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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 15:21

Le socialisme est l’alternative au capitalisme

 

Les prises de position des leaders du PS en vue de leur congrès sont consternantes. On comprend pourquoi ils ont perdu la confiance des Français et, en premier lieu, des milieux populaires. Que voit-on ? Des tentatives de rapprochement par certains en évitant les autres. Des petites guerres internes qui ne sont pas à la hauteur des enjeux politiques du moment. Mais pas de renouveau de la pensée socialiste. Désespérant.

 

Pour bien comprendre, il faut partir du dépôt des contributions (voir  PS : 21 contributions à caractère général déposées pour le congrès - 3 juillet 2008), puis faire un arrêt, fin juillet, sur la situation du PS au moment où Paul Quilès rappelait ce que fut l’action de Jaurès en faveur du socialisme (voir Paul Quilès demande aux socialistes de relire Jaurès le rassembleur - 31 juillet 2008).

Voir aussi un blog (hébergé par Le Monde) PS : le grand troc avant le grand choix sans être obligé d’adopter, telle quelle, la proposition de solution.

 

Tout récemment, nous avons observé comment la gauche allemande se débat dans ses difficultés (voir La gauche allemande, divisée, cherche la voie qui conduit au pouvoir - 11 août 2008). Aujourd’hui, nous allons, à nouveau, écouter aux portes du principal parti de la gauche française.

 

D’un côté, Pierre Moscovici cherche à rassembler les anti-Royal et anti-Hollande, avec l’appui, lointain, de Dominique Strauss-Kahn, et, plus proche, de Martine Aubry et de Laurent Fabius.

De l’autre, Julien Dray fait de même avec les pro-Royal et pro-Hollande en tentant d’aller plus loin.

 

Ce qui est plus surprenant est le peu d’empressement des différents courants de gauche à se rassembler. La tactique peut l’expliquer, à condition qu’elle ne cache pas une forme de résignation.

Lire, à ce sujet, La droite proclame avoir gagné “la bataille idéologique” quand la gauche du PS se cherche encore et toujours … (blog citoyen, socialiste et républicain, de Xavier Dumoulin).

 

Les animateurs de Gauche Avenir ont exprimé leur inquiétude dans un article paru hier sur le site de Libération, rubrique Rebonds :

 

Pour que demain ne soit pas comme aujourd’hui

 

Quel décalage ! Le chômage augmente. La croissance ne cesse de chuter. La moitié des Français ne part pas en vacances. Nicolas Sarkozy annonce qu’il va poursuivre à marche forcée ses «réformes». Le moral de nos concitoyens est en berne et le mécontentement est profond. Pendant ce temps, les dirigeants socialistes s’engluent dans la préparation du congrès de Reims !

Les militants sont déboussolés, les sympathisants déçus, le peuple de gauche circonspect, voire quelquefois en colère. Plébiscité localement, le PS stagne nationalement. Il peine à incarner une opposition déterminée à Sarkozy. Il ne parvient pas à relayer efficacement les aspirations de sa base sociale et paraît peu crédible comme force de transformation sociale. Pire encore, au moment où le système craque de partout, certains de ses dirigeants semblent découvrir les vertus de l’économie libérale et du marché.

A cela s’ajoute l’exaspérant «feuilleton» socialiste de l’été, fait de petites intrigues, de mini rebondissements, de «téléphones qui chauffent», d’alliances de dernière minute. L’heure est, dit-on, à la recherche de «mini-synthèses». «Mini» : le terme est pertinent tant les textes proposés ressemblent à un sympathique enfilage de perles. Leur ligne : «Dorénavant, c’est comme avant»

Créer un «parti socialiste cohérent et solidaire», susciter une «dynamique de changement», «préparer une véritable alternative», vouloir une «une mutation politique maîtrisée», «être à la hauteur des défis du socialisme moderne dans la mondialisation». Qui au PS refuserait d’adhérer à cette sorte de minimum socialiste garanti ? Le problème – et il est de taille — c’est qu’aucune réponse n’est apportée aux insuffisances qui sont la cause depuis des années de nos défaites successives aux élections nationales.

Ce rassemblement sur des bases minimales, simple redistribution des cartes entre les mêmes mains, risque de devenir un scénario catastrophe. Il est indispensable de proposer pour le congrès de Reims une autre voie, fondée sur une nouvelle dynamique unitaire, tant entre socialistes qu’avec toute la gauche, sur un renouveau des analyses, des pratiques et des propositions, autour d’objectifs de transformation profonde d’un système en crise. Pour nos concitoyens, «changer la vie» n’est pas un slogan vide de sens, parce qu’ils n’en peuvent plus de subir des injustices criantes, des reculs sociaux mais aussi de ne pouvoir espérer.

