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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 21:50

L’union de toute la gauche pour les banlieues

 

Gaël Brustier anime le site www.montreuil.net. Montreuil, une grande ville de la région parisienne que Dominique Voynet veut conquérir, ayant constaté qu’elle est de plus en plus, à l’image de Paris, une ville fort prisée par les « bobos » (bourgeois bohêmes). On emploie aussi un mot savant, la « gentrification », pour désigner ce type d’évolution urbaine.

En allant sur le site de Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Gentrification, nous trouvons cette définition :

 

« La gentrification (de gentry, petite noblesse en anglais) est le processus par lequel le profil sociologique et social d'un quartier se transforme au profit d'une couche sociale supérieure. On l'appelle aussi embourgeoisement.

Le quartier de Harlem à New York, traditionnellement un "ghetto noir mal famé", aujourd'hui en reconquête par les classes aisées qui le rénovent et se le réapproprient.

L'embourgeoisement se traduit par la rénovation des bâtiments et l'accroissement des valeurs immobilières, elle exerce donc une pression sur les pauvres pour qu'ils se déplacent vers des secteurs moins en demande. Elle aboutit dès lors à une forme de ségrégation analysée notamment par Éric Maurin dans Le Ghetto français ».

Avec Michèle Dessenne, militante féministe, Gaël Brustier signe un article, ce 13 décembre, sur www.marianne2.fr. Ils appellent la gauche à bâtir un véritable projet pour les banlieues, fondé sur la solidarité entre les générations.

Gauche et banlieues : l'union est un combat

Quelques récents événements ont laissé transparaître le profond mépris que le Président de la République vouait aux banlieues. « C'est n'est pas un problème social » a-t-il asséné, c'est « un problème de voyoucratie ». Vu comme cela les choses sont simples. On connaît les opinions du Chef de l'Etat relatives à la propension génétique à transgresser les lois, se suicider ou commettre des crimes…

 

Mais, n'en déplaise à l'hôte élyséen, la violence, économique, physique ou symbolique, des « quartiers » est bien un « fait social » au sens où l'entendaient Durkheim et les pères fondateurs de la sociologie.

Sont un fait et un problème social, les violences de 2005 ou les événements de Villiers-le-Bel comme le processus de relégation sociale qui en est à l'origine.

Sont un fait et un problème social, la construction sociale d'une réalité, l'émergence d'un imaginaire collectif relatif aux banlieues qui leur nuit autant qu'il nuit au pays dans son ensemble.

 

L'image du « 9-3 » ne correspond en rien à sa réalité ! Ce malaise social des banlieues, reconnaissons-le, quinze années de pouvoir de gauche depuis 1981 ne sont pas parvenues à l'enrayer.

Pis, le virage « social-libéral » d'une certaine Gauche l'a faite rompre avec l'héritage encore présent du mouvement ouvrier dans les communes de ce qui fut, jadis, la « ceinture rouge ».

Cette mémoire défaillante est consubstantielle à l'étonnante rupture opérée à partir de 1983 avec les classes populaires.

N'en doutons pas, de la façon dont la Gauche gèrera 2008 dépendra 2012 car de sa capacité à s'unir localement dépendra sa capacité à élaborer un projet politique alternatif à celui de Nicolas Sarkozy.

Faire de l'enjeu municipal un lieu de résistance pour la gauche

 
Pour ce faire, l'impératif immédiat c'est en effet l'union ! Le moyen politique le plus efficace face à Sarkozy, c'est de se saisir de l'enjeu municipal non comme d'une base de repli pour quelques personnalités médiatiques en déroute mais comme un lieu de résistance, d'imagination collective et un outil au service d'une volonté. Malheureusement, il faut constater que l'on en est encore loin à Gauche…

 

Montreuil, troisième ville d'Ile-de-France, est victime de l'amnésie collective d'une partie de la Gauche et de la désunion qui lui est consubstantielle.

A Montreuil, c'est l'ancienne candidate verte Dominique Voynet qui mène l'assaut contre les autres forces de gauche, au nom d'un « renouvellement » dont on saisit mal le sens... L'anathème, teinté d'un très anachronique anticommunisme, lui sert de machine de guerre.

La « Ceinture Rouge », n'en déplaise à l'ancienne députée du Jura, ce n'était pas la « Roumanie de Ceaucescu », puisque c'est la comparaison que cette habitante récente du 9-3 (en fait depuis qu'elle a opté pour un poste de sénatrice de ce département) n'hésite pas à employer à l'encontre de Jean-Pierre Brard.

On comprend la tactique : elle vise à flétrir une action présente en la réduisant à un passé, volontairement dévalué et largement surfait.

En réalité, la « Ceinture Rouge », très tôt, ce furent des écoles communales ultramodernes comme à Villejuif sous l'impulsion de Paul Vaillant-Couturier, ce furent des politiques culturelles exemplaires…

 

L'incompréhension de Dominique Voynet est donc manifeste. Elle émane finalement d'une candidate de la gentrification, indifférente à l'histoire de la banlieue et presque aussi curieusement à celle de la Gauche. Dominique Voynet ne dénonçait-elle pas, il n'y a pas si longtemps, le fait qu'en banlieue on ne se préoccupait que « de faire plaisir aux vieux communistes » (sic), vision fantasmée et naturellement erronée, reprenant une vulgate droitière qui laisse penser, de la part de son auteur, qu'il ne s'agirait désormais que de lancer une OPA électorale, d'accaparer des postes et de se relancer médiatiquement après un fiasco présidentiel patent.

Eviter un projet néolibéral pour l'Ile-de-France

 
Le PS, lui-même, a une responsabilité importante. Longtemps tenté par l'alliance exclusive avec les Verts (qui se sont avérés d'une loyauté à géométrie variable à Paris…), le PS doit dorénavant comprendre qu'on ne gagne durablement que quand on devient, en tant que parti, « l'intellectuel collectif » comme le disait Gramsci, d'un bloc sociologique majoritaire.

 

Les banlieues ne doivent donc pas faire l'objet d'équations électorales hasardeuses.

 

Les banlieues ne sont pas des parts de marché à conquérir ! Mais pour aller de l'avant, il faut savoir d'où l'on vient. Alors que le Président Sarkozy relance, avec quelque arrière-pensée, son projet de « Grand Paris », il semblerait effarant que les forces progressistes se divisent et laissent le champ libre à un projet néolibéral pour l'Ile-de-France.

 

Transports, environnement, emploi, urbanisme, logement, éducation, politique culturelle : la Gauche doit s'unir et tracer collectivement un projet d'avenir fondé sur des principes de solidarité entre générations. Cela passe aujourd'hui par l'unité aux municipales…Faute de quoi les électeurs se détourneront de la gauche là aussi, notamment par l'abstention.

 

Parce qu'il y a urgence sociale, il appartient aux forces qui se réclament encore de gauche de faire primer l'intérêt des habitants sur les calculs électoraux et les enjeux de carrière. Et de montrer que le politique est encore capable de prendre la main sur la dictature financière qui engendre paupérisation, exclusion, isolement de la majorité des salariés et des privés d'emploi.


La balle est dans le camp des partis politiques de gauche existants aujourd'hui.

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