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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 15:29

Vers un réexamen critique des postulats libéraux

 

Continuons notre présentation de la motion du MRC, en commençant par un retour sur les trois séquences précédentes.

 

 7 mai 2008  Motion du MRC (1) : comprendre cette crise globale du capitalisme

 8 mai 2008  Motion du MRC (2) : toujours plus d'économie libérale et de rigueur

12 mai 2008 Motion du MRC (3) : le PS n'entend pas les aspirations populaires

 

Voici la partie du texte de la motion qui traite des origines de la crise actuelle, c’est-à-dire les deux composantes de la globalisation (points 5 et 6 de la 1ère partie) : la domination du capital financier et le rôle central des USA dans la globalisation.

 

Motion d’orientation du MRC pour le Congrès des 21 et 22 juin 2008

 

Un contenu et un chemin pour la création d’un grand parti de toute la gauche 

I - Un tsunami barre l’horizon

(…) 5) Ce serait se tromper beaucoup cependant que de penser que la volonté populaire telle qu’exprimée par le référendum du 29 mai 2005 puisse être ainsi foulée aux pieds. La réalité est plus forte que toutes les constructions politiques et diplomatiques.

La France, l’Europe, le monde sont devant une crise systémique sans précédent. Cette crise prend racine dans la dictature des marchés financiers que nous dénoncions depuis longtemps et notamment à l’occasion des élections présidentielles de 2002 : « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. D’autres valeurs que l’Argent mènent le monde. Ce sont les nations et les peuples qui sont la vraie permanence de l’Histoire » (discours de Vincennes, page 6) Notre projet adopté à notre Congrès de 2006 a analysé précisément les deux composantes essentielles de la « globalisation » qui sont à la racine de la crise actuelle du système :

a) Domination du capital financier sur le capitalisme industriel du fait de l’ouverture à l’échelle mondiale dès les années quatre-vingt-dix, des marchés et des mouvements de capitaux, dictature de l’actionnariat, exigences de rentabilité insoutenables pour les industries de l’Europe, délocalisations et migration, sous l’égide de multinationales et des fonds spéculatifs, du capital productif vers les pays à coût salariaux très bas.

b) Rôle central des Etats-Unis dans la globalisation. Ceux-ci ont fait du dollar la monnaie mondiale mais l’utilisent comme si elle était seulement la leur, au mépris des intérêts de l’Europe et particulièrement de la zone euro. La valeur de la monnaie européenne a ainsi augmenté de 80% depuis 2002, pénalisant les exportations et favorisant les délocalisations.

Confrontés depuis 1997 aux crises financières successives (Asie du Sud-Est, Russie, Amérique Latine, éclatement de la « bulle technologique ») qui remettent en cause les bases mêmes de leur hégémonie et donc de la globalisation, les Etats-Unis pratiquent une dangereuse fuite en avant dans l’endettement intérieur et extérieur aussi bien que dans la politique étrangère et militaire, notamment pour le contrôle des ressources énergétiques au Moyen-Orient et en Asie Centrale.

Un budget militaire colossal (plus de 600 milliards de dollars) ne leur permet pas d’éviter l’enlisement, notamment en Irak. Un déficit extérieur abyssal nourrit la méfiance à l’égard du dollar. Les Etats-Unis se trouvent confrontés à ce que l’historien Paul Kennedy appelait la « surextension impériale ». Il n’ont plus les moyens de dominer seuls le monde. Là est la cause de la crise actuelle de la globalisation. Ils se tournent vers leurs alliés européens pour les transformer en supplétifs.

6) Mais cette politique se heurte à la réticence de l’opinion publique européenne. Celle-ci souhaite dans sa majorité que les Etats-Unis redeviennent la grande nation qu’ils sont, en acceptant la réalité d’un monde multipolaire se nourrissant du dialogue des cultures et régi par le droit.

Ce monde multipolaire s’impose d’ailleurs dans la réalité avec la montée de la Chine, de l’Inde, de l’Iran, du Brésil et le retour de la Russie. Mais d’immenses moyens de conditionnement médiatique sont déployés au nom d’un nouvel « occidentalo-centrisme » pour décrier et fragiliser cette perspective. Il en résulte des tensions grandissantes avec le monde musulman, la Chine et la Russie notamment. La réintégration dans l’organisation militaire de l’OTAN, annoncée par Nicolas Sarkozy, nous engage toujours plus à l’Est, à la remorque de la stratégie américaine, dans des conflits et des guerres qui ne sont pas les nôtres. Ainsi la crise de la globalisation et celle de l’hégémonie américaine se recoupent-elles étroitement.

Dans ce monde dangereux, il est important que la gauche française fasse entendre une voix distincte. La grande crise américaine qui pointe à l’horizon amènera un réexamen critique des postulats libéraux (apologie du libre-échange, effacement de l’Etat, marché roi) ; à la faveur de ces remises en cause, la gauche française peut faire entendre son message et ses valeurs. La gauche a besoin pour cela d’un projet à la hauteur des défis de notre temps.

Emmanuel Todd sans langue de bois dans « Parlons Net »

Le 9 mai 2008, le démographe était l’invité de la 12ème édition de « Parlons Net ». Pour l’interroger, il y avait David Abiker de France-Info, Pierre Haski de Rue89, Jérôme Pottier de figaro.fr et Philippe Cohen de Marianne2.fr. Voir les vidéos sur  http://www.rue89.com/2008/05/09/emmanuel-todd-sarkozy-est-un-chirac-lent.

Voici la présentation des 2ème et 3ème parties de l’entretien, (9 mai, www.marianne2.fr).
« L'alignement sur les Etats-Unis ruine l'influence de la France »

Pour Emmanuel Todd, la crise alimentaire met en cause le modèle de politique économique fondé sur l'exportation. Mais les élites ne veulent pas voir que les populations européennes ne pourront pas accepter une baisse de leurs revenus et une incertitude croissante sur l'emploi.

Cet aveuglement est favorisé par l'universalisme de la gauche revêche à des options qui lui rappellent le nationalisme. Le démographe note que l'Amérique Latine est en dehors du champ d'intervention traditionnel de la France. Plus globalement, l'alignement de la France sur les Etats-Unis conduit à la banalisation de notre pays.

« L'Europe doit cesser de s'élargir et de s'ouvrir »

Aux USA, «Quel que soit le président élu, il devra gérer un déficit de 800 milliards de dollars, c'est-à-dire le déclin américain.» Pour Emmanuel Todd, la campagne d'Obama, même s'il n'est pas élu, donne un signe positif sur l'évolution de la société américaine, une diminution du sentiment racial. La question aujourd'hui est de savoir si les Etats-Unis vont avoir l'élégance de la Grande Bretagne au moment de son déclin (…).
Enfin, Emmanuel Todd s'inscrit en faux contre l'Union méditerranéenne. Pour lui, ce projet fait partie des subterfuges qui empêchent l'Union européenne de bâtir une organisation économique efficace capable d'enrayer la baisse de revenu et l'insécurité sociale des classes populaires et moyennes.

 

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