Comment ne pas voir que la victoire future passe d’abord par la reconquête idéologique, indispensable tant les promoteurs du libéralisme se sont échinés à disqualifier toute remise en cause, toute recherche d’une autre politique. Une partie de la gauche européenne a malheureusement laissé croire que la politique n’était désormais qu’un arbitrage entre deux pragmatismes au sein d’un système incontestable*.

Renouer avec le combat pour la transformation sociale, c’est remettre en cause le libre échange généralisé, réorienter la construction européenne, défendre un retour efficace de l’intervention publique, inventer un nouveau compromis social favorable au monde du travail : face à l’urgence sociale et écologique, les remèdes homéopathiques ne suffisent plus.

Mais le succès électoral se bâtit aussi autour d’une stratégie claire. L’alliance au centre est une impasse, le cartel électoral de la gauche de gouvernement est insuffisant. Ce qu’il faut, c’est une nouvelle étape de l’unité de la gauche. Tout plaide aujourd’hui pour la préparation d’un parti de toute la gauche qui fédère les partis existants (PS, PC, Verts, MRC, PRG....) et surtout qui crée un mouvement d’entraînement de celles et ceux qui, de plus en plus nombreux, ne se reconnaissent pas dans le paysage actuel de la gauche.

La réalité est que le neuf ne peut venir que de la gauche et des forces contestatrices souvent portées par la jeunesse, que notre parti a trop souvent anesthésiées. Elles ne pourront peut-être pas relever seules le défi, mais, sans elles et sans le nouveau cap stratégique, celui de l’unité de la gauche, sans des propositions qui rompent avec l’accompagnement du libéralisme et du capitalisme financier, demain sera comme aujourd’hui.

La gauche n’a pas disparu. Contrairement à une partie de ses dirigeants prompts à traquer «l’archaïsme» et tentés par le renoncement, des millions d’hommes et de femmes continuent de croire en l’actualité de ses valeurs, à la pertinence de sa grille de lecture de la société, à sa mission historique, à ses luttes.

Les guerres picrocholines entre prétendants socialistes ne sauraient longtemps cacher le fait que ceux qui s’affrontent n’ont pas vraiment décidé d’incarner une vision d’avenir et qu’aucun leader ne s’impose de façon évidente. C’est probablement la raison pour laquelle ils tentent d’accréditer la thèse selon laquelle la «gauche du PS» serait totalement hors jeu. Cette affirmation est aussi peu fondée que celle concernant la prétendue disparition de la gauche dans le paysage politique français et elle risque de conduire aux mêmes impasses.

Celles et ceux qui ont déposé, en vue du congrès de Reims, des contributions souvent convergentes sur des choix clairement de gauche ont une responsabilité particulière. Ils ne doivent pas sous-estimer leur influence et montrer leur volonté de rassembler, pour que le PS sorte de son enlisement et qu’il adopte une stratégie capable de remettre la gauche en mouvement.

 * C’est aussi l’avis de l’UMP, qui considère que le choix est entre le capitalisme libéral et le capitalisme autoritaire (Voir Libéralisme et autoritarisme, le choc des modèles).

