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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 20:42

Vers un capitalisme d’Etat à caractère autoritaire

 

Entre le début et la fin de cette année 2008, il s’est produit beaucoup d’évènements importants, qui ont eu des conséquences sur la gestion politique de la France par le président de la République. Je n’évoque pas ici la présidence française européenne, qui fera l’objet d’un article distinct.

 

Hier (voir Les spécificités du système éducatif français, selon Philippe Barrieu), je me suis autorisé à glisser ce constat, réaliste mais critique, de l’action de Nicolas Sarkozy :

 

Le président de la République est très malin pour semer la zizanie politique chez ses adversaires socialistes. Il l’est moins pour comprendre que sa politique libérale, dans le contexte actuel, ne peut que monter la société contre lui. Et comme il veut tout régenter, s’il persiste sur cette voie, il court le risque de n’avoir le choix qu’entre la démission et la capitulation…

 

Aujourd’hui, je vais étayer ces observations par des analyses lues, récemment, dans la presse.

 

- D’abord, cet édito de Pierre Haski, daté du 20 décembre, dont je prends connaissance ce jour grâce à Vendredi, dont le but est de rassembler « les meilleures infos du Net ».

 

Sarkozy ou les contresens de la com en temps de crise

Je participais le 19 décembre au "Téléphone sonne" de France Inter avec Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, qui tentait d'expliquer que Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos n'avaient pas "reculé" sur la réforme des lycées, mais simplement décidé d'"avancer plus lentement". Au-delà de ce beau mariage de la sémantique et de la langue de bois, il y a une véritable interrogation sur la "méthode Sarkozy" à l'issue de cette année douloureuse.

Les derniers jours ont été chauds: la réforme de l'audiovisuel public imposée par la force alors que le débat parlementaire agité ne permettait plus de tenir le calendrier décidé par le président; la loi sur le travail le dimanche reportée à janvier et vidée de sa substance suite à la fronde de députés UMP; la réforme des lycées reportée aux calendes (allez, j'ose...) grecques pour cause de risque d'émeutes "à la Grec" justement... Une série désastreuse pour un président qui a fait de la volonté sa marque de fabrique, et qui, c'est peu de le dire, n'aime pas les revers (…).


Un surprenant éloge de la lenteur après une année catastrophique

Alors que l'année 2008 s'achève (ouf!), et que l'Insee nous promet une année 2009 littéralement catastrophique sur le plan de l'emploi et de la (dé)croissance, il est assez surprenant d'entendre cet éloge de la lenteur dans la bouche du porte-parole préféré de Nicolas Sarkozy!

Il y a, en fait, un véritable contresens dans l'action et la communication gouvernementales en ce moment. A entendre Frédéric Lefebvre défendre d'arrache-pied la réforme imposée de l'audiovisuel public, celle, édulcorée, du travail du dimanche, ou celle mort-née du lycée, on se demande à quelles priorités correspondent ces choix au moment où le pays entre de plain-pied dans la récession. Et à entendre vendredi matin Xavier Darcos, pas vraiment inspiré, mettre en cause l'extrême gauche dans l'agitation lycéenne contre son projet de réforme, on est au-delà du contresens, on est dans l'absurde.

Les jeunes n'ont pas besoin de l'extrême gauche pour sentir que c'est un avenir plein d'incertitudes qui les attend, et ils sont de moins en moins sûrs, avec leurs parents et leurs enseignants, que l'école de la République les prépare au mieux pour ce monde en pointillés. Le maintien des suppressions de poste dans l'éducation nationale contribue à brouiller les pistes au moment où il faudrait les éclairer.


Donner des signes concrets d'équité au cœur de la crise mondiale

Plutôt que de chercher des boucs émissaires, Nicolas Sarkozy, ses ministres et ses porte-parole devraient parler clairement aux Français, aux adultes qui se sentent tous menacés aujourd'hui dans leur statut social, comme aux jeunes qui se demandent à quel monde on les prépare. Et surtout donner des signes concrets d'équité au cœur de la crise mondiale et pas seulement française que nous traversons.

Et l'opposition n'est pas épargnée par le reproche. Ni le gouvernement ni l'opposition n'ont aujourd'hui le discours adapté à l'ampleur de la crise qui s'annonce : quelle France sortira de cette tempête? Quels sont ses atouts? Ses faiblesses? Le modèle social doit-il changer? Quels sacrifices seront nécessaires et qui les assumera (…) ?

Voir le sujet d'origine sur le site de Rue89.

 

- Dans un autre registre, lire l’article paru sur le site de Marianne (Juan, 14 décembre) : Nicolas et ses petites contrariétés

 

- Dans Vendredi, le 20 décembre, Malakine reproduit, sur son blog, les propos d’Emmanuel Todd. 
 Avec ce titre fort : Emmanuel Todd : « L’Etat fort au service du capital, c’est le fascisme ».

Voici un extrait, qui concerne le président dans sa politique intérieure (voir horizons.typepad.fr).


(…) Une dérive autoritaire est-elle à redouter ?


Nous assistons aujourd'hui, en France, à une course de vitesse entre la remontée d'une vraie gauche (ce qui se passe au Parti socialiste est très intéressant) et une tentation autoritaire à droite. Les signes sont clairs. Le paradoxe du sarkozysme, c'est une grande agitation doublée d'un autoritarisme naturel.

Il faut prendre très au sérieux les bavures policières, l'obsession du sécuritaire, la mise en tutelle de l'audiovisuel, y compris par l'intermédiaire du propriétaire de TF1. Lorsque l'État se met à servir directement les intérêts des grands groupes privés, cela rappelle de bien mauvais souvenirs. Et arrêtons de penser que le retour de l'État est lié à la gauche. L'État fort au service du capital, c'est le fascisme.

Cela dit, restons raisonnables : la France a une vraie culture libérale qui la met à l'abri du fascisme. Le pire qu'elle ait produit, ce sont les divers régimes bonapartistes. La forme française classique de l'autoritarisme de droite est une dictature non fasciste. Mais après tout, Nicolas Sarkozy a été élu à cause de la peur et de l'insécurité, il pourrait, demain, être tenté de profiter d'une flambée de violence.


Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie La droite en France

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