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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 23:06

Ni refondation, ni opposition, c’est une régression

 

Je viens de lire sur www.lemonde.fr que « trois dirigeants du PS briguent des conseils généraux pour conforter leur légitimité propre ». Il s’agit de François Hollande en Corrèze, Arnaud Montebourg en Saône-et-Loire et Claude Bartolone en Seine-St-Denis.

 

Par ailleurs, selon un article paru le 19 décembre sur www.marianne2.fr, « Fabius et Emmanuelli ont choisi le PS contre le référendum », avec cette explication : « Pour ne pas diviser le PS à quelques semaines des municipales, les deux leaders socialistes du non de 2005 font profil bas sur le traité de Lisbonne ».

 

Le choix d’accélérer la procédure de ratification du traité de Lisbonne répond à deux objectifs du président de la République :

- éviter tout débat sur la question européenne,

- obliger le PS et la gauche à serrer les rangs, en raison des élections municipales et cantonales.

 

Les partisans du traité, très majoritaires au sein du PS, ont les mêmes objectifs. Ils ont décidé d’imposer leur ligne social-démocrate, libérale, et d’en finir avec les hésitations et prudences tactiques.

 

Au moment où la droite, avec Sarkozy, s’aligne sur l’idéologie du capitalisme financier, ils pensent sincèrement que la gauche, en France, comme dans les autres pays européens, ne peut que se rallier au capitalisme en espérant que sa coloration sera plus européenne et régulatrice qu’anglo-saxonne et néolibérale.

 

Cela signifie que la droite gaullienne et républicaine n’a plus d’existence réelle et que la gauche socialiste et républicaine se retrouve marginalisée, au côté de la gauche communiste.

 

On le voit avec la préparation des élections municipales, le PS fait son choix et écarte ceux qui ne sont pas dans sa ligne. C’est une erreur, car il aura besoin de toutes les sensibilités de gauche, y compris celles qui l’agacent, car trop critiques sur l’Europe, notamment.

 

Nous pensons qu’il faut rassembler toute la gauche aux élections municipales et se battre pour que la gauche refuse au président de la République ce qui n’est rien d’autre qu’un passe-droit inadmissible !

 

Demander aux parlementaires de se substituer à la volonté exprimée par le peuple il y a trente mois par référendum n’est pas conforme à l’esprit républicain. Car il ne faut accorder aucune crédibilité à ceux qui prétendent qu’il s’agit d’un traité simplifié (il est en réalité plus complexe) et différent.

 

Le Conseil constitutionnel a indiqué hier qu’il s’agit d’un texte presque identique. C’est ce que confirme Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel, dans un entretien accordé ce jour à Sylvain Lapoix (voir www.marianne2.fr).

 

« Quand on met côte à côte les conclusions de décembre 2007 sur le traité de Lisbonne et celles de novembre 2004 sur le traité constitutionnel (TCE), on est bien en peine de voir les différences !

Il s'agit pratiquement de la même décision, et le texte publié le 20 décembre fait clairement référence à celui que le Conseil constitutionnel avait rendu sur le TCE. Dans le 12è point, qui porte sur les droits fondamentaux, le conseil note même que « hormis les changements de numérotation » la Charte est la même ! Il y a quelques modifications, comme sur le droit de la famille, qui connaît de nouvelles restrictions pour l'intervention des parlements nationaux. Mais dans l'analyse qui est celle des clauses affectant l'exercice de la souveraineté, il n'y a rien de neuf. Le Conseil n'a pas vocation à statuer sur la procédure de validation par voie parlementaire ».

Le président Sarkozy est très pressé. Il a promis à ses amis du MEDEF et aux dirigeants européens de mettre la France dans le moule capitaliste, néolibéral et européen. Il sait qu’il faut aller vite, en profitant de la bonne volonté du PS.

                     

Ce sont les parlementaires qui en décideront le 4 février prochain, en acceptant ou en refusant la révision de la Constitution de la Vème République, sachant que cette révision est nécessaire pour que la ratification du traité de Lisbonne se fasse par la voie parlementaire.

 

Si le seuil de 3/5 d’approbation des parlementaires (députés et sénateurs) n’était pas atteint, la ratification devrait se faire par référendum. Ce qui obligerait le président à organiser un vrai débat dans le pays sur ce qu’est le traité de Lisbonne et en quoi son adoption est indispensable au fonctionnement de l’Europe.

 

La France donnerait l’exemple d’un pays démocratique dans lequel les citoyens sont amenés à exercer le pouvoir que lui donnent les textes officiels mais que ses représentants élus veulent lui refuser actuellement.

 

Le président Sarkozy se comporte comme s’il exerçait lui-même la souveraineté au nom du peuple. Il devrait relire la Constitution et faire preuve de sagesse. C’est le peuple français qui l’a placé là où il est depuis sept mois. Sur une question aussi importante que la délégation de pouvoir à l’Union européenne, il a tout intérêt à ce que la décision soit prise par l’ensemble des citoyens. Dans ce cas, quel que soit le résultat du référendum, il ne sera pas contesté.

 

Son rôle est de présenter le texte adopté par les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union et, bien sûr, de le défendre dans le cadre du débat qui permettra aux citoyens de prendre position collectivement. C’est ce mot, « collectivement », que n’aime pas le chef de l’Etat. Il n’imagine pas ce qu’est le sentiment national. Peut-être, un jour, l’apprendra-t-il à ses dépens ?

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