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commentaires

S
Merci, chère fourmi rouge, d'avoir éclairé le débat par tes commentaires pertinents sur la situation du PS. Je saisis l'occasion pour recommander aux lectrices et lecteurs de ce blog d'apporter, comme tu le fais, leur contribution à la réflexion sur le congrès du PS et l'avenir de la gauche. Tu as tout à fait raison de plaider en faveur d'une gauche rassemblée sur de nouvelles bases. A cet égard, la prudence de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli est probablement liée à la recherche d'une alliance majoritaire avant le congrès, mais cela me semble très problématique. Tu as raison aussi de présenter Pierre Moscovici comme un quasi SDF politique ... au sein de la grande maison socialiste. Il propose ses services aux uns et aux autres, mais je pense que ce sont les options de Ségolène Royal et de François Hollande qui seront déterminantes pour l'avenir du PS et de la gauche.Le moment est venu de redéfinir complètement le projet des socialistes républicains. Tout en se situant dans une économie de marché, il doit mettre en avant ce qui le différencie du capitalisme. Le socialisme républicain est un projet politique qui vise à organiser la société en remettant l'économie, le capital, le marché, à leur place, c'est-à-dire au service de l'intérêt général des citoyens. Le capitalisme a pour finalité d'organiser la société selon les intérêts des détenteurs de capitaux. Cela conduit à la prééminence de la finance dans tous les aspects de la vie sociale.On attend des socialistes républicains qu'ils montrent le chemin qui permet de sortir du capitalisme financier, dans lequel nous sommes enlisés, pour aller vers un humanisme républicain, démocratique et social. C'est à cela que doit servir le congrès du PS...
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L
c'est encore moi.Si l'on désire réellement dépasser la notion d'un parti tel "die Linke", plafonnant à 15%, pour travailler au rassemblement et créer un parti de masse, on ne peut pas regarder que "la gauche du PS".Logique non ?Intellectuellement , beaucoup à gauche n'ont pas intégré cette équation. Ils continuent sur des rails rouillés imperturbables dans leurs santiags !Comme a dit Jean-Pierre (et ce depuis son discours du 6 avril), il faut au PS s'activer pour un rassemblement de Hamon-Emmanuelli-MNL à Moscovici... même si ça dérange !En proposant * une rupture nette sur le fonstionnement actuel (la démocratie doit vivre au PS en dehors des écuries "tenues" par leurs leaders qui verrouille tout débat, toute modification et ont fait que le Ps est ce qu'il est devenu). Les relations avec les petits partis "sattellites" pour l'instant du PS, en seront transformées.* alors un projet innovant assis sur une analyse solide pourra vraiment voir le jour.Sinon on en restera à des synthèses molles, et des tirades creuses agrémentées de langue de bois pétrifiée.Amicalement,
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L
Bonsoir Michel,Billet très dense et intéressant.Par où commencer ?Allez, en vrac, je fais quelques remarques d'une militante de base :- Julien Dray, porte-parole du PS, l'est surtout de François Hollande.Avec espoir de retour sur investissement !- Comme je l'ai déjà écrit sur sr-08, je persiste à penser que Pierre Moscovici est très seul. Enfin plus que d'autres...PM a été délaissé par la grosse majorité des strauskahniens sous la houlette de Jean-Christophe Cambadélis, grand organisteur de coups bas et magouilles en tous genres (affairé comme il l'est à ces tâches au ras du caniveau, on comprend qu'il n'ait jamais songé à rentrer un jour dans le monde du travail !) pour soutenir Martine Aubry, ainsi que dans une moindre mesure (des ex-rocardiens qui ont rejoint un temps DSK) quelques autres partis vers Bertrand Delanoé.Sans troupe, il en est réduit à faire du porte à porte à droite plutôt qu'à gauche.Il peut très bien pour ce conglomérat, représenter une candidature de compromis, après tout. Mais combien phagocytée ! Quelle marge de manoeuvre aurait-il ?... et jusqu'à ce que la première fissure entre "alliés" n'apparaisse ?La candidature de  rêve pour les militants du PS, assurément !- tu parais t'étonner : "Ce qui est plus surprenant est le peu d’empressement des différents courants de gauche à se rassembler" ?....mais "la gauche du PS" a un aussi gros travail sur elle-même, à réaliser que les autres ! Elle est embourbée jusqu'au cou, dans l'appareil du PS et ses rouages.Idéologiquement, contrairement à ce que MNL écrit dans libé,  (elle parle de façon condescendante de critiques que "la droite du PS" peut leur faire : archaïsme...qu'elle utilise abusivement pour tourner le dos aux innovations révolutionnaires qu'elle pourrait proposer en la matière... comme Jaurès en son temps) "la gauche du PS" n'est pas à la hauteur des enjeux du XXI ième siècle.Je ne rejette pas tout en bloc, tu le comprends, mais je suis sciée par leur discrétion de violette, à l'intar de Jospin depuis 2002.Quant à leurs pratiques, leur fonctionnement de "courants", certains conceps qui les dérangent gravement (parité, non-cumul, notion de mandat et non pas de "métier" d'homme politique....) , tout est balayé d'un revers de manche. C'est un peu trop facile.Ils ne sont pas au début du commencement de transformations démocratiques de fond qui supposent ensuite un projet cohérent, et n'ont rien à envier aux autres !L'exercice de la démocratie est/sera douloureux pour beaucoup.Bref, on n'est pas sortis de l'auberge !!!@+
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