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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 23:48

L’avenir de l’Europe est dans le refus du néolibéralisme

 

Notre président l’a reconnu dans les couloirs du Parlement européen de Strasbourg : si un référendum était organisé en France (ou dans les autres pays) pour ratifier le traité de Lisbonne, la réponse serait non. C’est la raison pour laquelle il s’est mis d’accord avec Angela Merkel et les autres chefs d’Etat pour ratifier par la voie parlementaire.

 

Que penser de ce président qui se comporte comme un représentant du NON quand il fait un discours le 13 novembre à Strasbourg devant les parlementaires européens, alors qu’il a accepté de signer le traité de Lisbonne qui reprend le contenu du traité constitutionnel européen, sans tenir compte des arguments des Français, majoritaires, qui ont refusé de le ratifier ?

 

Voici ce qu’écrivait, hier, Philippe Cohen, sur www.marianne2.fr.

 

« L'Europe, ce ne peut pas être qu'une machine, une machine administrative, une machine juridique, une machine à édicter des normes, des règlements, des directives, une machine à fabriquer des contraintes, des règles, des procédures. Elle ne peut pas être tenue à l'écart de la vie, à l'écart des sentiments et des passions humaines.
L'Europe n'est une réalité, l'Europe n'a une chance d'exister pleinement que si pour des millions d'hommes et de femmes elle est vivante, si elle parle à leur cœur, si elle est pour eux l'espoir d'une vie, d'un monde meilleur, si elle est un grand idéal, une grande promesse.
L'Europe se fera avec les peuples, elle ne se fera pas sans eux, elle ne se fera pas contre eux.
Quand les peuples disent « non », il ne faut pas se dire que les peuples ont tort, il faut se demander pourquoi les peuples ont dit « non ».
(…) Je crois à la démocratie. Je crois que l'Europe doit être la plus démocratique possible. C'est pourquoi j'ai toujours considéré que l'on ne rendait pas service à la cause de l'Europe en récusant le débat, en taisant les divergences, en étouffant les critiques.
J'ai toujours pensé qu'il fallait à l'Europe plus de débat, plus de démocratie et au fond plus de politique et non pas moins.
Je suis convaincu que c'est parce qu'il n'y avait plus assez de débat, de démocratie et de politique dans l'Europe que tant d'hommes et de femmes s'en sont détachés.»


Incroyable discours de Nicolas Sarkozy devant le Parlement européen. On le voit ci-dessus, le Président proclame l'impérieuse nécessité de tenir compte de la signification du non au TCE et de refonder l'Europe avec les peuples. Belles phrases, beau discours que n'aurait renié aucun partisan du Non. Le problème est que le Président fait juste le contraire de ce qu'il dit au parlement européen puisque, comme l'a bien établi Valéry Giscard d'Estaing, il n'y a que des différences de forme entre le TCE et le Traité dit simplifié que la France et, désormais, l'Union européenne, propose de faire adopter par les parlements : « Les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a changé ».

En réalité, le discours européen de Sarkozy sur le sujet ne tient pas devant les arguments de la raison. Le traité n'est ni simplifié ni résumé car il reprend toutes les dispositions qui furent contestées lors du débat sur le référendum de 2005. Si les partisans du référendum, qu'ils soient ou non favorables au Traité de Lisbonne, parviennent à imposer le débat, la position présidentielle sera intenable.

                                                                                          

Le président de la République tient manifestement un double langage. Il veut montrer devant les représentants des citoyens, à Strasbourg, qu’il a compris le message du NON du 29 mai 2005.

Et, devant ceux qui ont le pouvoir réel (les chefs d’Etat et la Commission), il veut leur montrer qu’ils peuvent compter sur lui pour faire les réformes néolibérales qui briseront les résistances républicaines à la française.

 

La lecture de l’édito d’Evariste, dans ReSPUBLICA  paru le 9 novembre (n° 567), permet de faire le lien avec les mouvements sociaux qui se multiplient en France.

Voici des extraits de ce texte. Lien permanent vers cet article

« La nécessaire convergence des aspirations de gauche »

 « La liste est loin d'être close, et pourtant elle est déjà bien longue pour ce début Novembre : mobilisation des étudiants contre l'entrée des entreprises dans le fonctionnement des universités ; manifestations des marins pêcheurs ; contestation dans la magistrature face aux objectifs de réduction présentés par la chouchou du président parachutée ministre de la justice ; contestation de la réforme des retraites ; grèves à Air-France ; mécontentement dans la fonction publique face aux réductions drastiques d'effectifs ; grondes dans l'enseignement suite aux orientations données par le gouvernement ; malaise généralisé de la profession journalistique qui réclame à présent des lois protégeant son travail d'utilité publique contre les puissances économiques (…).

