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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 18:20

Entre les vieux démons et la refondation de la gauche

 

C’est à reculons que le parti socialiste va entrer demain dans son congrès à Reims. Ce sera un congrès utile… pour clarifier ce qui le divise ! Une étape vers la refondation républicaine de la gauche, selon la vision optimiste (vers la décomposition, selon la vision pessimiste). C’est le début d’un processus, mais il faudra des débats de fond, auxquels le PS n’est plus habitué depuis très longtemps, pour faire émerger une stratégie par une vraie majorité et la reconquête du pouvoir.

 

Marie-Noëlle Lienemann, sur son blog, le 7 novembre (voir PS : Rien n'est joué !), constatait l’opposition entre deux stratégies, celles de Ségolène Royal et de Benoît Hamon. Il est clair qu’elle ne croit pas à un rapprochement possible entre les deux. Ce serait pourtant une bonne idée, mais, parmi les soutiens à l’une et à l’autre, il existe des divergences telles qu’une alliance semble impossible.

 

Jean-Pierre Chevènement a déclaré à l’AFP, le 9 novembre, que le PS ne semble pas avoir pris la mesure des défis que la gauche et la France ont à relever.

 

Chevènement : «le souffle de la crise a fait bouger les lignes au PS»

 

"Le souffle de la crise économique et financière commence à faire bouger les lignes au sein du Parti socialiste, comme en témoigne les bons scores de Ségolène Royal et de Benoît Hamon", a déclaré à l'AFP le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC).

Cependant, selon lui, "l'absence d'un réel débat sur la crise et la globalisation financière, sur les remèdes à y apporter et la nécessaire réorientation de la construction européenne, manifeste que le PS est loin d'avoir pris la mesure des défis que la gauche et la France doivent relever".

"L'urgence de la refondation républicaine de la gauche n'en paraît que davantage", estime l'ancien ministre. Il réitère sa proposition d'"organiser en 2011 des primaires ouvertes à tous les militants et tous les sympathisants de la gauche pour provoquer le débat et désigner sur cette base le candidat qui portera le projet de la gauche à l'élection présidentielle de 2012".

 

Un grand perdant, mais pas encore de gagnants…

 

A la veille du début du congrès de Reims et après les votes du 6 novembre, il ne fait aucun doute que le grand perdant est Bertrand Delanoë. Et, c’est logique, car sa motion rassemble tous les responsables du délitement du PS depuis une quinzaine d’années (voir Le Monde, 13 novembre, Un Parti socialiste sans boussole).

 

Martine Aubry, en refusant de s’associer aux signataires de cette motion, est à l’origine immédiate de l’échec du maire de Paris. En rassemblant les amis de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius, anciens ministres des finances dans les gouvernements de Lionel Jospin, elle a créé une situation nouvelle, qui pourrait lui permettre de faire échec à Ségolène Royal lors de ce congrès (voir Les Echos, 13 novembre Congrès du Parti Socialiste : la partie d'échecs est engagée   ).

 

De plus, Martine Aubry entrevoit la possibilité d’organiser une majorité alternative, qui répondrait aux attentes des proches de Benoît Hamon (voir Le Monde, 13 novembre, Hamon assure être proche d'un accord avec Aubry).

 

Benoît Hamon, en réaffirmant sa candidature à la direction du parti, lors du vote du 20 novembre, croit en la volonté des militants de franchir un nouveau cap, celui de la rénovation et de l’ancrage à gauche, qui n’est pas garanti par la démarche de Ségolène Royal.

Le député au parlement européen, comme sa collègue Marie-Noëlle Lienemann, a mesuré à quel point les socialistes européens sont loin des peuples, enfermés dans leur bulle social démocrate à Bruxelles et à Strasbourg (voir Le Monde, 13 novembre, La social-démocratie en crise d'identité, par Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière).

 

Ségolène Royal croit en son étoile présidentielle. Elle a bien étudié l’histoire des congrès du PS (voir L'historique des principaux congrès du PS) et partage l’avis du spécialiste A.Bergougnioux : "le leader qui réussit est forcément présidentiable".

 

Il lui faut conquérir, de gré ou de force, ce PS qu’elle a tant critiqué (voir Le Monde, 13 novembre, PS : Royal est prête à assumer l'épreuve de force).

 

Même si elle ne parvenait pas à dégager une majorité au congrès, par un accord entre les motions, elle est prête à miser sur le vote des adhérents le 20 novembre, ou le lendemain en cas de second tour, pour arriver à ses fins (voir La nouvelle synthèse de Ségolène Royal, par Françoise Fressoz).

 

L’ancienne candidate à l’élection présidentielle a raison de rechercher à donner un nouveau cours à un parti qui ressemble à la SFIO de la fin des années 1960.

 

Après plusieurs tentatives de rénovation, notamment en 1969 à Issy-les-Moulineaux, où la SFIO devint le nouveau parti socialiste, animé par Alain Savary, c’est François Mitterrand, venant de l’extérieur (un parti républicain, la Convention des Institutions Républicaines, dans lequel les élus et les cadres valeureux étaient nombreux et les militants plutôt rares) qui réussit à trouver la solution de l’énigme socialiste (voir Le congrès du PS à Epinay en 1971, raconté par Jean-Pierre Chevènement - 10 novembre 2008).

 

Ce congrès de Reims pourra peut-être avoir des analogies avec celui d’Issy-les-Moulineaux, mais pour correspondre à celui d’Epinay, les socialistes auront besoin du projet républicain du MRC et de Jean-Pierre Chevènement, dans les rôles de la CIR et de François Mitterrand.

 

Jean-Luc Mélenchon n’a pas attendu pour quitter le navire et créer un nouveau parti de gauche, avec des groupes politiques qui refusaient le traité de Lisbonne (voir sur ce blog Mélenchon jette les bases d'un nouveau parti de gauche à l'allemande - 8 novembre 2008 - et Mélenchon annonce la création du «Parti de gauche», Libération, 12 novembre).

 

Cet article est le 77ème article paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08

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Published by SORIN Michel - dans Gauche France
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