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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 22:44

Le PS est-il prêt à se fondre dans un nouveau parti ?

 

A quelques heures de la fin du mois de septembre, je me mets à réfléchir à ce qui s’est passé à gauche depuis la rentrée. Il y a d’abord eu les universités d’été, puis les livres de personnalités donnant leur point de vue sur la campagne présidentielle, le plus souvent pour s’en prendre à la candidate du PS. Et, une amorce de riposte à la politique de la droite se met en place.

 

Le discours de François Hollande à La Rochelle le 2 septembre (http://rochelle2007.parti-socialiste.fr/category/les-videos-de-luniversite-dete) n’est pas réellement innovant mais il reprend des points fondamentaux. J’en extrais quelques-uns :

« L’exigence de régulation : il n’est pas possible d’accepter que la Chine puisse obtenir 135 milliards d’euros d’excédents commerciaux sans respecter les normes environnementales et le droit du travail ; des finances (4è crise financière en 15 ans), écologie (épuisement des ressources naturelles) ».

« Et c’est ainsi que l’on retrouve l’origine même du socialisme, car la consécration de l’individu est au cœur de notre idéal autour de l’émancipation, de l’accomplissement, de l’autonomie et de la promotion. Partir de l’individu pour justifier le collectif et revenir au citoyen qui décide souverainement de son avenir, mais aussi du destin collectif. Telle doit être notre démarche ».

« La Nation est au cœur du pacte républicain. Elle est un « vivre ensemble », en aucune façon une exclusion. Nous n’avons pas besoin de rapprocher identité nationale et immigration. Jaurès disait que le nationalisme est la haine des autres, la Nation c’est l’amour des siens. Elle n’est pas un renfermement, mais un projet collectif, un destin commun. C’est là que s’exerce le débat démocratique. Le débat entre la gauche et la droite n’est donc pas le plus ou moins grand attachement à la Nation, mais le projet que nous lui assignons, la perspective que nous lui ouvrons, l’avenir que nous lui préparons ».

 

A La Rochelle, l’ambiance studieuse a été soulignée, en l’absence des principaux dirigeants. Dans un article paru le 2 septembre dernier sur le blog http://www.rue89.com, Julien Martin s’intéresse au débat interne et à la possibilité de rapprochement entre les deux lignes politiques au sein du PS, que sont la ligne social-démocrate et la ligne de gauche. Voici ce qu’il écrivait :

 

« La social-démocratie toujours en débat au PS »

« Quelle attitude adopter face à l'économie de marché ? A l'université d'été du parti, la question divise toujours les ténors. Il est certainement encore trop tôt, mais aucun début de consensus ne s'est encore dégagé entre la gauche du parti et son courant social-démocrate, dimanche, jour de clôture de l'université d'été du PS.

L'opposition avait déjà ressurgi au cours de la dernière campagne présidentielle, Dominique Strauss-Kahn polarisant sur sa personne les critiques des défenseurs d'une économie davantage contrôlée. Prônant une économie sociale des marchés, DSK se voyait reprocher une trop grande adhésion aux mécanismes de la libre concurrence.

Si les attaques se sont révélées feutrées à La Rochelle, chacun des deux camps a affirmé que le PS ne pouvait envisager l'avenir sans tendre dans leur direction. Strauss-Kahn absent pour cause de course à la direction du Fonds monétaire international, Michel Rocard a repris le rôle de porte-drapeau de la social-démocratie, appelée "rocardisme" lorsqu'il était Premier ministre de 1988 à 1991.

Aujourd'hui, il dit voir de nouveau "une vaste progression militante" vers le social-libéralisme. Progression qui, espère Rocard, permettra de conjurer "l'incapacité interne" du parti à prendre le pouvoir: Ex-rocardien -"par obligation quand on commence à militer au PS à la fin des années 80"-, Benoît Hamon est désormais présenté comme le chantre de la gauche du parti. Il "ne doute pas qu'on est en économie de marché" et "ne propose pas d'en sortir", mais refuse que des socialistes aillent jusqu'à rejoindre la droite, dans la théorie ou dans la pratique.