Mais, hors cela, que montrent ces mouvements ? Simplement le fait qu'une vision du monde est en conflit avec une autre. Il ne s'agit pas seulement d'une vision économique et sociale, ce qui est en jeu est à un niveau plus fondamental. Exactement comme le pouvoir au moyen âge avait eu besoin d'une éthique chrétienne pour asseoir sa domination économique, le libéralisme économique a besoin que les individus adhèrent à une culture et une éthique de vie afin qu'il puisse asseoir son emprise sur les esprits et rendre nulle toute forme de résistance. Le système culturel et l'éthique supportant le libéralisme anglo-saxon sont en lutte contre le système qui porte le modèle de la République française. Ce conflit est global, généralisé. En ce mois de Novembre, l'explosion du nombre de luttes sociales partout en France n'est que l'expression de cette réalité sous-jacente (…).

Pour sa part, la République française s'oppose plus radicalement sur le plan culturel et éthique, la colonisation de la France doit donc passer par une phase d'éducation éthique et culturelle des individus afin de rendre « normales » les valeurs de vie qui sous-tendent le fonctionnement du libéralisme anglo-saxon.

Ce choc se traduit par des attaques en règle de la laïcité, par le martelage du sentiment de peur à travers les média (là où le courage était une vertu du citoyen), par le nombre croissant de discours imposant la responsabilité individuelle comme seule valable, et par la vision d'un déterminisme individuel (pouvant aller jusqu'à la détermination génétique) contre lequel l'individu ne peut rien (…).

Face à cela, que faire ?

D'abord, intégrer que la dimension sociale et économique ne suffira pas à elle seule à contrecarrer l'assaut du monde libéral. Seule l'intégration de la dimension culturelle et éthique permettra d'asseoir nos valeurs et de provoquer le refus massif de cette vision de la vie individuelle et des règles de la société libérale.
Ensuite, cette compréhension doit passer par la construction d'un projet sociétal neuf, issu des traditions de la gauche française, mais en les élargissant et en intégrant d'autres référents qui, eux, tiennent compte du système culturel et éthique individuel. La réponse apportée par la gauche a été fondamentale pendant des décennies, mais faute d'ouverture intellectuelle connaît aujourd'hui des limites. La force des militants sera de réclamer cette ouverture de la pensée, la responsabilité et la fierté des militants de gauche portent sur le devoir de progrès, non sur celui de la conservation.

Enfin, sur le terrain immédiat de la lutte, la partition et la stricte division des conflits serait une erreur grave. La culture française a toujours reposé sur cette dualité : l'individualité et le collectif. L'individu est citoyen parce qu'il est armé du Pacte Républicain fondé par l'ensemble des individualités. C'est la conscience de partager un avenir commun qui fonde le Pacte Républicain entre les individus.

Ce pacte n'est pas une masse informe, il est l'expression d'un projet commun, de volontés individuelles, de désir d'édifications et de progrès. Les luttes actuelles ne doivent pas se morceler, mais se rassembler. Et ce rassemblement ne doit pas être une simple addition des manifestants et des réclamations, il doit être réfléchi, travaillé pour réclamer des statuts communs, des revendications plus globales et exprimer, non une simple liste d'exigences, mais un réel projet global.

Là réside la force de la gauche, l'esprit de gauche ; le même qui habitait le CNR (…).

La force et la construction d'un réel projet alternatif réside bel et bien dans la conscience qu'en ont les citoyens qui s'y engagent, et non dans les décisions des directions syndicales. D'ailleurs, il est notoire que le dépassement des directions syndicales par la base des citoyens est souvent un bon indicateur pour mesurer la réussite d'un projet...

Pendant ce temps, comme pour l'écriture pathétique d'un livre d'histoire au goût douteux, le président Sarkozy aux Etats-Unis d'Amérique, signe une fois de plus l'allégeance de son action à la vision globalisante des libéraux anglo-saxons ; ceux-là mêmes, dont le modèle sociétal prend eaux de toute part sur la planète ».

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