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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 13:24

 

Congrès : le PS face à un choix gauche droite

 

Hier soir, à Laval, j’ai parlé avec Jean-Luc Mélenchon avant qu’il montre, une fois de plus, sa remarquable éloquence lors de son intervention dans le cadre de la réunion publique organisée par PRS 53 (j’y reviendrai, voir mon article Jean-Luc Mélenchon à Laval pour soutenir Hervé Eon au tribunal - 23 octobre 2008).

 

Ce matin, j’ai été alerté par le blog de Xavier Dumoulin (http://sr07.unblog.fr) de l’explosion de colère saine de Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre, comme Jean-Luc Mélenchon, actuelle députée au Parlement européen. C’est important, car c’est une description hyper réaliste de ce que sont les députés socialistes et social démocrates européens, dans leur grande majorité.

 

Avant de présenter ce texte de Marie-Noëlle, je propose une incursion en territoire national PS, avec deux articles significatifs, l’un concernant Benoît Hamon, l’autre Martine Aubry, les deux amis qui préparent une alliance lors du congrès de Reims, afin de mettre en échec la direction sortante du PS (Delanoë, Hollande, Jospin, Rocard).

Benoît Hamon, un Sarko de gauche ? (Marianne, Malakine, 24 octobre),

«Un autre modèle face à l'argent et à la loi du plus fort» (Libération, LibéLille, 23 octobre).

 

Avec la crise financière, qui va déboucher sur une crise économique et sociale, en plus des crises écologique et alimentaire incontournables, les partis de gauche sont obligés de revenir à gauche. La crise, ainsi que la stratégie du président de la République, rendent impraticable toute autre voie.

 

Le PS (qui avait fait le choix social libéral démocrate des traités européens, notamment du traité de Lisbonne), le PCF (qui hésitait entre la République, le radicalisme et la social démocratie), Les Verts (qui retournent à leur écologie ni droite ni gauche), mais aussi le PRG (qui flirte avec les radicaux valoisiens - Borloo) vont devoir choisir entre la voie de droite et la voie de gauche.

 

Olivier Besancenot et le nouveau parti anticapitaliste vont être confrontés au dilemme gauche droite (s’ils maintiennent leur non à toute alliance de gauche, c’est qu’ils choisissent la droite).

 

Le MRC a choisi depuis son congrès de 2003 à St-Pol-sur-Mer et la confirmation sans appel est venue du congrès du Kremlin-Bicêtre en juin 2008. Nous avons de l’avance. C’est pourquoi nous devons parler fort et nous faire entendre des Français, ce qui n’est pas suffisamment le cas actuellement, même si l’élection de Jean-Pierre Chevènement au Sénat a marqué un progrès dans cette direction.

 

Et, maintenant, voici le cri de colère de Marie-Noëlle Lienemann, qui est la responsable socialiste la plus proche de Jean-Pierre Chevènement et du MRC (cliquer sur le titre de l’article, paru sur son blog hier).

 

Parti des Socialistes Européens : Désolant! Affligeant!!


Comme de coutume, le Parlement européen a délibéré sur les suites du dernier conseil européen qui traitait de la crise financière !
Hier N. Sarkozy est venu en présenter les conclusions à Strasbourg devant les députés européens.
L'exposé fut brillant, les réponses habiles mais sur le fond les propos ne pouvaient être approuvés. Rien sur une stratégie de relance de l'économie européenne, rien sur la nécessité d'augmenter les salaires et le pouvoir d'achat.... Bref rien au delà du « sauvetage » des banques.

Cette seule constatation aurait suffi à une critique forte des Socialistes Européens; la crise que nous vivons n'est pas seulement financière, elle est économique, sociale et demeurent la crise écologique, la famine...

C'est le capitalisme financier, le libre échange généralisé qui sont en crise et en cause. Alors, ne pas être capable d'être la voix des salariés, des habitants, de ceux qui subissent cette crise à un moment où de plus en plus de gens sont percutés de plein fouet par les problèmes de pouvoir d'achat, d'emploi, de santé, d'avenir pour leurs enfants est une grave faute des Socialistes européens.
Ne pas avoir la volonté de créer un rapport de force pour imposer des initiatives sociales et en faveur de la croissance au moment où les libéraux, la droite sont sur la défensive est une grave erreur!