Il s'étonne des arguments des sociaux-démocrates français: "Il faudrait s'aligner sur une doctrine qui ne dirige que trois pays [Grande-Bretagne, Espagne et Portugal, ndlr] sur vingt-sept dans l'Union européenne? Et de quelle façon en plus..." Le député européen n'en démord pas, l'unique moyen de reprendre les rênes du pays, face à une droite décomplexée, est d'ancrer le PS à gauche:

Acceptée par tous les socialistes, l'économie de marché fait pourtant toujours débat. Le Premier secrétaire François Hollande a une nouvelle fois tenté de mettre fin à la polémique en conclusion de l'université d'été: "Ce n'est pas le marché qui pose problème aujourd'hui, c'est la mondialisation." Avant de rappeler l'objectif à venir du PS, dessiné durant ces trois jours de "diagnostic pour la rénovation":

"Les socialistes vivent depuis trop longtemps sous une double pression: celle de l'extrême gauche, qui lui fait le procès de la trahison, et celle des bien-pensants, qui voudraient que le parti socialiste abjure ses idées redistributives. On ne mobilise pas sur une contradiction. Il faut donc réaffirmer franchement notre identité. Et sans rien perdre de nos valeurs."

Pour y parvenir avant que le parti ne soit définitivement gangrené par cette "contradiction", trois forums de débats d'idées seront organisés d'ici mi-2008. En préambule du congrès de l'été 2008. François Hollande y passera la main. Les tenants des deux courants ont un an pour tenter d'imposer un leader ».

 

Lors de l’université d’été du MRC, le 8 septembre à Dunkerque (voir www.mrc-france.org), Vincent Peillon a présenté ses idées sur la refondation de la gauche et a souhaité que le Mouvement Républicain et Citoyen s‘y associe. Selon lui, un grand congrès de la refondation doit précéder le congrès du PS, car c’est un nouveau parti que la gauche doit fonder. L’ancien porte-parole de Ségolène Royal a été applaudi mais il s’était bien gardé d’aborder les questions précises, notamment sur la réorientation de l’Europe, qui faisait l’objet d’une autre table ronde.

 

A propos de l’ex-candidate à l’élection présidentielle, les livres de la rentrée l’ont habillée pour l’hiver. L’auteur le plus médiatisé est un certain Lionel Jospin, qui fait dans son livre, « L’impasse », une brillante analyse, souvent pertinente, de la défaite de la gauche en 2007. Je me réfère à ce que j’en ai lu sur www.lemonde.fr le 21 septembre (reprise de l’article paru dans Le Monde 2).

Je ne comprends pas pourquoi cet auteur n’a pas décortiqué avec autant d’acuité visuelle la défaite de 2002, qui avait privé la gauche du second tour. Cela viendra, assurément, comme il lui a fallu du temps pour évoquer son passé trotskiste.

 

Hier, je lisais sur le blog de Xavier Dumoulin, http://sr07.unblog.fr, un article du Monde intitulé « Ségolène Royal n’écarte pas l’idée de diriger le PS ». A priori, je n’y vois pas d’inconvénients, mais à condition qu’elle exprime des idées cohérentes sur ce qu’elle veut faire pour refonder la gauche. Autrement dit, elle doit faire ses preuves.

 

Quant à Laurent Fabius, qui est certainement le plus capable d’exercer de hautes fonctions politiques, il s’est exprimé hier soir sur TF1, plaidant pour une refondation de la gauche sur des « valeurs de gauche » (lu sur www.liberation.fr ce jour).

 

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon essaie de se frayer un chemin en marge du PS et au plus près du PCF, misant sur ce dernier pour servir de base à la création d’un parti de gauche à l’allemande (Lafontaine), le PS étant engagé, selon lui, sans espoir de retour sur la voie du social-libéralisme (comme le SPD).

Son ami François Delapierre, membre du bureau du PS (et animateur de PRS), a écrit un bel article paru dans Le Monde, daté du 25 septembre, et intitulé « Le PS ou l’opposition en gants blancs », dans lequel il classe le PS dans la catégorie des partis démocrates à l’américaine.

 

La question est de savoir si le PS est capable, de gré ou de force (par la force de la politique de la droite, notamment, mais aussi par la volonté de ses militants), de rompre avec sa pente libérale ou social-démocrate, symbolisée par Rocard et Strauss-Kahn, et d’inventer, avec d’autres, un avenir crédible de gauche.

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