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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 23:49

Après le gaullisme, le socialisme va-t-il disparaître ?

 

On ne compte plus, ces jours-ci, les articles de journalistes qui prennent le pouls du PS en se demandant si sa fin est proche. Cela fait penser à son ancêtre, la SFIO, dans les années 1960, qui survivait difficilement à la création de la Vème République, directement liée à l’échec de la politique algérienne du parti de Guy Mollet.

 

Il avait fallu les mouvements sociaux de mai-juin 1968 et le départ du général de Gaulle en 1969 pour que le parti socialiste se refasse une nouvelle carte d’identité en 1971 lors du congrès d’Epinay-sur-Seine, avec du sang neuf venu de l’extérieur (François Mitterrand et la Convention des Institutions Républicaines - CIR - notamment) et de l’intérieur (Chevènement et le Centre d’Etude et d’Education Socialistes - CERES - principalement).

 

Que lit-on dans la presse aujourd’hui ?

 

Le philosophe Jean-Pierre Le Goff, sur www.marianne2.fr, explique que « les socialistes vivent une crise qui dure en réalité depuis très longtemps » (…). «Au PS on ne sait plus penser en terme d'analyse objective, de querelles entre grands courants : tout est réduit à l'individu » (…), « le PS est devenu un syndicat d'élus, un rassemblement de gens qui ont des intérêts communs électoraux ».

 

Sur le même site de l’hebdomadaire Marianne, Paul Thibaud fait remonter à la naissance du socialisme en France (sous forme d’un parti, à la fin des années 1880) les difficultés du PS à assumer, à la fois, les responsabilités de la gestion gouvernementale et son identité socialiste.

 

« Cette schizophrénie entre le point de vue de l'identité et celui de la participation politique, les socialistes français en sont-ils jamais sortis ? Elle ne les a pas lâchés, obligeant leurs leaders à toutes les conciliations et les contorsions » (…).

 

« La situation originelle du Parti socialiste est celle d'être un allié malgré lui de la gauche républicaine, incité à participer au pouvoir mais empêché ontologiquement de le faire. De ce point de départ résultent des traits constants de ce parti. Il est remarquable en particulier que les dirigeants qui l'ont marqué (Jaurès, Blum, Mitterrand) lui sont arrivés de l'extérieur. Avant Jospin et Hollande, la vie interne du parti n'avait fait émerger qu'un seul dirigeant, Guy Mollet. Comme s'il fallait ne pas en être pour diriger ce parti, comme si le parti devait sortir de lui-même pour exister utilement dans la politique française » (…).

 

Paul Thibaud constate aujourd’hui « l’absence de passion, l'usure des idées et des sentiments dont on ne se détache pas. L'absence de polémique est un symptôme grave : ne sont présents ni l'espoir de surmonter les contradictions, ni le talent de les faire miroiter comme une richesse à exploiter. Ne reste que la pure perplexité. Peu de choses ont changé mais tout s'est usé. Cela donne à penser que c'est une histoire qui se termine… avant nouvelle fondation ».

 

Mon témoignage personnel d’ancien responsable socialiste

 

Je puis témoigner avoir ressenti cette « usure » au sein du PS, laquelle s’est installée progressivement pendant le temps où j’en ai été membre, entre 1973 et 2001. Le début remonte à 1982-83, au moment où il a été évident que la gestion gouvernementale oubliait en route les orientations progressistes de 1981 (sans parler de la « rupture avec le capitalisme »…).

 

Ensuite, à partir de 1983, le PS s’est aligné sur la ligne politique du président de la République, la construction libérale de l’Europe devenant le but à atteindre, ce qui était parfaitement contradictoire avec le socialisme.

 

La « parenthèse libérale » (selon l’expression de Jospin en 1983) n’a pu être refermée par le PS pour une bonne raison : il est resté fidèle à la ligne européenne de Mitterrand, laquelle oblige au respect de la doctrine officielle libérale de l’Union européenne.

 

Cette doctrine, le « néo-libéralisme », est cette forme ultralibérale caractérisée par la collusion entre les dirigeants politiques (des Etats et des institutions internationales) et les grands patrons de la finance mondiale. Leur objectif est d’installer durablement la liberté du capital sans entraves, au niveau planétaire. Jusqu’à présent, c’est réussi.

