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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 18:28

La déroute de la finance mondiale, qui voulait s’autogérer

 

Hier, j’ai évoqué par revue de presse Le capitalisme financier à l'origine d'une crise de grande ampleur. Je prolonge aujourd’hui, vu l’ampleur des dégâts occasionnés par la folie de la finance américaine.

 

Les informations et analyses sont indispensables, mais il faut aussi passer aux propositions, lesquelles sont de deux sortes : celles qui visent à remettre le système financier en place sans rien changer et celles qui tirent les conséquences politiques de la dérive qui s’est produite, sous les yeux consentants des conservateurs néolibéraux au pouvoir aux USA.

 

La Fed injecte 50 milliards de dollars (Le Monde, 16 septembre) et la BCE fait de même « La Banque centrale européenne a injecté 70 milliards d'euros de liquidités supplémentaires sur le marché monétaire, après les 30 milliards d'euros investis lundi ».

 

Pour comprendre, on lira ce jour sur le même site Michel Aglietta : "La crise étouffe progressivement les économies occidentales".

 

Les questions, auxquelles Pierre-Antoine Delhommais, Claire GatinoiS et Anne Michel répondent dans La crise financière en questions sont les suivantes :

 

1)       Comment est née la crise financière ?  

2)      
Pourquoi la crise n'en finit-elle pas ?

3)       Faut-il craindre un effet dominos sur les banques ?

4)       Faut-il redouter un krach boursier mondial ?

5)       Pourquoi le reste du monde est-il touché ?

6)       Comment la crise financière affecte-t-elle l'économie réelle ?

7)       Les pays émergents peuvent-ils résister ?

8)       Quelles solutions à la crise ?



Sur Rue89, ce 16 septembre, un spécialiste des marchés financiers s’exprime sur « les ressorts et les limites de la crise »

 

Crise des marchés financiers : la sortie, c'est par où ?

 

 

Pour Christian de Boissieu (Le Monde, 16 septembre), "Il faut refonder le système financier international"

 

Sur le même site, ce jour, on lira les réflexions et propositions d’ATTAC* :

 

Il est urgent de rompre avec l'emprise de la finance, par Jacques Cossart, Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon.

 

Depuis que la crise immobilière des subprimes a éclaté aux Etats-Unis il y a plus d'un an, pour atteindre les principales banques et autres fonds de placement, beaucoup se sont demandé comment la contenir. Aujourd'hui, les nouvelles faillites de Lehman Brothers et de Merril Lynch montrent, s'il était besoin, que cette question est doublement dépassée.

Deux digues, en effet, ont été rompues. D'abord, en raison de la globalisation du capital, ce ne sont pas seulement les institutions financières américaines qui ont été touchées, mais une bonne partie de celles du monde entier, tellement la circulation des titres hypothécaires avait été grande. Ensuite, déjouant les pronostics de nombreux experts qui se voulaient rassurants, la crise bancaire et financière a franchi la barrière de l'économie réelle puisque l'économie américaine et celle de l'Europe sont au bord de la récession (- 0,3 % pour le PIB français au deuxième trimestre, - 0,5 % en Allemagne et - 0,2 % dans la zone euro) et que, au niveau mondial, le ralentissement de la croissance est désormais certain.

La raréfaction du crédit consécutive à la fragilisation de nombreuses banques a conduit les banques centrales, notamment la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne (BCE), à injecter des centaines de milliards de dollars et d'euros et, pour la première à réduire son taux directeur, mais cela n'a suffi ni à sauver la mise de certaines institutions financières ni surtout à éviter que l'économie productive soit gangrenée.

Deux questions méritent d'être posées. Pourquoi la crise s'est-elle globalisée, au point qu'aux dires des voix les plus officielles, nous sommes en présence de la crise la plus importante depuis la fin de la seconde guerre mondiale, c'est-à-dire depuis 1929 ? Comment empêcher le retour des crises, et non pas comment contenir une crise qui a déjà répandu ses méfaits ?

La généralisation de la crise financière, ses répercussions sur la pratique spéculative des fonds qui ont réorienté leurs placements vers de nouvelles valeurs refuges comme les matières premières et les céréales, faisant exploser les prix de ces dernières, et la fragilisation du système productif sont imputables au capitalisme néolibéral qui a imposé sa logique implacable et ses normes à toutes les sphères de la société.

