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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 19:05

L’Amérique de Bush emportée par la crise financière

 

Le monde voit l’Amérique autrement et il est vrai qu’elle change. Les journalistes qui couvrent la campagne électorale le disent et l’écrivent. Cette date du 4 novembre est bien venue, compte tenu de la crise, d’abord immobilière puis bancaire, financière, économique et sociale. Il est temps, pour le peuple américain, de choisir un autre président et une majorité parlementaire.

N’oublions pas Le Sénat, autre enjeu des élections américaines (Le Monde, Corine Lesnes, 27 octobre). Une "vague bleue" démocrate va-t-elle déferler sur l'Amérique ? A une semaine du scrutin du 4 novembre qui déterminera, outre l'élection du futur président américain, celle de onze gouverneurs, d'un tiers des sénateurs et de la totalité de la Chambre des représentants, un vent de débâcle souffle du côté républicain (…).

Pour comprendre l’élection présidentielle, je recommande la lecture de l’article de Guillemette Faure (Rue89, 28 octobre), dont voici le titre (cliquer dessus) :

 

Pourquoi c'est si compliqué d'élire un président américain

Le 4 novembre, le candidat élu ne sera pas forcément celui qui aura obtenu le plus de voix. Un héritage de l'histoire américaine. La suite

 

Pour prendre connaissance des dernières informations concernant ces Élections américaines, il suffit d’ouvrir cette porte bleue. On découvre de nombreux articles de Libération montrant la réalité actuelle et diverse des Etats-Unis d’Amérique.

On découvre les Bonnes nouvelles d’Amérique comme Les Etats-Unis en eaux troubles.

Dans un article du Monde, daté du 30 octobre, Yves Eudes raconte la vie professionnelle d’une femme, qui produit et présente son journal télévisé, « une émission unique en son genre (…), une production semi-artisanale diffusée dans tous les Etats-Unis ». Voici ce texte.

Amy Goodman, une autre voix de l'Amérique

New York, 8 heures du matin. Amy Goodman lance son journal télévisé quotidien avec sa formule rituelle : "Voici "Democracy Now", le rapport sur la guerre et sur la paix." Le ton est calme, le visage neutre, la coiffure sage, les vêtements ordinaires. Elle passe en revue les principaux sujets d'actualité, mais on s'aperçoit très vite que l'émission est unique en son genre. Ainsi, pour traiter de la crise financière, elle démarre avec une manifestation organisée par des associations de gauche, protestant à la fois contre les spéculateurs de Wall Street et la guerre en Irak.

Puis elle parle de militants noirs emprisonnés pour des meurtres qu'ils n'ont pas commis, de prisonniers afghans soumis à des interrogatoires par des psychiatres militaires, d'un appel à la désobéissance civile lancé par des écologistes contre la construction de centrales électriques à charbon, de l'arrivée d'un régiment rapatrié d'Irak, qui serait chargé du maintien de l'ordre sur le sol américain...

Au lieu de spots publicitaires, "Democracy Now" est interrompu par des clips de chansons syndicales et de rap anticapitaliste. Pour traiter ces sujets à sa guise, Amy Goodman a su s'affranchir de toutes les tutelles. Elle est la fois présentatrice, rédactrice en chef et productrice de son émission, dont la gestion est assurée par une association à but non lucratif. "Democracy Now" n'accepte ni publicité ni parrainage, et son budget de 4 millions de dollars (3,19 millions d'euros) par an est financé en grande partie par les dons d'auditeurs et de fondations. Le tournage quotidien est réalisé dans un studio de télévision appartenant à une association de quartier, installé dans une ancienne caserne de pompiers.

Pourtant, cette production semi-artisanale est diffusée dans tous les Etats-Unis. Pour cela, Amy Goodman s'appuie sur un réseau informel complexe et mouvant. "Democracy Now" est diffusée en direct en vidéo sur une chaîne câblée communautaire new-yorkaise, et en audio sur le réseau radio alternatif Pacifica. Ensuite, elle est reprise sur deux canaux par satellite et par environ 700 stations de radio et de télévision associatives et universitaires. Enfin, "Democracy Now" est disponible dans le monde entier via Internet.

Agée de 51 ans, célibataire et sans enfant, Amy Goodman se donne corps et âme à sa mission. Elle travaille souvent douze à quinze heures par jour ; elle profite de ses week-ends pour aller faire des conférences dans des villes lointaines. Nul ne sait combien de gens écoutent son émission, car il n'y a pas de mesure d'audience sur les stations non commerciales.

