La crise économique, l’énergie et le climat, l’Irlande
Le président Sarkozy aura, les 11 et 12 décembre, à Bruxelles, un ordre du jour (un « agenda ») très chargé pour le dernier Conseil européen de la présidence française.
L’Union européenne doit apporter une réponse des 27 Etats membres à la crise économique et, aussi, clore les négociations sur le paquet énergie-climat. Ce sont les deux dossiers les plus importants, mais il y en a un autre qui titille le président : c’est le processus de ratification du traité de Lisbonne.
Crise économique : la démarche est laborieuse, car il manque la volonté de coordonner les politiques économiques des Etats. Les plans de relance sont nationaux. L’Allemagne rechigne à s’engager, ce qui la met à l’écart du mouvement d’ensemble en faveur du soutien à l’économie.
Energie-climat : la question difficile porte sur la solidarité financière vis-à-vis des pays de l’est de l’Europe, concernant les objectifs environnementaux de l’UE. Les centrales électriques au charbon produisent la quasi-totalité de l’électricité (95%) en Pologne et presque autant chez ses voisins. La prise en charge des droits d’émission de gaz à effet de serre est mal acceptée par 9 pays de l’est, qui mettent en avant leurs propres contraintes.
Ratification du traité de Lisbonne : le cas du référendum irlandais est le
plus délicat, mais la situation particulière de la République tchèque, qui va prendre la présidence au 1er janvier, n’est pas banale non plus.
- Irlande : pas d’application du traité de Lisbonne tant que l’Irlande ne l’a pas ratifié.
Ce que j'ai entendu, le 3 décembre à Bruxelles (dans les locaux du parlement européen), de la bouche d'un
député européen influent (PPE), c'est la décision prochaine de proposer à l'Irlande un nouveau référendum à la façon danoise après leur refus de ratifier le traité de Maastricht
en 1992.
Les danois ne voulaient pas avoir la même monnaie que les allemands; c'est la raison pour laquelle
ils disaient non à l'euro.
Alors, on les a fait voter sur la question suivante : acceptez-vous l'union monétaire, dont le Danemark ne fera pas partie ? Ils
avaient répondu oui, ce qui avait permis la ratification du traité et l'adoption de l'euro.
De la même façon, les irlandais seront invités à se prononcer par un nouveau référendum sur une
nouvelle question, à laquelle ils devraient répondre oui sans problème...
Le site de Marianne (Sylvain Lapoix, 9 décembre), évoquait aussi le cas irlandais : Nouveau référendum irlandais: the yes needs the no to win against the no…
Sur son blog, hier, Jean Quatremer, apportait sa version de l’évènement : Lisbonne: la réforme de la Commission abandonnée.
- République tchèque : la ratification est reportée à une date indéterminée.
Lire, sur ce point, l’article paru hier sur le blog de Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles Lisbonne: nouveau pas de deux tchèque.
Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.
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