Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 21:26

Une politique européenne faite par les nations

 

La présidence française s’est quasiment achevée avec le débat ce 16 décembre au Parlement européen. Comme le dit Cohn-Bendit : "Sarkozy a redonné de la crédibilité à la France dans l'UE". Au-delà, il a su faire exister l’Union européenne dans une période marquée par des troubles militaires et financiers, se glissant dans la brèche ouverte par l’effacement des USA.

 

En se comportant en vrai président de l’UE, alors qu’il n’était que président du Conseil européen, le président Sarkozy a montré l’ascendant des Etats sur les institutions européennes. En fait, il a interprété à l’anglaise ces institutions, ce qui a beaucoup plu à Gordon Brown. La Commission a été remise à sa place et le Parlement a joué son rôle, notamment sur le dossier énergie-climat.

 

La crise financière lui a permis de délaisser les dogmes, jusque-là intangibles. Il s’est affirmé subitement partisan de l’interventionnisme des Etats, de manière temporaire, quand ses amis actionnaires des grandes banques et firmes multinationales sont en difficulté, de manière à les remettre sur le droit chemin du profit. Pas question d’exiger un droit de regard de l’Etat dans les conseils d’administration, ce serait inconvenant.

 

On peut se demander si ce président tient vraiment à ce que s’applique le traité de Lisbonne qui renforce les institutions communautaires (Commission et Parlement). Voir sur ce blog les articles 2007-08 Traité de Lisbonne),

 

Il reste deux obstacles à la ratification du traité : la République tchèque - qui va présider le conseil européen au premier semestre  2009 et devrait procéder à une ratification parlementaire durant cette période - et l’Irlande, qui a été fortement incitée à accepter d’organiser un nouveau référendum avant la fin septembre 2009, de manière à ce que le traité s’applique à la mise en place de la nouvelle Commission, après le renouvellement du Parlement le 7 juin.

 

Voici Les dernières avancées de la présidence française de l'UE (Le Monde, 12 décembre).

 

Nicolas Sarkozy a tenu, vendredi 12 décembre à Bruxelles, sa conférence de presse de clôture du dernier conseil européen de la présidence française de l'Union européenne. L'occasion de mettre un dernier coup d'accélérateur sur les sujets non-résolus pendant la présidence, et de tirer le bilan des six mois de présidence Sarkozy.


Traité de Lisbonne.
Dossier le plus brûlant de la présidence française : sortir l'Europe de l'impasse, après le "non" irlandais au traité de Lisbonne. Vendredi, à Bruxelles, les Vingt-Sept ont décidé de faire revoter les Irlandais. En échange de concessions accordées à Dublin, comme le maintien de son commissaire à Bruxelles, l'Irlande devra organiser un nouveau référendum sur le traité d'ici à novembre 2009. Peu après, le premier ministre irlandais Brian Cowen a confirmé les termes de l'accord, indiquant qu'il était "prêt" à organiser un référendum.


 Relance. "Tout le monde a montré son accord absolu sur la gravité de la crise." Nicolas Sarkozy a affiché sa satisfaction, vendredi, en annonçant que les Vingt-Sept s'étaient entendus "sur la nécessité d'une
relance aux environs de 1,5 point de PIB", soit 200 milliards d'euros, pour tenter d'enrayer la crise économique qui sévit sur le continent.


TVA dans la restauration.
Echec, en revanche, sur la demande française d'appliquer des taux réduits de TVA au secteur de la restauration. L'Allemagne, hostile à cette idée, s'est opposée "catégoriquement" à ce que le plan comporte un engagement sur les taux réduits de TVA parmi les mesures à prendre pour combattre la récession.


Plan climat.
Le président a qualifié d'"historique" l'accord de l'UE sur son plan de protection du climat et de réduction des émissions de CO2.

Chine.
Nicolas Sarkozy a assuré, vendredi, qu'il retrouverait "les moyens de dialoguer sereinement avec la Chine", mais sans renoncer "aux valeurs européennes". Citant les rencontres du dalaï-lama avec plusieurs responsables européens, parmi lesquels le premier ministre belge, il a affirmé qu'il n'était pas le "seul responsable" de la dégradation des relations entre Pékin et l'Europe. "Il n'y a qu'une seule Chine. Je le dis pour Taïwan et pour le Tibet", a conclu le président de la République pour rassurer ses partenaires chinois.


République démocratique du Congo.
Le président français s'est montré très sceptique sur la nécessité d'envoyer une mission européenne en RDC, suggérant plutôt d'y déployer des forces africaines. "En RDC, le problème n'est pas du tout que l'Europe ne veut pas y prendre sa part. L'Europe est prête à y prendre sa part". Mais "quand il y a déjà 17 000 soldats de l'ONU et qu'on m'explique qu'il n'y en a que 800 qui servent, je me demande si c'est la peine d'en envoyer 3 000 de plus". Il a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait sur place en janvier, avec le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner.