Amy n'est pas une célébrité dans l'Amérique profonde, mais elle est connue sur les campus, dans les milieux intellectuels et parmi les journalistes. Elle-même est convaincue que ses auditeurs se comptent par millions, car elle occupe un créneau délaissé par les médias commerciaux. "Beaucoup d'Américains, dit-elle, ont compris que la concentration des médias entre les mains d'un petit groupe de milliardaires est un danger pour la démocratie. Il y a dans ce pays un fort désir de médias qui ne regardent pas le monde à travers le prisme déformant des milieux d'affaires."

Selon elle, les grandes télévisions ont pris des positions extrémistes qui les coupent de la population : "Les Américains opposés à la guerre en Irak, aux arrestations arbitraires, à la torture, ne sont pas un groupuscule. Ils sont la majorité silencieuse, ou plutôt la majorité réduite au silence." Pourtant, elle est convaincue que quand les gens sont mis au courant de ce qui se passe, ils se sentent concernés. "Mon boulot consiste à éclairer les lieux sombres et à donner la parole aux sans-voix."

Elle a de qui tenir. Son père, qui était médecin dans la banlieue de New York, a milité toute sa vie pour l'intégration raciale des écoles de la ville. Sa mère, enseignante, puis assistante sociale, fut une militante pacifiste très engagée contre la guerre du Vietnam. Par ailleurs, Amy a reçu une solide éducation religieuse de son grand-père, rabbin orthodoxe originaire d'Europe de l'Est : "J'étais assez rebelle, mais nous avions des conversations passionnées, qui m'ont marquée pour la vie. Je ne suis plus pratiquante, mais je reste imprégnée de culture juive."

En 1986, Amy est embauchée en tant que journaliste débutante à Pacifica Radio. "J'ai trouvé du premier coup ce que les autres journalistes recherchent pendant toute leur vie : une vraie liberté." Commence alors une vie d'aventures et de voyages. En 1991, alors qu'elle est en reportage au Timor-Oriental, elle vit un drame qui la marquera profondément : elle assiste à un massacre de civils perpétré par l'armée indonésienne, au cours duquel elle-même est battue et blessée par des soldats.

En 1996, Amy se fixe à New York pour créer "Democracy Now" au sein de Pacifica Radio et s'impose dans le paysage médiatique. En novembre 2000, le président Clinton l'appelle pour participer à son émission. Après une demi-heure d'interview, le président, furieux, déclare que la journaliste s'est montrée "hostile, combative et souvent irrespectueuse". Avec le recul, Amy s'amuse de cette description : "J'ai posé quelques questions dérangeantes. Les dirigeants politiques n'ont pas l'habitude, les journalistes les traitent comme des monarques."

"Democracy Now" devient un programme télévisé en 2001, quelques jours avant les attentats du 11-Septembre, qu'Amy couvrira en direct pendant plusieurs jours. " Le hasard a fait que nous étions le studio de télévision le plus proche de Ground Zero." Cet automne, Amy Goodman suit la campagne présidentielle américaine, mais fidèle à ses principes, elle ne soutient officiellement aucun candidat, et refuse de dire pour qui elle va voter. Elle est en guerre ouverte contre les républicains, mais par ailleurs, elle regrette que Barack Obama soit, lui aussi, entouré et aidé par des industriels et des financiers de Wall Street : "L'argent corrompt la politique, dans les deux camps."

Chaque mois, de nouvelles stations demandent à diffuser son émission. En septembre, alors qu'elle faisait un reportage sur les manifestations d'opposants en marge de la convention nationale du Parti républicain à Saint Paul (Minnesota), elle fut arrêtée et brièvement détenue par la police. En quelques heures, une pétition en ligne exigeant sa libération récolta des dizaines de milliers de signatures. La vidéo de son arrestation, filmée par un confrère, a été la séquence la plus regardée sur le site Internet YouTube pendant une semaine.

En décembre, le Parlement suédois va lui décerner le célèbre prix Right Livelihood ("Mode de vie juste"). Début 2009, l'équipe de l'émission emménagera dans son propre studio flambant neuf. Amy sera encore plus indépendante, si c'est possible.

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Published by SORIN Michel - dans Amérique
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