacité de la gauche à réussir la transformation sociale du pays. C’est une discussion que je me souviens avoir eue avec Georges Minzière en fin de soirée. A partir de 1982-83, cela deviendra de plus en plus évident. Mais restons-en à la satisfaction de voir effacées 23 années de domination de la droite en France.

 

Ne pas manquer, le témoignage de Jean-Pierre Chevènement (nous faisions partie de son courant interne au PS, le CERES) : "François Mitterrand était un homme supérieur"

 

Voir L'élection de François Mitterrand le 10 mai 1981, notamment la déclaration prononcée à Château-Chinon le 10 mai 1981 :

 

Cette victoire est d'abord celle des forces de la jeunesse, des forces du travail, des forces de création, des forces du renouveau qui se sont rassemblées dans un grand élan national pour l'emploi, la paix, la liberté, thèmes qui furent ceux de ma campagne présidentielle et qui demeureront ceux de mon septennat.
- Elle est aussi celle de ces femmes, de ces hommes, humbles militants pénétrés d
'idéal, qui, dans chaque commune de France, dans chaque ville, chaque village, toute leur vie, ont espéré ce jour où leur pays viendrait enfin à leur rencontre.
- A tous je dois et l
'honneur et la charge des responsabilités qui désormais m'incombent. Je ne distingue pas entre eux. Ils sont notre peuple et rien d'autre. Je n'aurai pas d'autre ambition que de justifier leur confiance.
Ma pensée va en cet instant vers les miens, aujourd
'hui disparus, dont je tiens le simple amour de ma patrie et la volonté sans faille de servir. Je mesure le poids de l'histoire, sa rigueur, sa grandeur. Seule la communauté nationale entière doit répondre aux exigences du temps présent. J'agirai avec résolution pour que, dans la fidélité à mes engagements, elles trouvent le chemin des réconciliations nécessaires. Nous avons tant à faire ensemble et tant à dire aussi.
- Des centaines de millions d
'hommes sur la terre sauront ce soir que la France est prête à leur parler le langage qu'ils ont appris à aimer d'elle.
- Mesdames et messieurs j
'ai une autre déclaration brève à faire. A M. Giscard d'Estaing, que je remercie de son message, j'adresse les voeux que je dois à l'homme qui, pendant sept ans, a dirigé la France. Au-delà des luttes politiques, des contradictions, c'est à l'histoire qu'il appartient maintenant de juger chacun de nos actes.

 

Pour mieux comprendre cette période, voici des extraits de l’éditorial de Louis de Guébriant (comte et châtelain de Craon, dirigeant de l'hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne, représentant la Mayenne catholique et conservatrice*), 15 mai 1981.

 

MITTERRAND PRESIDENT  

En France, les militants de gauche attendaient depuis des années un succès politique qu’ils avaient cru tenir quelques mois avant les élections législatives de 1978. A leur grande déception, ils l’avaient vu s’évanouir avec la rupture de l’Union de la Gauche et le durcissement du P.C.

Y croyaient-ils encore lorsque dimanche dernier à 20 heures, les premières estimations sont tombées ? Des estimations qui ne laissaient aucun doute la France avait élu François Mitterrand.  

L’alternance dans le calme  

Depuis 1958, au travers des présidences du général de Gaulle, de M. Pompidou, puis de M. Giscard d’Estaing, cela faisait 23 ans que la même tendance gouvernait la France, disposant à la fois de la présidence de la République et d’une majorité au Parlement. Vingt-trois ans, presque un quart de siècle. Tant et si bien qu’on s’était demandé si l’alternance était possible avec cette Constitution … Question sans fondement : il suffisait que les électeurs le veuillent ; le jour où ils en ont ainsi décidé, l’alternance a joué : un socialiste va prendre possession de l’Elysée.

Cette victoire de la Gauche a été accueillie un peu partout en France par une explosion de joie dont les écrans de télévision ont bien rendu la ferveur et le tonus. A Paris, il a fallu une pluie d’orage pour arrêter les orchestres et disperser les farandoles.

Par contre, le lendemain tout était calme et il n’y avait pas eu dans la rue ou dans les ateliers le climat tendu des jours de revanche, pendant lesquels on s’apprête à régler des comptes avec des adversaires.

