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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 16:30

 

Le parti socialiste est victime d’un accident démocratique

 

Lors des congrès du PS, il y avait jusqu’à présent « la nuit des longs couteaux », pendant laquelle les responsables des motions recherchaient la synthèse entre les textes, de façon à présenter le dimanche matin aux délégués le résultat des travaux de la commission des résolutions.

 

A Reims, cette tradition n’a pas été respectée parce que la motion mise en avant par le vote des adhérents et celle qui la portait avec l’objectif d’être candidate à la direction du parti (motion E - Royal) n’ont pas rempli les conditions pour être reconnues par les trois autres, en tant point d’appui à la recherche d’une synthèse.

 

Lors de ce congrès, ce qui a primé, c’est la personnalité de celui ou celle qui allait remplacer François Hollande à la tête du parti. Les institutions internes n’ont pas fonctionné comme elles l’auraient dû : d’abord un accord majoritaire sur les orientations politiques et, ensuite, l’élection du premier secrétaire.

 

Ségolène Royal a pensé : « ils me font l’affront de refuser mon texte et ma personne. Qu’importe ! Je vais gagner le vote des adhérents le 20 novembre et ils seront obligés d’accepter mes orientations ensuite ».

 

Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon ont essayé de s’accorder sur un texte (c’était fait dans la nuit « des longs couteaux ») et sur une personne (en vain). Ils ont alors misé sur le vote des adhérents des 20 et 21 novembre, disposant d’un potentiel de voix plus important au départ, selon les résultats des votes du 6 novembre.

 

Mais la signification des trois votes successifs des adhérents (6, 20 et 21 novembre) est très claire :

-          Ségolène Royal a progressé à chaque fois sans bénéficier de reports de la part d’autres motions (29%, 43%, 50%).

-          Martine Aubry a progressé aussi (24%, 34%, 50%), mais en recevant les désistements des deux autres motions ou, du moins, de leur chef de file, Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon.

 

Cela signifie clairement que l’équipe Royal a puisé sa dynamique dans la volonté des adhérents de la voir arriver à la tête du PS d’une part, et dans le rejet des autres, notamment ceux qui ont été aux responsabilités depuis longtemps, qualifiés gentiment « d’éléphants ».

 

L’aléa démocratique qui vient compliquer la situation est la quasi égalité de voix qui se sont portées sur les deux candidates (50,02% pour Martine Aubry - 49,98% pour Ségolène Royal, 42 voix d’écart), ce qui incite le camp Royal à tenter par tous les moyens, y compris les moyens légaux, à remettre en cause le résultat du scrutin, au risque d’accentuer le rejet dont il est l’objet.

 

François Hollande se trouve à point nommé pour jouer un rôle modérateur et préparer sa succession (et, peut-être, son avenir) lors du Conseil national, qui aura lieu mardi 25 novembre. Dans ce qui est l’instance suprême du pouvoir, la majorité ne sera pas Royal. Toutefois, cette majorité devra tenir compte, le cas échéant, d’irrégularités dans les votes le 21 novembre, si celles-ci étaient prouvées, ce qui pourrait l’amener à décider un nouveau scrutin pour élire la première secrétaire.

 

Cet épisode électoral apporte de l’eau au moulin de ceux qui, comme Jean-Pierre Chevènement, militent en faveur du projet de confédération de tous les partis de gauche et de primaires à gauche dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012 (voir Chevènement (MRC) pour un «grand parti de toute la gauche», sur le blog du président du MRC, le 16 novembre 2008). Notons que Benoît Hamon et Ségolène Royal sont en accord avec l’idée d’organiser des primaires.

 

Pour en savoir plus, lire cette revue de presse :

 

- Royal demande un nouveau vote, Aubry refuse et Le PS en chantier (Libération, 22 11 08) ;

   

- PS : un vote, pas de résultats mais une crise ! (Marianne, 22 novembre) ;

 

- Les douze travaux de la nouvelle première secrétaire ((Le Figaro, 21 novembre) ;  

 

- PS : Aubry l'emporte de 42 voix, Royal réclame un nouveau vote

Aucun vainqueur n'a cependant été proclamé vendredi soir et la confusion règne. Revivez la tragique nuit du PS sur Rue89. La suite

 

Et, puisqu’il est souvent fait référence au congrès d’Epinay, lire l’article paru ce 22 novembre sur le blog de Xavier Dumoulin Parti socialiste : une histoire de Congrès à écouter sur France culture (extrait, ci-après)

Second épisode : François Mitterrand s’empare du Parti socialiste à Epinay (juin 1971)
Le congrès d’Epinay qui débute le 11 juin 1971 constitue la dernière phase d’un long processus de rapprochement entre une vieille SFIO affaiblie et un ensemble de « clubs » créés depuis les débuts de la Cinquième République dont la Convention des institutions républicaines (CIR) dirigée par François Mitterrand.

Ce dernier, candidat unique de la gauche socialiste, obtient un excellent score aux présidentielles de 1965 mettant en ballotage le général de Gaulle. Le départ de celui-ci à l’issue du référendum d’avril 1969 change le calendrier du processus de fusion.

La SFIO propose d’avancer le congrès d’unification qui se tient en juillet 1969 en l’absence des conventionnels. C’est Alain Savary qui prend la direction de l’ancienne SFIO et il est alors convenu qu’un débat de fonds devra être organisé avec le parti communiste et qu’un nouveau congrès d’unité devra se tenir en juin 1971.

Personne ne dispose d’une majorité lorsque le congrès s’ouvre. Il y a cinq motions en présence : Savary-Mollet ; Poperen ; Chevènement ; Mauroy et Mermaz-Pontillon. Pour prendre la direction du parti et conquérir à terme le pouvoir, François Mitterrand défend la stratégie de l’union de la gauche.

Dans son discours d’une grande ferveur socialiste, le futur leader de la gauche parle de rupture avec le capitalisme et d’appropriation collective des grands moyens de production. Manœuvre d’appareil ou bataille d’idées ?

François Mitterrand l’emporte en s’alliant avec l’aile droite du parti incarnée par Pierre Mauroy et Gaston Defferre et son aile gauche, animée par Jean-Pierre Chevènement au sein du Ceres. Cette grande alliance Defferre-Mauroy Mitterrand-Chevènement qui créée la surprise générale a en fait été préparée bien avant le congrès et triomphe le 13 juin de justesse sur l’équipe Savary-Mollet-Poperen.

En devenant le premier secrétaire du parti, François Mitterrand impulse certainement une dynamique de rénovation au sein de la gauche socialiste et a désormais les moyens de défendre sa stratégie d’union de la gauche. En juin 1972, le PC, le PS et le Mouvement des radicaux de gauche signe d’ailleurs le Programme commun.

 

Lire aussi, à propos du congrès d’Epinay, fondateur de l’actuel PS, en 1971 :

 

Le congrès du PS à Epinay en 1971, raconté par Jean-Pierre Chevènement - 10 novembre 2008

 

Cet article est le 82ème article paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08

 

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Published by SORIN Michel - dans Gauche France
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