… et
les commentaires d’un spécialiste, Arnaud Leparmentier (Le Monde, 13 décembre).


Il était radieux, il jubilait. Nicolas Sarkozy couronnait, vendredi 12 décembre, sa présidence de l'Union européenne (UE) par un accord sur le climat. Non pas après une nuit exténuante de négociations, mais, pile à l'heure, vers 13 heures. Du jamais-vu. "Je n'ai pas envie de négocier jusqu'à 4 heures du matin pour trois cacahuètes", a déclaré M. Sarkozy, en résumant, goguenard, sa présidence : "Je n'ai aucun regret." Pas un regret alors que les Européens ont été incapables de décider d'un plan de relance économique coordonné : les Britanniques et les Espagnols soutiennent la demande, tandis que les Français et les Allemands privilégient l'offre. L'habillage de la Commission ne fait guère d'illusion, alors que nul n'est prêt à augmenter la solidarité budgétaire en Europe.


L'essentiel est ailleurs : en six mois, l'humeur a radicalement changé en Europe
. Le Vieux Continent a vécu au rythme des crises financière et géorgienne et du tempérament de Nicolas Sarkozy. Le calendrier a été bouleversé, les réunions multipliées. Les partenaires ont été rudoyés, à l'instar du président polonais qui se vit refuser le micro : "Quand on est vingt-sept, on prend la parole une fois et pas six fois", a affirmé M. Sarkozy devant la presse. Les dirigeants réticents, mis face à leurs responsabilités : "C'est non négociable ? Prépare-toi à annoncer l'échec." Le tout en faisant fi des procédures. Mais les résultats sont là, meilleurs que d'habitude, et les dirigeants européens s'en sont satisfaits, ravis de sortir de leur immobilisme. "Les belles années de l'Europe, elles sont devant nous si on veut bien continuer à ce rythme", a assuré le chef de l'Etat.


Les Européens connaissent l'adage de Jean Monnet, l'un des pères de l'Europe : "Rien n'est possible sans les hommes, rien n'est durable sans les institutions." Et, dès le 1er janvier 2009, l'Europe peut retomber dans sa léthargie faute de leadership - la présidence va être exercée par les eurosceptiques Tchèques - et d'institutions adaptées, le traité de Lisbonne étant suspendu au second référendum irlandais.


Toutefois, certains acquis sont incontestables. L'Europe a surmonté le traumatisme de l'après-11 septembre 2001, lorsqu'elle s'était déchirée sur la guerre en Irak et le pacte de stabilité. Les crises géorgienne et financière lui ont permis de faire son unité et de croire en elle-même. La France se sent de nouveau chez elle en Europe, après être sortie du jeu à Nice en 2000. Jacques Chirac et Lionel Jospin s'étaient révélés incapables de préparer l'élargissement de l'UE aux pays de l'Est. Les experts avaient diagnostiqué "la fin du jardin à la française" en Europe (Daniel Vernet, Le Monde du 15 décembre 2000). Huit ans plus tard, la querelle française sur l'élargissement est close : les nouveaux membres n'ont pas entravé la volonté politique de Paris, qui a donné en échange des gages d'atlantisme.


Ces clarifications ne préparent pas un retour à l'
Europe de Jacques Delors, au contraire. Insensiblement s'opère une modification de la nature de la construction européenne, fondée sur le droit. Cette vision correspondait aux aspirations allemandes et des pères fondateurs, qui, instruits par l'histoire, se méfiaient des hommes politiques. La machine avait fini par se scléroser et M. Sarkozy a pu orchestrer un retour en force des Etats au nom du primat du politique.


Cette révolution néogaulliste, intergouvernementale
, accélère le déclin de la Commission, même si M. Sarkozy a veillé à emmener dans ses déplacements son président, José Manuel Barroso. L'institution bruxelloise peine à prétendre qu'elle incarne l'idéal européen, ce rôle étant de plus en plus dévolu au Parlement. Le président français veut la confiner à un rôle de gardienne des traités. Et encore ! Des traités soumis au bon vouloir des Etats, puisque M. Sarkozy veut des règles de concurrence et budgétaires assouplies. En décidant, vendredi, de conserver une Commission pléthorique, composée d'un commissaire par Etat, les Vingt-Sept ont enterré l'idée qu'elle puisse devenir un gouvernement fédéral de l'Europe.


S'y ajoutent deux victimes de la présidence Sarkozy : le premier ministre luxembourgeois,
Jean-Claude Juncker, qui préside le forum des ministres des finances de la zone euro et l'Espagnol Javier Solana, responsable européen de la politique étrangère. Leur poste doublonne avec celui du président du Conseil européen, dont l'expérience vient de monter qu'il fallait mieux qu'il fût fort.


Lire aussi
 Nicolas Sarkozy : "L'Europe m'a changé" (Nouvel Observateur, 16 décembre) et Nicolas Sarkozy plaide pour une Europe des nations, politique (Le Monde16 décembre).

.

Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

Partager cet article
Repost0

commentaires