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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 15:37

Israël ne connaît d’autre stratégie que la force

 

Les dirigeants israéliens ont pris leurs ennemis du Hamas par surprise. Maintenant, ils vont aller jusqu’au bout pour atteindre leur but : reprendre le contrôle de Gaza. C’est, du moins, ce qu’on peut comprendre en lisant l’article du quotidien Le Monde, ce 29 décembre : A Gaza, une offensive soigneusement préparée aux objectifs multiples.

 

Cette offensive était prévisible (voir l’article paru sur ce blog le 25 décembre : Noël en Palestine : l'impasse politique du conflit israélo-palestinien).

 

Faute de mieux, ne détenant pas la clé de la solution du conflit, ma contribution se limite à l’information. Le quotidien Libération a fait un effort de pédagogie en livrant, ce 29 décembre, Cinq questions clés sur un nouvel embrasement.

 

Une fois de plus, Pierre Haski, sur son site Rue89, se distingue par sa pertinence et sa capacité à aller à l’essentiel. Voici ce qu’il écrivait hier, 28 décembre (cliquer sur le titre) :

 

Israël-Hamas : il existe d'autres voies que la violence

Il est de bon ton, pour les diplomates, d'appeler Israéliens et Palestiniens à la "retenue", et de condamner dans le même souffle les raids aériens d'Israël et les lancers de roquettes du Hamas. N'étant pas diplomate, je peux essayer d'aller un peu plus loin.

D'abord un constat: la journée du 27 décembre a été la plus meurtrière, entre Israéliens et Palestiniens, depuis 1967, c'est-à-dire depuis l'occupation par Israël des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. C'est dire qu'il ne s'agit pas d'une péripétie de plus dans la longue et sanglante histoire entre ces deux peuples.

Il s'agit d'un choix stratégique décidé par un drôle d'attelage: un premier ministre démissionnaire (Ehud Olmert) en attente de procès pour corruption; une ministre des Affaires étrangères (Tzipi Livni) qui part battue aux élections législatives de février et doit montrer qu'elle "en a"; un ministre de la défense (Ehud Barak) qui a raté sa chance historique de conclure la paix, et qui se retrouve à ce poste par hasard, en raison de l'implosion en vol de son prédécesseur lors de l'invasion du Liban en 2006.

Pour ces raisons d'immense fragilité interne, Israël aurait pu s'éviter de tomber dans le piège de Gaza, de s'infliger et d'infliger aux Palestiniens cette guerre dont pas un seul stratège israélien ne se fait la moindre illusion sur ses chances de succès - si par succès on entend l'objectif d'éliminer ou au moins de saper l'influence et la capacité de nuisance du Hamas.

Certes, il y avait ces foutues roquettes sur Israël, régulièrement meurtrières, qui rendaient la trêve impossible à reconduire, et imposaient une réaction avant les élections de février. Mais n'ont-elles pas simplement servi d'appât pour attirer Israël dans une bataille dont les islamistes sauront tirer profit?

Avec le Hamas, Israël a eu tout faux

Si on prend un peu de recul, on peut se demander pourquoi les Israéliens et les pays qui les soutiennent ont eu tout faux avec le mouvement islamiste palestinien.

L'histoire n'a pas commencé avec les roquettes du Hamas. Les Israéliens, initialement, ont vu d'un bon oeil l'émergence du Hamas, pour concurrencer l'OLP de Yasser Arafat. Avant de réaliser qu'il s'agissait d'un ennemi implacable, très structuré, gagnant en influence par la double action de ses oeuvres sociales et de ses kamikazes. Une paix équitable aurait sans doute permis de cantonner le Hamas dans le rôle d'opposition marginale. Celle-ci s'est révélée impossible.

A la mort de Yasser Arafat, le Hamas était plus fort que jamais, renforcé par l'échec de la paix d'Oslo, la corruption de l'Autorité palestinienne, et les revers répétés d'Israël face au Hezbollah libanais. En l'absence de toute solution politique prévisible, le Hamas a naturellement remporté les élections palestiniennes de janvier 2007, prenant tout le monde par surprise.

Depuis, l'engrenage de la confrontation a été enclenché. Les Occidentaux et Israël ont isolé le Hamas, et transformé Gaza en un enfer sur terre, soumettant ses habitants à ce qu'il fait bien appeler une punition collective pour avoir mal voté. Une stratégie à courte vue qui a eu pour effet de renforcer l'emprise du Hamas sur les malheureux habitants de Gaza.

La violence... et les autres voies

L'équation se résume-t-elle à une confrontation à mort entre deux ennemis implacables? Pas si simple... Certains tentent de sortir de l'impasse par d'autres voies qu'une violence seulement génératrice de haine pour les générations à venir.

On a ainsi vu l'ancien président américain Jimmy Carter braver les condamnations et se rendre à Damas courant 2008, pour finir par amener le Hamas à signer un texte en rupture avec la posture idéologique du mouvement. Et un émisssaire officieux français, le diplomate à la retraite Yves Aubin de la Messuzière a entamé un dialogue discret avec le Hamas à Gaza, afin de tester les évolutions du mouvement, d'abord encouragé, puis désavoué par la diplomatie française.

Le 16 décembre, Yves Aubin de la Messuzière publiait une tribune dans Le Monde, dans laquelle il qualifiait la direction du Hamas de "pragmatique", et appelait à un "dialogue sans complaisance" avec lui. Il plaidait pour une action internationale rapide, à l'approche de la fin de la trêve et, disait-il avec raison, des risques de surenchère de la période électorale israélienne comme d'ailleurs, de la fin prochaine du mandat de Mahmoud Abbas, le faible président de l'Autorité palestinienne.

Le reste du monde aux abonnés absents

Il n'a pas eu l'écho espéré, particulièrement à Paris où le tandem Sarkozy-Kouchner a donné une tonalité plus nettement pro-israélienne à la politique Française. Une initiative diplomatique de haut niveau aurait peut-être permis de désamorcer la crise qui vient d'éclater. Mais qui aurait pris le risque de déplaire à Israël ? Pas Paris, ni Washington en pleine transition... Ni l'Onu durablement effacé. Le monde était aux abonnés absents quand le feu couvait.

La nouvelle déferlante de violence éloigne pour un temps toute perspective de médiation. Lorsque le fracas des armes aura cessé, laissant le problème entier, voire aggravé, il faudra bien se parler. Le dossier du Proche-Orient vient de monter de plusieurs crans dans la liste déjà longue des priorités qui attendent Barack Obama après le 20 janvier. Saura-t-il se montrer innovant ?

La France, qui préside le Conseil européen, est singulièrement absente en cette fin d’année. Il est vrai que les deux têtes de l’exécutif sont en vacances à l’étranger, comme si elles n’avaient pu s’entendre pour que l’une des deux reste en France durant cette période (voir, à ce sujet, l’article de Nicolas Dupont-Aignan sur son blog, le 26 décembre : Je persiste et je signe).

 

Mais la discrétion présidentielle a une autre raison : son alignement sur la politique des USA, plus nettement en faveur d’Israël. De Gaulle s’est éloigné de la présidence en 1969, cela se voit !

 

Cet article est le 6ème sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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