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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 22:51

 

Benoît Hamon sera-t-il l’homme de la situation ?

 

Après les catastrophiques élections nationales italiennes (gauche divisée, parti démocrate portant bien son nom), le successeur de Tony Blair et les travaillistes subissent une déroute aux élections locales en Angleterre.

En Allemagne, le nouveau parti de la gauche s’implante durablement, avec des résultats électoraux autour de 10%, qui obligeront tôt ou tard les sociaux démocrates (SPD) à accepter une alliance qu’ils refusent jusqu’à présent, préférant une grande coalition avec la droite démocrate chrétienne.

 

Dans un tel contexte, que feront les socialistes français ?

 

La voie italienne se ferme, au grand dam de Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, qui soutenaient la démarche du parti démocrate de Walter Veltroni (15 avril 2008 La gauche italienne, divisée et affaiblie après 2 ans au pouvoir, perd les élections nationales).

 

La configuration allemande est particulière (26 mars 2008 Le parti social-démocrate allemand (SPD), divisé sur le choix des alliances pour gouverner).

 

Le PS prépare son congrès (27 mars 2008 Les socialistes français, portés par un vent de radicalité à gauche, préparent leur congrès).

 

Dans un premier temps, il a réformé sa « déclaration de principes ».

 

« Le PS a adopté lundi sa nouvelle "déclaration de principes", un document en 21 articles précédés d'un préambule. Elle sera soumise au débat et au vote des militants pour adoption à la Convention du PS du 14 juin. Il s'agit de la première phase de la préparation du Congrès (7 au 9 novembre) » (http://tempsreel.nouvelobs.com, 22 avril 2008).

 

Dans ce même article sur le site du Nouvel Observateur, Vincent Peillon exprime sa préférence.

 

« Le PS a besoin d'avoir Ségolène Royal "à sa tête" pour succéder au premier secrétaire du parti, François Hollande, lors du congrès de novembre, a estimé, lundi 21 avril, l'eurodéputé socialiste Vincent Peillon, porte-parole de campagne de l'ancienne candidate à la présidentielle.
"Aujourd'hui, le Parti socialiste a besoin d'avoir Ségolène Royal à sa tête autour d'une équipe de gens de talents et pas seulement des candidats putatifs et qui l'aident dans sa tâche" pour la présidentielle de 2012, a-t-il affirmé sur France Inter/Le Monde i-télé ».

 

Auparavant, le 17 avril, sur www.liberation.fr, le journaliste David Revault d’Allonnes intitulait son article « Congrès : le NPS* montre le bout de son nez ». L’animateur du NPS, c’est Benoît Hamon.

 

« Les grandes manœuvres pré-congrès ont bel et bien commencé au PS. Après Ségolène Royal qui, il y a dix jours, lançait une «consultation participative», c’est au tour du Nouveau parti socialiste (NPS) de partir à l’offensive. Ce courant de la gauche du parti planche actuellement sur la préparation de huit grandes réunions régionales, qui se tiendront de fin avril à juin, «où seront mises en débat les options que nous défendons», explique Benoît Hamon, leader de cette sensibilité. Le député européen l’assure : «On se met en mouvement» (…).

Ségolène Royal-NPS, même méthode ? «Il y a une chose sur laquelle nous sommes d’accord avec elle : il faut défendre une offre autour de laquelle les gens s’agrégeront, poursuit Benoît Hamon. Certains rentrent dans le congrès comme dans une partie de Rubik’s Cube, en envisageant toutes les contributions possibles. Nous, nous le ferons avec une offre politique. Comme elle.» Là s’arrête la ressemblance entre les deux initiatives : «Nous, nous proposons des options, pas des questions. On ne demandera pas si le capitalisme est méchant ou si l’écologie, c’est bien», résume Benoît Hamon.

Ces «options pour une gauche moderne», rassemblées dans un «plan détaillé», visent à «préparer la France de l’après-Sarkozy en anticipant ce que sera la situation dans quatre ans, et en préparant les moyens de revenir au pouvoir dans un contexte où les inégalités auront augmenté, où la violence sera plus forte et les instruments de régulation auront été démantelés par la politique du gouvernement» (…).

* Le NPS est un courant qui, au moment du congrès du Mans de 2005, pesait près d’un quart des suffrages des militants. Mais qui, depuis, a vu partir plusieurs de ses dirigeants. Dont Arnaud Montebourg, puis Vincent Peillon, devenu depuis l’un des principaux soutiens de Ségolène Royal.


Le 29 avril, le quotidien Libération publiait un entretien de David Revault d’Allonnes avec Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l’université de Reims
, auteur, avec Frédéric Sawicki, de la Société des socialistes (Editions du Croquant) ; Rémi Lefebvre livre son diagnostic sur la rénovation du PS.

«Le PS condamné à de petits replâtrages»

 

Dans l’épais brouillard qui entoure aujourd’hui la préparation du congrès, quels scénarios se dégagent ?

