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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 18:29

Rassembler la gauche pour gagner en 2012

 

Les élections municipales ont montré un regain de forme de la gauche, qui lui permet de compenser les pertes de villes en 1995 (Laval, par exemple) et surtout en 2001 (à côté des gains de Paris, Lyon et Dijon, pertes nombreuses de villes de plus de 30 000 habitants) d’une part et de gagner des grandes villes (Toulouse, Caen, Metz, Amiens…) qui étaient gérées par la droite depuis longtemps, d’autre part.

 

Soyons lucides : ces bons résultats sont dus, pour une bonne part, à la démobilisation de l’électorat populaire qui avait fait élire Sarkozy en 2007. Le faible niveau de participation électorale, notamment dans les grandes villes, montre que les milieux populaires n’ont pas soutenu activement nos listes. La gauche devient de plus en plus le parti des couches moyennes, inquiètes de l’évolution de leur pouvoir d’achat et en désaccord avec les choix et les comportements du président élu il y a moins d’un an.

 

Les plus beaux succès de la gauche ont été obtenus dans les villes où elle a pu rassembler toutes ses composantes, sur des bases républicaines et sociales bien affirmées, facilitant l’adhésion de l’électorat antilibéral qui s’était exprimé dans le NON du 29 mai 2005.

 

Chacun a pu constater aussi que, le plus souvent, les listes de gauche ont trouvé, face à elles, les dirigeants du Mouvement démocrate. Le pari de François Bayrou est de prendre la place de la gauche, pas de s’allier avec elle. C’était vrai lors de l’élection présidentielle (il n’a pas répondu à Ségolène Royal qui chantait sous ses fenêtres). Cela s’est vérifié à Pau (où Sarkozy a eu sa peau…) et ailleurs.

 

La gauche doit d’abord compter sur ses forces et les rassembler. Ce doit être possible dans un contexte de difficultés économiques et sociales, aggravées par la politique néolibérale des pouvoirs aux niveaux national et européen.

 

La prochaine échéance électorale (au suffrage universel direct) est en juin 2009, avec les élections européennes. L’année 2008, qui va voir la France présider l’Union européenne au second semestre, doit être valorisée au mieux pour créer les conditions du rassemblement organisationnel de la gauche.

 

On peut attendre du PS qu’il propose, sans tarder, une démarche d’en haut (au niveau national) et d’en bas (au niveau départemental) afin de réfléchir à une analyse commune de la situation politique, débouchant sur les grandes lignes d’un projet global qu’il conviendra, ensuite, et ensemble, de préciser.

 

Cette invitation ne doit exclure personne, s’agissant de préparer l’alternative aux politiques néolibérales mises en œuvre par le pouvoir en place. Evoquer a priori une alliance est un non sens. Il faut définir ce que nous voulons faire pour le pays et pour l’Europe. Le PS ne semble pas avoir de position bien arrêtée sur le sujet. Aidons-le en lui recommandant cette démarche d’ouverture sur l’ensemble de la gauche.

 

Paul Quilès, ancien ministre, a fondé Gauche Avenir

 

Parmi les prises de position récentes des dirigeants socialistes, celle de Paul Quilès est la plus proche de cette perspective. On peut la trouver sur son blog le 17 mars http://paul.quiles.over-blog.com et aussi dans le journal en ligne des Amis de ReSPUBLICA le 19 mars Lien permanent vers cet article.

 

« Les 3 dangers qui menacent la rénovation de la gauche »

 

« Les résultats des municipales et des cantonales constituent indiscutablement une belle revanche pour la gauche après son échec aux précédentes élections de 2001. Il ne faut pas bouder notre plaisir, car les occasions de se féliciter des succès de la gauche ne sont pas si fréquentes depuis quelque temps. 

Il est vrai pourtant que les élections locales lui avaient bien réussi en 2004, avec le triomphe des régionales. Mais justement, il ne faut pas se tromper dans l’analyse de ce qui s’est passé les 9 et 16 mars 2008. S’il n’est pas question de sous- estimer les mérites des candidats et des équipes qui ont remporté de beaux succès en faisant valoir la pertinence de leurs réponses aux problèmes locaux, force est de constater que le rejet du pouvoir a pesé lourdement dans le résultat. Ce qui a été désavoué, c’est autant la politique de la droite et ses dérives que la façon de gouverner de N. Sarkozy, avec ce mélange de fanfaronnades, de mensonges, de contradictions et de cynisme qui le caractérise. 
 