Il est réconfortant de constater que la masse des Français ne s’est pas laissé monter la tête par les propos outranciers qui ont été échangés de part et d’autre au cours d’une campagne électorale comme celle que nous venons de vivre. Si la grande masse des salariés français pensaient vraiment, comme il a été répété à satiété, que « le bilan de ce septennat a été, sur le plan social, catastrophique … que les riches devenaient toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres … que des millions d’hommes et de femmes ne pouvaient plus continuer à vivre dans cette société qui leur était faite … », si des millions de personnes avaient cru cela, beaucoup de rapports sociaux seraient devenus explosifs au lendemain du 10 mai. Or, il n’en a rien été (…). Tout cela prouve que l’inflation verbale, d’un côté comme de l’autre, n’a pas fait recette.  

Une défaite personnelle  

D’ailleurs, au premier tour de ces élections, alors qu’un choix de candidats s’offrait aux Français, le total des voix de la droite a été supérieur à celui de la gauche, ce qui veut dire que le grand perdant a bien été Valéry Giscard d’Estaing.

Il faut reconnaître que son style de grand bourgeois fortuné le rendait très vulnérable à des attaques contre les « tenants du grand capital », supposés inféodés aux « multinationales », et que son long mutisme dans l’affaire des diamants a troublé plus d’un Français. Le Général de Gaulle et M. Pompidou ne présentaient pas les mêmes faiblesses.

La manière omnipotente de gouverner de VGE, celle qu’il a employée pour écarter d’un revers de main toutes les objections du parti de Jacques Chirac, sa prise de position très favorable sur une question comme l’avortement, sa politique si complaisante vis-à-vis de l’URSS, tout cela lui a valu des inimitiés qui ont pesé lourd dans le scrutin du 10 mai. Les jeunes enfin ne se sont pas laissés séduire.  

Le vote « historique »  

Scrutin « historique » a-t-on dit et c’est vrai, puisqu’il marque peut-être la fin d’une oscillation du balancier politique, mais il faudra qu’il soit confirmé en juin par l’envoi au parlement d’une majorité socialo-communiste pour que le président Mitterrand puisse mettre en œuvre sa politique. Sinon que se passera-t-il ?

Sans majorité à l’assemblée, le président de la République règne mais ne gouverne pas. Il nomme un Premier Ministre, encore faut-il que celui-ci corresponde à la tonalité de la fraction dominante des députés (…).

Telle pourrait être la situation à l’Elysée de François Mitterrand si le pays vote fin juin comme il a voté le 26 avril. Jacques Fauvet écrivait ceci dans Le Monde du 12 mai : « Les dirigeants de la gauche commettraient une erreur en pensant qu’elle est devenue nettement majoritaire dans le pays. Elle ne l’était pas au premier tour sans les écologistes. Elle ne l’a été apparemment au second que grâce à ceux qui ont éprouvé une lassitude à l’égard d’un pouvoir aussi satisfait que vain. Un phénomène de rejet s’est incontestablement produit dans bien des milieux modérés et gaullistes à l’égard du président sortant ».

Ces mêmes milieux n’auront aucune raison de refuser leurs voix, en juin, à des candidats à la députation « modérés et gaullistes ». Encore faudra-t-il que des disputes fratricides ne séparent pas les familles de la droite, car la gauche a prouvé que, dans l’état actuel de ses rapports internes, elle retrouve sa cohésion dans l’isoloir.

Le vrai vote historique, ce serait celui qui amènerait en juin une majorité de socialistes et de communistes à la Chambre des Députés ; il donnerait à François Mitterrand les pleins pouvoirs dont ont joui ses prédécesseurs (…).

 

* Résultat du second tour en Mayenne : Giscard d’Estaing : 60,06% ; Mitterrand : 39,93%.

 

Voir aussi Le 10 mai 1981, la gauche voulait « changer la vie » (Ouest-France, 10 mai).

Les socialistes fêtent, aujourd'hui, le 30e anniversaire de la victoire de François Mitterrand. L'historien Jean-François Sirinelli explique la portée de cet événement. Et ce qu'il en reste.

Cet article est le 9ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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Published by SORIN Michel - dans Présidentielle 2012
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