Rarement congrès, dans l’histoire du PS, aura été aussi incertain, avec des lignes de force aussi changeantes. Trois intrigues sont possibles. Un duel frontal entre Delanoë et Royal, une opposition entre cette dernière et des «reconstructeurs», groupe aux frontières aujourd’hui très floues, ou encore une configuration plus classique, comme à Dijon ou au Mans, avec confrontation entre gauche et droite du parti. Avec un risque commun à tous ces scénarios : qu’il n’y ait, à l’arrivée, aucune clarification idéologique.

Pourquoi une telle incertitude ?

C’est le signe d’un parti qui n’est plus structuré par des loyautés idéologiques durables. Les courants sont devenus des coteries instables. Les identités y sont fluides, et les reclassements permanents. A part, peut-être, à la gauche du parti. Encore faudrait-il que celle-ci dépasse une certaine culture de la division et de la balkanisation idéologique. Car, au fond, qu’est ce qui distingue Marie-Noëlle Lieneman, Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon ?

Est-ce la fin des courants ?

C’est en tout cas la crise des sensibilités organisées. Un exemple : le courant strauss-kahnien était l’un des plus structurés, avec une vraie identité idéologique construite autour de la modernisation et du refus du surmoi marxiste. Mais il n’a pas résisté au départ de son leader, ni aux rivalités qui l’ont miné de l’intérieur. Au-delà, les positions sont devenues interchangeables : quelles sont, sur la durée, les positions sur l’Europe de Julien Dray, Arnaud Montebourg ou Vincent Peillon ? Qu’est ce qui distingue, sur le fond, Ségolène Royal, François Hollande ou Bertrand Delanoë ? Il n’y a même pas d’accord sur les désaccords ! Les clivages sont artificiels et ne masquent que des luttes d’intérêts. La déshérence idéologique est totale.

Que signifie l’inflation du nombre de prétendants au poste de premier secrétaire ?

Le jeu est tellement ouvert que tout le monde tente sa chance. Dans la mesure où le débat ne porte plus sur les idées, la question des personnes devient surdéterminante. Le leadership est devenu le nouveau mantra du PS. Mais, plutôt qu’à l’homme ou à la femme providentiel(le), il faudrait réfléchir aux conditions à réunir pour qu’il existe une autorité au PS. Aujourd’hui, il n’y en a plus.

Partant de ce constat, la rénovation s’avère-t-elle une mission impossible ?

Le PS a déjà perdu beaucoup de temps. La défaite de 2007 avait ouvert une fenêtre d’opportunité. Mais elle n’a débouché que sur une période de latence. Aujourd’hui, il y a retour à la routine de l’organisation, et le mot de rénovation a perdu tout son crédit. Même au sein du parti, personne n’y croit plus. Le PS est condamné à de petits replâtrages en coulisses. Avec un effet délétère sur l’opinion publique. Le PS est même devenu illisible pour ses propres militants…

Justement, comment expliquer que le PS ait perdu 40 % de ses militants ?

D’abord parce que, dans toute organisation politique, les défaites sont toujours suivies d’hémorragies militantes. Mais aussi parce que le départ des nouveaux «adhérents à 20 euros» était écrit. Le PS se retrouve à son étiage historique, autour de 130 000 adhérents, plus que jamais rétracté sur son réseau d’élus. Et ceux-ci n’ont pas intérêt à ce qu’arrive le nouvel adhérent, qui est celui qui va remettre en cause les équilibres établis et se montrer critique. Le PS est un monde fermé, qui ne cherche pas à recruter. Sa logique est celle d’un repli sur soi.

Beaucoup de socialistes promettent un congrès pas comme les autres, avec des militants qui ne voteront plus selon la consigne du patron de la fédération…

Le vote des militants reste captif. Certes, les militants sont de moins en moins sensibles aux pressions et aux intimidations de leur secrétaire de section, ou de leurs responsables fédéraux. Mais le poids des élus demeure déterminant. Et d’abord parce qu’énormément de militants sont des collaborateurs des élus, qui travaillent dans les cabinets ou les collectivités locales. Ils sont donc dans des relations de dépendance. Le poids des grands féodaux du PS demeure donc très important. 


C’est le point de vue de Rémi Lefebvre, qui exprime ici l’avenir raisonnable. Mais il ne faut pas exclure un avenir moins prévisible avec, comme acteurs principaux, jouant un rôle clé, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, qui avaient créé ensemble NPS, « le Nouveau Parti Socialiste », le nom que portait, entre 1969 et 1971, le parti issu de la SFIO, qui allait devenir le Parti socialiste lors du congrès d’Epinay-sur-Seine, en 1971.

Rappel : Gauche Avenir organise un banquet républicain le 5 mai à Choisy-le-Roi, au cours duquel s’exprimeront Benoît Hamon et Jean-Pierre Chevènement. Un hasard, sans doute !

Voir, sur ce blog, l’article paru le 28 avril 2008 Gauche Avenir organise un banquet républicain avec Chevènement, Hamon et Cabanes

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commentaires

C
Joli tableau d'un parti en décomposition... Heureusement qui'l y a quelques notes d'espoir à la fin !
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