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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 16:19

Blair : la voie libérale pour l’Europe et la France

 

Depuis longtemps, je reçois le journal en ligne des Amis de ReSPUBLICA, www.gaucherepublicaine.org, qui exprime les opinions d’une gauche républicaine et laïque, engagée dans une démarche de refondation, porteuse des valeurs de la gauche et de la République. L’enjeu stratégique est très présent dans les écrits de Bernard Teper, président de l’Union des Familles Laïques (UFAL) et principal signataire des éditoriaux de ReSPUBLICA sous le pseudonyme d’Evariste.

 

L’édition n° 575, parue le 18 janvier, comprend de nombreux articles fort intéressants. Voici quelques-uns des titres qui ont retenu mon attention.

- Nicolas Sarkozy ou l'esprit de 1905 en danger, par Caroline Fourest,
- Le 24 janvier, manifestez-vous, par Sauvons La Recherche,
- Heureuse naissance ! par Gaston Pellet,
- Tony Blair : le dessein de l'Europe requiert la faillite de la France, par Evariste.


Je vais m’attarder sur ce dernier article, qui est l’édito d’Evariste, en citant un large extrait, tout en recommandant de se reporter au texte entier afin d’en saisir la portée.

« Tony Blair : le dessein de l’Europe requiert la faillite de la France »

(…) La présence de cet homme dit « de gauche » au congrès de l'UMP ne fait donc plus la surprise. En effet, Blair y révèle bien plus que sa politique, il y révèle la destinée tracée pour l'Europe et la France.

D'un côté, les dirigeants du PS tendent vers sa ligne politique sans oser vraiment le dire. On peut d'ailleurs reconnaître à Ségolène Royal son honnêteté lorsqu'elle avait approuvé la politique de Blair pendant la campagne présidentielle, et notons aussi que la Fondation Jean-Jaurès, proche du PS, entretient des relations avec certains « think tanks » – dont le John Smith Institute, proche de Gordon Brown – et envisage de constituer un groupe de travail mixte.

De l'autre côté, la droite applaudit l'exemple d'un « homme de gauche réaliste » et approuve ouvertement sa vision. Le résultat est saisissant : la photographie du paysage politique de notre pays sous l'objectif Blair révèle avec clarté l'homogénéisation des leaders politiques des grands partis.

Car l'objectif est bien là : annihiler toutes différences et instaurer une seule et même pensée dans les cercles du pouvoir. Blair n'est ni « europhile », ni « europhobe ». Il n'est favorable qu'à une Europe servile des Etats-Unis, à la semblance de l'Angleterre qu'il a bâtie. A ce projet pour l'Europe, il trouve nombre d'alliés qui savent pertinemment que l'obstacle, en France, à la réalisation de leur rêve européen, réside dans la tradition du Pacte Républicain.

La venue de Blair au congrès de l'UMP est un travail d'homogénéisation des lignes politiques de trois des partis de France que sont l'UMP, le PS et le Modem. Si cette homogénéisation est un succès, alors la France embrassera l'éthique libérale anglo-saxonne, et deviendra un clone de l'Angleterre.

L'objectif de Blair est donc clair : faire de l'Angleterre le centre idéologique de l'Europe, le noyau cérébral. Pour cela, il doit faire sauter le dernier rempart que constitue en Europe la culture et l'éthique républicaine, ennemi quasi héréditaire de la culture et de l'éthique anglo-saxonne. Blair le sait parfaitement : La France pèse en Europe. Si elle cède et se met au service de cette ligne idéologique, elle fera basculer la construction l'union et scellera le destin de l'Europe.

Sur le terrain emblématique des relations internationales, on connaît le suivisme de Blair sur la politique de Bush (celui de Sarkozy n'est qu'une affaire de temps et d'occasion). De fait, Blair et Sarkozy ne visent ni plus ni moins que la vassalité humble et servile envers la puissance américaine.

Or, si le traité de Lisbonne est ratifié, il prévoit la création du poste de président du Conseil (le président de l'Union Européenne). Ce poste aura pour charge non seulement d'assurer la direction du Conseil, mais aussi de représenter l'Europe sur les « matières relevant de la politique étrangère et de la sécurité commune ». Or c'est bien à ce poste que Blair se projette, lui, avec toutes les conséquences que cela supposerait pour nous... Et en Sarkozy, il a trouvé un collabo français détestant viscéralement tout ce qu'incarne le Pacte Républicain.

Cette vision d'une Europe servile s'oppose radicalement à la construction d'une entité européenne, non seulement autonome, mais aussi respectueuse des individus qui y vivent, et capable de devenir un axe de propositions pour un autre modèle.

Pour cette raison, et à juste titre, De Gaulle ne voulait pas de l'Angleterre dans la construction de l'Europe. Mais aujourd'hui, ceux qui ont embrassé la ligne libérale anglo-saxonne tentent de détruire de l’intérieur ce qu’ils n’ont pas réussi à endiguer de l’extérieur. Et c'est en regard de cet échiquier (sur lequel Nicolas Sarkozy joue le rôle du fou en espérant lui aussi devenir un jour roitelet d'Europe) que la venue de Blair au congrès de l'UMP doit être entendue. Elle était tout sauf un simple coup de publicité médiatique ; tout sauf l'attraction pour le lancement de la campagne des municipales à l'UMP ; tout sauf une pique de plus à l'adresse des dirigeants socialistes.

L'union de Blair et de Sarkozy relève d'une stratégie de déstabilisation qui montre le poids symbolique de la France dans la construction d'une entité bien plus importante, à savoir l'Europe.

Concernant la construction de la gauche, l'autre point essentiel mis en évidence par Blair est l'homogénéisation d'une large partie de la classe dirigeante de notre pays. Entendons bien qu'elle se fait suivant un changement global de mentalité, une réorientation radicale des fondements de l'existence.

Négligence de la politique, vision consumériste, culture des médias, éthique de vie vécue sur des principes sécuritaires, importance du religieux, culte de la peur (de « l'extérieur » comme de « l'intérieur »), reconsidération de la science (croyance dans le créationnisme mise sur le même plan que le savoir), conception ethnique des individualités avec pour conséquence la fragmentation sociale et le communautarisme... la liste est longue, et mieux vaudrait décrire la vision éthique et culturelle génératrice de telles idées que tenter de les énumérer. D'ailleurs l'entreprise serait absurde, elle ne mettrait jamais l'ennemi à découvert, se contentant tout juste d'en découvrir perpétuellement les corollaires.

De fait, nous devons concevoir et expliciter – car elle existe ! – la ligne de démarcation qui nous sépare radicalement de ces personnes. Car cette ligne de démarcation va bien au delà de la simple vision politico-économique structurant les anciens schèmes de la gauche du XXème siècle. Il y a là une véritable fracture sur la conception que l'individu a de l'existence. Et c'est précisément à partir de la reconnaissance de cette fracture que l'élaboration d'un contre modèle de société est possible. Il est d'ailleurs pertinent, en ces temps de déstructuration et d'ère de tuilage, que l'analyse d'un Alain Badiou (« De quoi Sarkozy est-il le nom ?») pose justement que le courage de l'individu, sur des points précis vécus dans son existence personnelle, soit le préalable à toute refondation d'un projet global.

       Vous pouvez lire ReSPUBLICA en ligne à l'adresse www.gaucherepublicaine.org

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