 

Le peuple français, qui a osé voter contre la ratification du traité constitutionnel européen le 29 mai 2005, est l’objet d’une opération de prestidigitation de la part de l’illusionniste Sarkozy, qui se prépare à faire ratifier par la voie parlementaire le même traité, présenté sous une forme différente.

 

Les parlementaires auront la possibilité, en février, de s’opposer à la révision de la Constitution afin d’obliger Sarkozy à ratifier par référendum. Le choix du PS sera déterminant. S’il persiste dans sa volonté d’approuver le choix du président de la République, rien ne pourra plus faire cesser sa dérive droitière et son déclin.

 

Appel aux républicains de gauche et de progrès

 

La reconstruction d’un parti républicain de gauche se fera avec le concours de Jean-Pierre Chevènement et des citoyens qui voudront s’engager dans le combat pour un monde délivré du néolibéralisme et attaché aux valeurs humanistes de la démocratie.

 

Dès maintenant, nous devons agir concrètement pour aider nos concitoyens à comprendre pourquoi les conditions de vie et de travail se dégradent et pourquoi le fossé se creuse entre la majorité du peuple et quelques privilégiés de la finance qui profitent des bienfaits de la mondialisation libérale.

 

Sarkozy mise à fond et exclusivement sur l’individualisme et la logique de la motivation financière dans toutes les activités humaines. C’est ainsi qu’il a toujours raisonné lui-même afin d’assouvir sa soif de puissance et de pouvoir sur les autres. Ayant accédé à la plus haute responsabilité nationale, il va chercher désormais à devenir le leader de l’Europe.

 

Pour y parvenir, il ne lésinera pas sur les moyens. C’est ainsi qu’il a déjà accepté de renier le vote du peuple français pour ramener la France dans le conformisme libéral européen et l’alignement sur les Etats-Unis d’Amérique.

 

La gauche républicaine et tous les républicains de progrès vont devoir prendre des initiatives pour organiser la résistance et préparer la relève politique. A notre niveau, en Mayenne, c’est ce que nous allons faire. J’invite les volontaires à nous rejoindre.

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commentaires

S
Tu as raison de poser la question de la responsabilité des responsables du PS dans la dérive néolibérale de la gauche. François Mitterrand avait choisi la fuite en avant dans l'Europe libérale en 1983, ayant le dos au mur dans la gestion de la France. C'est un choix par défaut, mais ses successeurs à la tête du PS n'étaient pas obligés d'accepter de soutenir l'orientation néolibérale européenne. Ils l'ont fait par insuffisance de clairvoyance et de volonté politiques, se laissant porter par les flots, plutôt que de résister aux courants libéraux.Les conditions ont changé, le néolibéralisme dévoile ses méfaits. C'est le moment pour la gauche de reprendre ses esprits et de se reconstruire sur des bases républicaines. Chacun peut trouver sur le site du MRC et sur ce blog les éléments de réflexion présentés à l'université d'été de Belfort, qui sont le fondement de la politique future de la gauche.
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L
Merci de ta réponse précise, Michel à C.Tasin.Mais je note ton passage :<br /> """"La « parenthèse libérale » (selon l’expression de Jospin en 1983) n’a pu être refermée par le PS pour une bonne raison : il est resté fidèle à la ligne européenne de Mitterrand, laquelle oblige au respect de la doctrine officielle libérale de l’Union européenne.<br />  >Qu'en penses-tu Michel ?<br /> Cette doctrine, le « néo-libéralisme », est cette forme ultralibérale caractérisée par la collusion entre les dirigeants politiques (des Etats et des institutions internationales) et les grands patrons de la finance mondiale. Leur objectif est d’installer durablement la liberté du capital sans entraves, au niveau planétaire. Jusqu’à présent, c’est réussi """
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S
C'est sans doute vrai en ce qui concerne de nombreux dirigeants socialistes, mais on ne peut en dire autant des militants de base, pour qui le PS représente un espoir face à la droite.
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C
Si on disait, tout bonnement, que la plupart des socialistes sont des usurpateurs, qui conservent l'appellation "socialiste" par opportunisme mais en ont renié les valeurs ? 
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