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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 23:38

Extrême  volatilité des cours des matières premières

 

Sait-on ce qui attend le monde en 2009 ? Les indices sont alarmants en ce qui concerne l’économie. La crise n’épargne aucune zone géographique de la planète. Le monde va devoir payer la folie d’avoir laissé la finance s’engager sans contrôle dans des innovations sans fin, dont le seul but était de maximiser les profits financiers à très court terme.

 

Les dirigeants des Etats-Unis d’Amérique en portent la plus lourde responsabilité, mais les complicités n’ont pas manqué en Europe et, partout, dans le monde. Toute l’organisation économique est à reconsidérer. Une telle catastrophe fait perdre toute crédibilité au capitalisme financier, voire au capitalisme dans sa finalité profonde, qui est l’accumulation du capital, alors que la finalité d’une société humaine est d’organiser la vie économique et sociale en bonne intelligence.

 

Voici deux articles qui abordent la question de la grande variation des cours des matières premières et la nécessité d’organiser une régulation, sans laquelle il est impossible d’organiser la vie économique.

 

Isabelle Mouilleseaux publie chaque jour des informations sur les matières premières (voir www.publications-agora.fr). Ce 8 décembre, elle s’exprimait ainsi (extraits). Pour lire l’article en entier et dans son contexte, cliquer sur le titre.

 

L'économie s'enfonce ; les matières premières plongent


La semaine qui vient de s'écouler confirme très nettement la gravité de la situation ; les indicateurs montrent partout une contraction brutale de l'économie, tant aux Etats-Unis qu'en Europe.


Nous sombrons dans les profondeurs de la crise
. Et contrairement à ce qui se passe habituellement, pas une seule zone géographique n'est épargnée, ce qui assombrit davantage encore les perspectives, plus un seul moteur n'étant opérationnel. Les Etats-Unis sont en récession depuis un an, l'Europe le sera l'année prochaine. Partout l'activité industrielle s'effondre. Même la Chine, dont la croissance ralentit fortement, nous a annoncé la semaine dernière un indice des directeurs d'achats (PMI) catastrophique. Cet indice donne la température du secteur manufacturier.


Face à l'ampleur du mouvement, les Chinois ont baissé leur taux d'intérêt de 1%, ont laissé se déprécier le yuan contre dollar et ont massivement diminué les réserves obligatoires des banques afin de soutenir le crédit et de relancer l'économie qui s'enlise (…).


Les Banques centrales frappent fort. Très fort. La BCE a fait un geste historique en abaissant son taux de 75 points de base. La Banque de Suède les a baissé de 1,75% et la Banque d'Angleterre de 1%, ramenant ainsi son taux directeur à 2%. Du jamais vu depuis 1939 ! Normalement, les marchés auraient dû fortement rebondir. Il n'en a rien été. Le CAC a perdu plus de 8% sur la semaine. Les investisseurs en veulent plus encore.


Enfin, le coup de grâce est venu vendredi des Etats-Unis où les destructions d'emploi sont massives et en très forte hausse. 533 000 emplois détruits rien qu'en novembre ; 1,25 million depuis septembre ! On n'avait pas vu cela depuis 1974. La récession, qui a débuté il y a an, s'est à présent propagée à tous les secteurs de l'économie.


Quel calvaire pour le consommateur américain
 : il est surendetté, la valeur de ses actifs s'est effondrée et son taux d'épargne est quasi inexistant. Et voilà qu'on le met à la porte. Je persiste à croire que si la consommation américaine devait s'arrêter, la récession serait d'une violence inouïe.

Il est également de plus en plus probable que les classes moyennes connaissent des difficultés de remboursement sur leurs cartes de crédit. Si ce devait être le cas, nous aurions alors une réplique de ce que nous avons connu avec les subprime.


Inutile de vous dire que les matières premières se sont fortement repliées cette semaine, tant sont fortes les craintes d'une récession mondiale sévère (…).


Ce même 8 décembre, on pouvait lire sur le site du Monde économie un article signé Adrien de Tricornot, qui reprend des avis critiques de personnalités qualifiées (cliquer sur le titre).

 

Les dégâts économiques de fluctuations brutales

 

Entre l'été et l'automne, les cours des matières premières ont d'abord atteint des records historiques, avant de chuter à leur plus bas niveau depuis six ans... Le prix du baril de pétrole a été divisé par trois, ceux du cuivre et du blé par deux et demi.

 

L'effondrement n'a pas empêché des fluctuations erratiques au jour le jour, des mouvements de yo-yo comme sur les marchés boursiers. Les tentatives de prévisions et de couverture des fluctuations des prix alimentaires ou énergétiques sont ainsi déjouées, remettant en question le fonctionnement des marchés à terme, les empêchant de jouer leur rôle d'assureur contre les variations futures des cours. Censés prévoir ces variations, ces marchés réagissent en réalité à très court terme.

La volatilité qui les affecte illustre "leur forte sensibilité à toute nouvelle information qui arrive aux oreilles des opérateurs", explique Alexandre Gohin, directeur de recherches à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Rennes.