Cet assourdissant silence, cette absence de proposition permet à N.Sarkozy d'occuper le terrain, de développer sa stratégie de communication, de promettre... Et comme de coutume de ne pas concrétiser...
Dernière annonce du genre, N. Sarkozy  explique devant le Parlement européen qu'il est favorable à un gouvernement économique européen ...
Très bien ....Que ne l’a-t-il négocié et défendu pour le traité de Lisbonne? Pourquoi n'a-t-il pas alors utilisé le rapport de force, crée par le NON français pour obtenir des avancées sur ce point ?
Mais cette prise de position- au demeurant récente- a surtout pour lui un avantage, elle lui permet de rappeler devant les conservateurs européens qu'il est favorable à l'indépendance de la banque centrale. Le gouvernement économique pour on ne sait quel horizon - d'autant que la Présidence française ne prend aucune initiative pour tenter de concrétiser sa mise en œuvre - mais l'indépendance de la B.C.E. renforcée tout de suite ! Voilà la pirouette.
Pirouette aussi en lançant des propositions de méthodes, un gouvernement commun pour éviter des choix quand au contenu de la politique économique, immédiate et pour demain.
Le Pacte de stabilité n'est pas contesté dans la durée, simplement mis entre parenthèse le temps de cette crise " passagère ".
Après la crise ... ce sera comme avant, à quelques bémols près !
C'est la thèse de la " moralisation " du capitalisme et non du changement de société, de logique de systèmes!

Cela ne saurait être la position de la Gauche.

Et Martin Schulz (Président du groupe socialiste européen ), une fois de plus, est tombé dans le panneau de Sarkozy. Ses propos ont d’ailleurs mis à nu les graves dérives et insuffisances de la social-démocratie européenne. En effet, il a jugé judicieux de déclarer à la tribune du Parlement que les propositions de N. Sarkozy étaient celles des Socialistes européens.....
Inutile de vous dire que Kouchner et Jouyet étaient aux anges au coté de Sarkozy qui évidemment s'est réjouit de ce soutien et " regrette " que les Socialistes français soient tellement en décalage ! Eh oui.

De surcroît, quand il s’est agit de voter, ce qui au demeurant est essentiel, la dérive est encore plus surprenante. Le groupe P.S.E. a trouvé le moyen de voter une résolution de "compromis" qui se félicite de l'action des Institutions européennes, mais qui ne dit rien du social, de l'économie. Évidemment pas l’ombre d’une autocritique sur la politique européenne passée ! Quand le président de la délégation grecque explique qu’il ne saurait voter un tel texte qui ne reprend rien des propositions socialistes, le président du groupe lui explique qu’il n’a rien compris et qu’on a obtenu un point majeur à savoir l'appel à " la coordination des politiques économiques ".Quelle audace ! On rêve!! Au passage, notons bien que nul ne s’avance à dire sur quelle perspective nouvelle, il faudrait s’engager.

Dans cette résolution, il n’y a rien sur les paradis fiscaux!
Le P.S.E.- sauf les Français, les Grecs... n'ont pas voté l'amendement des Verts demandant qu'on les combatte dans l'U.E. et hors de l'U.E. Bilan des courses seulement 183 voix pour la lutte contre ces paradis fiscaux, les centres off shore etc....amendement refusé !

Même attitude désespérante du P.S.E. sur la taxe Tobin. L'amendement demandant son instauration n'a recueilli que 178 voix;
Mardi soir, j'ai eu l'occasion de manifester au sein du groupe P.S.E. mon profond désaccord et même ma colère. C'est incroyable, la plupart des députés européens du P.S.E. vivent dans une bulle. Les défaites successives n'ont pas l'air de les perturber. Ils paraissent très satisfaits d'eux-mêmes, ne pensent en aucun cas revoir leurs analyses. Leur seule réelle préoccupation était de savoir si le Traité de Lisbonne serait approuvé avant la fin de l'année!

Il est temps que le P.S. français tape du poing sur la table et propose aux Socialistes européens une autre voie, une autre stratégie ! Faut-il encore qu'au Congrès de Reims notre ligne politique ne soit l'alignement sur la Social-démocratie européenne! 
         

Sur ce blog, lire les articles concernant Gauche refondation.

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