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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 18:41

Comprendre pour résister et préparer l’alternative

 

Le moment est venu de prendre la mesure de ce que veut et peut faire Sarkozy. Il faut distinguer les propos et promesses de campagne du candidat, qui ont assuré sa victoire, d’une part, et la politique du président de la République, confronté aux réalités du pouvoir d’autre part.

 

Ses électeurs, dans leur majorité, espéraient une amélioration de leur situation économique. N’oublions pas que la moitié de l’électorat populaire a voté Sarkozy le 6 mai dernier.

 

Que pensent aujourd’hui ces citoyens de la politique mise en œuvre par le nouveau président ? Comme Chirac qui, en campagne en 1995, prétendait s’attaquer à la fracture sociale (et, six mois après son élection, faisait la politique inverse), Sarkozy s’est fait fort, tout au long de sa campagne électorale, de récompenser le travail et les travailleurs. Mais sa politique ne va pas en ce sens.

 

Une fois élu, ses premiers gestes ont été pour montrer sa connivence et sa solidarité avec les chefs d’entreprises et les bénéficiaires du système capitaliste :

 

- il affirme que c’est en libérant le travail (c’est-à-dire, en donnant plus de libertés aux entrepreneurs) que notre pays pourra mieux faire face à la concurrence mondiale.

En réalité, il faut comprendre qu’il veut abattre les protections sociales françaises afin de rapprocher les entreprises des conditions qui prévalent dans les pays émergents, asiatiques, sud-américains et est-européens, là où les profits sont au niveau des exigences du monde de la finance mondialisée.

 

- il fait passer au Parlement des mesures fiscales qui bénéficieront aux plus aisés, en faisant le pari que les milliards d’euros distribués contribueront à soutenir l’activité économique.

En fait, il faut comprendre qu’il renvoie l’ascenseur aux forces qui ont permis son élection, considérant  qu’elles seules peuvent assurer le dynamisme de la France et sa réélection. C’est en cela qu’on peut parler de rupture et de droite décomplexée.

Sarkozy assume clairement le lien organique entre le pouvoir politique de droite et le pouvoir économique représenté par le MEDEF, dans le cadre d’une Europe et d’un monde soumis à la prééminence des idées néolibérales (consensus de Washington).

 

Alors que le nouveau chef d’Etat s’approche des six mois d’exercice du pouvoir, il est confronté à la crise bancaire et financière, partie des USA, et plus ou moins bien camouflée par l’intervention des banques centrales, américaine et européenne.

Cette crise, qui n’en est qu’à ses débuts, se répercute sur la croissance mondiale, avec des conséquences majorées au niveau de l’Union européenne par les options monétaires de la BCE, lesquelles sont soutenues par la grande majorité des chefs d’Etat et de gouvernement. Sarkozy a beau dire mais il s’est lié les mains en acceptant le traité européen sans réorientation de la politique monétaire.

Les performances de l’économie française s’en ressentent, à tel point que le premier ministre, pour mieux se faire comprendre de ses interlocuteurs corses, a pu parler de faillite en comparant les finances de l’Etat à celles d’une entreprise.

 

Le président fait semblant de croire que son volontarisme verbal permettra d’éviter les mesures de rigueur (réduction des dépenses de l’Etat) car il a en point de mire les prochaines élections municipales dans cinq mois. Il continue de soutenir l’amendement Mariani (tests ADN) au projet de loi sur l’immigration, dans le but de maintenir l’adhésion des électeurs d’extrême droite à sa politique.

L’ouverture à des personnalités de gauche est tout aussi indispensable à la majorité pour des raisons électorales. Il s’agit de perturber, désarmer et affaiblir l’opposition de gauche, en bénéficiant des compétences et des relations européennes de la fraction de gauche très liée à la structure et à l’idéologie bruxelloises. Un bon moyen, espère-t-il, de faire passer le traité européen par la voie parlementaire, avec l’assentiment du PS, et redorer son blason auprès des institutions européennes.

 

Mais rien n’est joué. Cette stratégie peut échouer si les socialistes se ressaisissent et refusent de ratifier ce projet de traité qui ressemble beaucoup, même s’il n’en porte pas le nom, au traité constitutionnel européen, non ratifié par le peuple français le 29 mai 2005. Elle peut échouer si les Français se rassemblent dans la riposte sociale. Elle échouera si les citoyens résistent et s’opposent aux politiques néolibérales du président et préparent l’alternative républicaine et sociale dont notre pays a besoin pour sortir de ses difficultés.

 

J’appelle à faire vivre le réseau CIVIQ en tant que structure d’accueil des citoyens ayant la volonté de prendre leur avenir en mains. Le peuple doit s’organiser pour faire entendre sa voix dans notre France républicaine. Il doit exprimer sa volonté à ses représentants élus et faire en sorte de réconcilier les citoyens et la politique.

 

L’association CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne), lors de sa réunion le 3 octobre dernier, a décidé de proposer aux citoyens de créer des groupes CIVIQ de réflexion et d’action sur la politique, en intégrant la dimension territoriale et les responsabilités des collectivités locales.

 

Par ailleurs, des rencontres CIVIQ seront organisées au niveau départemental sur des thèmes liés à l’organisation de la vie sociale et concernant plus particulièrement les milieux populaires. Une prochaine rencontre aura lieu en novembre ou décembre à Laval sur le thème du logement social.

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