Comment ne pas s’inquiéter aussi du niveau très élevé de l’abstention, qui est le signe de la mauvaise santé de notre démocratie et une nouvelle preuve de la désespérance des Français devant la politique !

 

Et maintenant, que va-t-il se passer ? La présence majoritaire de la gauche dans la gestion des collectivités territoriales (régions, départements, communes) constituera certainement un contre-poids appréciable au niveau local à la dureté de certaines décisions de la droite au niveau central….mais elle ne pourra naturellement pas inverser le cours de la politique actuelle. On voit bien que cela ne suffira pas notamment pour répondre aux enjeux nationaux : le pouvoir d’achat, les retraites, la protection sociale, le fonctionnement des institutions, l’Europe, le rôle de la France dans le monde….. Quant à croire que de grands succès lors des scrutins locaux entraînent automatiquement la victoire lors des échéances nationales, l’histoire récente (régionales de 2004 et présidentielle de 2007) nous enseigne que c’est une dangereuse illusion.

 

Alors, il est grand temps de se préoccuper de la suite, c'est-à-dire de la conquête du pouvoir central, seule façon de mettre fin à la politique actuelle de régression sociale, culturelle et politique, qui risque de se poursuivre pendant 4 ans encore. Les dirigeants de la gauche et du Parti socialiste en particulier vont avoir une lourde responsabilité dans la préparation de l’échéance cruciale de 2012.

 

Chacun voit bien que la réponse passe par une rénovation profonde de la gauche, que tous les leaders appellent d’ailleurs de leurs vœux. Seulement, voilà, il ne suffit pas de faire de grandes proclamations sur le mode incantatoire, parce que, trop souvent, celles-ci masquent d’autres préoccupations. En effet, il faut être conscient que 3 dangers menacent l’objectif de rénovation :

- « l’ivresse du succès », qui conduirait le PS à considérer qu’il peut mener seul la rénovation de la gauche et qu’il a vocation à englober l’ensemble des forces de gauche ;

- la réduction de la rénovation à des arrangements techniques (pour le PS, modifications des statuts), sous prétexte d’améliorer l’efficacité, mais dont le but réel serait de « présidentialiser » le fonctionnement du parti et de brider le débat de fond ;

- l’obsession de la recherche du leader- candidat qui fera gagner en 2012 -ce que certains appellent déjà le « syndrome du sauveur »-, qui déclencherait une « lutte des chefs » et ferait de cette recherche un préalable à toute réflexion, étouffant ainsi toute volonté d’engager l’indispensable débat de fond.

 

Pour éviter ce qui pourrait ressembler à la « chronique d’un échec annoncé », il faut inverser les priorités, en engageant d’abord et rapidement une réflexion fondamentale avec toutes les forces de gauche et au sein de ces organisations, pour analyser les vraies raisons de l’état actuel de la gauche. Celles-ci se nomment : émiettement, confusion dans les analyses politiques, sous-estimation de l’enjeu idéologique et culturel, assèchement du débat, incapacité d’arriver à des synthèses, manque de stratégie crédible, ambitions nombreuses et contradictoires des leaders, décalage grandissant entre les appareils et la base, recherche prioritaire de la légitimité médiatique.

  

Une fois ce travail salutaire effectué, il doit être possible de définir la base commune du projet de la gauche et d’étudier ensemble ce que pourrait être un grand « parti de la gauche », capable de la conduire à la victoire. J'aurai l'occasion d'y revenir prochainement ». 
 

  Gauche Avenir
 

« La gauche est aujourd'hui désorientée, écartelée et sans véritable repère unifiant. Elle a le devoir de redéfinir des valeurs claires et mobilisatrices ainsi que des objectifs simples.

C'est pourquoi, avec des intellectuels et des responsables politiques, syndicaux, associatifs, issus de différentes sensibilités de la gauche, nous avons lancé l'appel de "Gauche Avenir". 
Face à une droite décomplexée, il s'agit  de redonner espoir à celles et à ceux qui se reconnaissent dans la gauche, dans une
démarche qui s'appuie sur une volonté de dialogue, d'écoute et d'ouverture ».
www.gaucheavenir.org

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