 

Les matières premières se sont "financiarisées" à l'excès. On peut parier sur des contrats à terme - des "futures" - sans qu'il soit nécessaire in fine d'acheter de la marchandise. Dans l'envolée des prix de cet été, déconnectée du ralentissement économique mondial, Albert Edwards, stratégiste de la Société générale, pointe une "aberration exceptionnellement forte".

 

Dans l'incrédulité générale, il avait alors prédit que le prix du baril allait redescendre rapidement, vers les 60 dollars : "L'indice CRB des matières premières évolue normalement en fonction de la production industrielle mondiale. Mais les matières premières sont devenues une catégorie d'investissement, un actif spéculatif.
Dans une bulle, tout le monde se copie et cela change la structure du marché. On pouvait prévoir l'effondrement, l'effet domino",
explique-t-il. "La chute brutale des cours va continuer, à l'exception de l'or", qui restera une valeur refuge, estime M. Edwards : il prévoit non seulement une récession dans les pays développés en 2009, mais encore une croissance "proche de zéro" dans les pays émergents.


Mais la volatilité renforce l'incertitude pour les agents économiques. Fixer à l'avance, par des contrats à terme, les coûts du carburant ou d'une matière première peut se révéler perdant. "Ne pas se couvrir est un choix certes risqué. Mais se couvrir peut être aussi dangereux ! Il ne faut en tout cas pas se couvrir au-delà des besoins de la production prévue...", explique un cadre dirigeant de l'agroalimentaire.


Comment nourrir la planète dans de telles conditions ?
"Les producteurs agricoles ne peuvent pas réagir immédiatement à ces variations extrêmes, tout simplement parce que les décisions de production sont annuelles pour de nombreuses activités agricoles", explique M. Gohin. Ils doivent donc anticiper la rentabilité future... sans l'aide des indications de marché. "Clairement, la volatilité actuelle ne facilite pas ses prises de décision", poursuit-il. Les outils de régulation des prix, quand ils existent, permettent cependant d'atténuer ces fluctuations. Les agriculteurs européens ont été longtemps protégés par la politique agricole commune (PAC). Malgré sa réforme récente, ils restent "mieux protégés que de nombreux autres producteurs, par les aides directes d'une part et par les prix minimums d'autre part". D'autres producteurs, "tout spécialement nord-américains, bénéficient également d'importants filets de sécurité (aides directes contre-cycliques, assurances subventionnées...)", explique M. Gohin.


Mais ce n'est pas le cas des paysans des pays pauvres
. "Le manque de prévisibilité des prix est un des obstacles majeurs à l'augmentation des productions vivrières en Afrique", explique Bernard Bachelier, directeur de la Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (FARM). Selon une étude de la FARM et du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), qui sera présentée le 16 décembre, les consommateurs urbains ont subi en Afrique la hausse des prix importés tels que le blé et le lait, alors que "cette hausse n'a bénéficié que rarement aux producteurs africains, et seulement très partiellement", résume M. Bachelier. Ces derniers ont été handicapés par les aléas climatiques, le fonctionnement des marchés, les problèmes de transport ou l'impossibilité d'accéder au crédit pour acheter des engrais. Maintenant, les prix mondiaux baissent. En Afrique, la saison ayant été bien pluvieuse, les récoltes seront bonnes... "et les prix vont baisser pour tout le monde. Les paysans africains, à de rares exceptions près, n'auront pas eu le temps de profiter de la hausse", conclut M. Bachelier.


De son côté, la volatilité des produits énergétiques, particulièrement élevée, "tend à rendre plus difficiles les décisions d'investissement" dans le secteur, explique
Jean-Marie Chevalier, professeur à l'université Paris-Dauphine. "Une volatilité persistante - et on ne voit pas pour quelle raison elle pourrait cesser - est de nature à repousser, et peut-être, à réduire les investissements dont on a besoin pour assurer l'équilibre entre l'offre et la demande dans le futur", redoute-t-il. Pourtant, la baisse brutale de l'or noir n'a pas fait disparaître la question fondamentale de sa rareté future : "L'argument structurel est vrai, mais il n'explique pas les variations du prix, lié au cycle économique et à la spéculation. Le pétrole sera peut-être à 250 dollars dans cinq ans. Mais il va d'abord continuer à baisser jusqu'à 30 dollars, 20 dollars ? Qui sait ?", estime M. Edwards.


Dans ce contexte, l'argument de la baisse invoqué par les compagnies pour ne pas investir est "grotesque et malhonnête" juge
Jean-Paul Pollin, professeur d'économie à l'université d'Orléans. Si les pétroliers pensent que les prix vont remonter, ils devraient lancer des investissements : "Ils ont largement la possibilité de se financer pour ce faire, dit-il. En réalité, les producteurs ne sont pas les victimes mais largement les acteurs de ces fluctuations des prix de matières premières. C'est bien parce qu'ils ne planifient pas leurs investissements sur le long terme que les marchés sont aussi volatils. Pour cette raison, on peut penser qu'une régulation de ces prix pourrait être une bonne idée", dit M. Pollin, qui préconise un accord mondial à cet effet sous l'égide du Fonds monétaire international. Quand l'assureur - le marché à terme - se transforme en casino, la régulation revient à l'ordre du jour.

 

Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie.

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Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
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