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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 23:34

La crise écologique s’articule à la crise sociale

 

On n’en a pas fini avec le réchauffement climatique. Ce n’est qu’un début. Le GIEC continue de tirer le signal d’alarme. Le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) constate que les injustices environnementales concernent surtout les pauvres. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dit que l’humanité est « au bord de la catastrophe » en parlant du climat.

 

Voici ce qu’on pouvait lire ce jour sur www.lemonde.fr.

 

« Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé samedi 17 novembre à prendre des mesures urgentes pour combattre le réchauffement climatique, avertissant que le monde est "au bord de la catastrophe", alors qu'un nouveau rapport du groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique (Giec) doit être officiellement adopté dans la journée à Valence, en Espagne.

 

"On est tous d'accord. Le changement est réel et nous, les humains, en sommes la principale cause. Pourtant même à l'heure actuelle, peu de personnes réalisent vraiment la gravité de la menace ou son immédiateté", écrit M. Ban Ki-moon dans l'International Herald Tribune."J'ai toujours considéré le réchauffement climatique de la planète comme un sujet d'une urgence extrême. Maintenant, je crois qu'on est au bord d'une catastrophe si l'on n'agit pas" ».

 

Hier, le même site du quotidien Le Monde présentait les travaux et les conclusions du PNUE sous le titre : « Terre : le dilemme de l'ONU, marché roi ou écologie ».

 
« La destruction systématique des ressources naturelles de la Terre a atteint un point où la viabilité des économies est en danger, et où la facture que nous laisserons à nos enfants pourrait être impossible à régler" : le constat est posé par Achim Steiner, directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Présentant le rapport "GEO 4 - Avenir de l'environnement mondial", le 25 octobre à New York, il a souligné la vigueur du lien entre système économique et dégradation de l'environnement. "GEO 4", résultat du travail de 1 400 scientifiques et experts, dresse un tableau alarmant de la situation écologique de la planète, mais souligne aussi combien son évolution dépend du choix des politiques économiques.

Vingt ans après le Rapport Brundtland qui, en 1987, avait inventé le concept de développement durable, la majorité des indicateurs sont au rouge : climat (les concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère ont augmenté d'un tiers depuis vingt ans), biodiversité (les populations d'amphibiens ont été divisées par deux dans le même laps de temps), pollutions (celle de l'air est responsable de 500 000 morts par an, selon l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS), artificialisation des sols (un étalement urbain "anarchique" en Amérique du Nord), etc.

Le PNUE observe que la crise écologique s'articule à la crise sociale. Le contraste est marqué entre la pression écologique intense que subit la biosphère et l'expansion économique qui a fait passer le produit annuel par être humain de 6 000 dollars à 8 000 dollars entre 1987 et 2007. Mais de façon très inégale, insiste le rapport : "Les injustices environnementales continuent à augmenter, affectant surtout les pauvres (qui sont beaucoup plus touchés par les dangers naturels), les femmes et les peuples indigènes." L'environnement reflète ces inégalités : "Certaines régions développées ont accompli des progrès environnementaux aux dépens d'autres régions en y exportant la production et ses impacts." Les valeurs culturelles propres au système économique dominant ont aussi un effet majeur. Ainsi, "un modèle de développement "du Nord" prévaut toujours avec, par exemple, un développement urbain basé sur la dépendance envers la voiture".

Le PNUE va plus loin en présentant des scénarios imaginant les évolutions d'ici à 2050, selon différentes politiques. Ce travail de scénarisation a été élaboré par plusieurs groupes d'experts internationaux, en se fondant sur les modèles de prospective existant dans plusieurs institutions. Il définit quatre scénarios. Pour chacun, un but est privilégié :

- Marché d'abord : "Le gouvernement aide le secteur privé à atteindre une croissance économique maximale."

- Politique d'abord : "Le gouvernement met en place des politiques fortes afin d'atteindre l'objectif tout en accordant toujours beaucoup d'importance au développement économique."

- Sécurité d'abord : l'accent est mis "sur la recherche de la sécurité, qui l'emporte sur d'autres valeurs, et place des limites croissantes sur la façon dont les gens vivent".

- Ecologie d'abord : cela "implique la collaboration entre le gouvernement, la société civile et le secteur privé pour améliorer l'environnement et le bien-être de tous".

Sans surprise, le "scénario écologique" atteint le mieux l'objectif d'amoindrir l'ampleur de la crise écologique. Il suppose que la démographie évolue selon le bas de la fourchette prévue par l'ONU, soit 8 milliards d'habitants en 2050. Le taux de croissance annuel de l'économie mondiale est modéré, mais loin d'être nul, puisqu'il conduit à un triplement du produit intérieur brut (PIB) mondial.

Le "scénario marché" poursuit la logique dominante des années 1990 : on y suppose que la population atteindra 9 milliards d'individus en 2050 et que la croissance multipliera par cinq le PIB mondial. Il aboutit à une situation écologique très dégradée en 2050, comme le "scénario sécurité" - qui induit quant à lui des "conflits permanents" à travers la planète. "Dans le scénario marché d'abord, l'environnement et la société évoluent le plus rapidement vers - voire au-delà - des points de basculement où des changements soudains et irréversibles pourraient survenir."

La poursuite de la libéralisation apparaît ainsi comme le scénario le plus risqué. Les experts rappellent que la logique écologique est incompatible avec la recherche illimitée de la croissance économique : "La perte de la biodiversité et le changement climatique ont des conséquences irréversibles, que la croissance des revenus ne peut résoudre."

L'analyse du PNUE ne devrait pas changer, à court terme, le sens des politiques économiques, qui restent focalisées sur la libéralisation et la croissance. Mais, venant à l'appui du diagnostic pessimiste du GIEC sur le climat, et quelques jours avant que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) souligne les effets du changement climatique sur les pays les plus pauvres, il témoigne que la communauté environnementaliste entend dorénavant peser sur les choix économiques engageant l'avenir.

Consulter le rapport sur le site Internet : www.unep.org/geo (cliquer sur « français ».

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commentaires

C
Puisses-tu être entendu , il y a urgence !
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S
Sarkozy n'a pas pris la mesure de l'ampleur du problème et il ne veut pas se détacher de ses solidarités avec un système et un mode de développement, qui sont à repenser de fond en comble. La gauche social-démocrate et libérale en est presque au même point. La refondation de la gauche, prenant en compte ces réalités du monde tel qu'il est (climat, mondialisation, globalisation financière) et s'appuyant sur les valeurs et principes républicains, permettra de proposer au pays et à l'Europe, un projet répondant aux aspirations des citoyens.
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C
On mesure bien à quel point il y a d el'hypocrisie à faire un "grenlle de l'nevironnement"  alors qu'à côté on incite les gens à consommer plus, notamment ce qui vient du bout du mopnde. Un monde schizophrénique. 
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