La libre circulation des capitaux, les procédures de titrisation, le développement des marchés à terme portant sur les produits dérivés, les politiques de dérégulation menées par les Etats sur leur territoire national ou bien dans un cadre communautaire comme en Europe et les facilités de crédit accordées au système financier pour participer aux restructurations gigantesques de l'appareil productif mondial, notamment par la technique du leveraged buy out (LBO, effet de levier), ont multiplié les secousses financières. Crises mexicaine (1995), asiatique (1997), russe (1998), argentine (2001), crise de la nouvelle économie (2000), crise des subprimes (2007) se sont succédé, une bulle chassant l'autre.

Comment pouvait-il en être autrement puisque la promesse d'enrichissement perpétuel des détenteurs de patrimoine financier était fondée en dernière analyse sur la détérioration de la condition salariale : chômage, précarité, déconnexion des salaires par rapport à la productivité du travail, augmentation de la durée du travail, laminage de l'assurance-maladie et des retraites vouées à être confiées à la Bourse.

La pérennisation d'un rapport salarial injuste n'est sans doute pas étrangère à la frénésie financière et à l'incapacité du capitalisme néolibéral de se construire une trajectoire stable : 100 000 personnes seulement, selon Merill Lynch, disposent d'avoirs financiers équivalents au quart du PIB mondial, soit près de 15 000 milliards de dollars (10 601 milliards d'euros).

L'instabilité chronique est renforcée par la stérilisation des instruments traditionnels de régulation. Les banques centrales alimentent les bulles financières en période de surchauffe et, plus tard, volent au secours des institutions ayant pris trop de risques : Northern Rock au Royaume-Uni, Bear Stearns, Fannie Mae et Freddie Mac aux Etats-Unis. En Europe, la BCE augmente son taux directeur, contribuant ainsi à la surévaluation de l'euro par rapport au dollar et aux variations erratiques du prix du pétrole, au risque de l'inflation qu'elle prétend combattre et malgré la récession imminente.

L'"échec des négociations" de l'Organisation mondiale du commerce est l'aboutissement de l'incapacité de cette instance, dont le seul critère est la concurrence exacerbée, à réguler sur une base coopérative les rapports entre les Etats. L'aggravation des tensions géopolitiques (Moyen-Orient, Balkans et Caucase) et des politiques sécuritaires doit être vue comme la conséquence du fait que le monde est livré à une logique mortifère.

Un nouveau Bretton Woods est donc indispensable. Mais pas n'importe lequel. N'oublions pas que la principale proposition formulée en 1944 fut rejetée : la monnaie mondiale et l'Union de compensation envisagées par Keynes ne virent jamais le jour pour laisser le champ libre au dollar et à l'hégémonie américaine. La taxation des transactions financières et des revenus financiers est devenue une nécessité impérieuse, non seulement pour rétablir un contrôle des mouvements de capitaux, mais aussi pour financer les biens publics mondiaux.

En outre, une nouvelle architecture monétaire et financière internationale n'aurait aucune chance d'améliorer la situation si, dans le même temps, les "réformes structurelles" des marchés du travail étaient poursuivies, Au contraire, elles auraient pour conséquence de renforcer la financiarisation des économies française et européenne puisqu'elles signifieraient une reprise de la détérioration de la part salariale dans la valeur ajoutée, aujourd'hui ramenée à un niveau très bas, comme le reconnaissent bien tardivement l'UE et le Fonds monétaire international (FMI).

Décidément, le capitalisme est indécrottable. Plus il se rapproche de sa "pureté" théorique analysée par Marx (le surplus de valeur pour l'actionnaire et rien que pour lui), plus il accroît le risque de délitement des sociétés et éloigne la perspective de régulation de la planète. Jamais nous n'avons été aussi proches du franchissement de limites, au-delà desquelles le saut dans l'inconnu pourrait être catastrophique. Contenir la crise financière, non, c'est trop tard. Faire reculer l'emprise de la finance qui en est la source, il est plus que temps.

* Jacques Cossart, Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon sont économistes et membres du conseil scientifique d'Attac.

Voir aussi, sur ce blog, les articles parus concernant le Capitalisme.

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commentaires

D
Bonjour michelEt oui! Jacques Cossart, Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon ont bien raison, il nous fait une nouvelle architecture financière international face à cette dramatique situation international.Mais il fait aussi faire attention comme il le dise, il ne faut pas accepter n'importe quelle breton woods certainement pas cette caricature présenter par la presse, un nouveau bretton woods controlé par les banque centrale ou organe financière supra national.Il faut que ce soit les gouvernements eux même qui mettent en faillite le systéme d'aujourd'hui et doivent imposer les nouvelle régles.Je vous propose de jeter un oeil ici mon blog est nouveau tu peux aussi consulter mon ancien ici a bientôtDavid C.
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