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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 20:29

L’Etat offre 300 millions d’euros pour calmer les céréaliers

 

Juste avant le Salon de l’agriculture, le président de la République s’est déplacé dans une ferme à Daumeray (49). Il a voulu répondre aux inquiétudes du monde agricole après les décisions européennes en novembre 2008 relatives au « bilan de santé » de la Politique Agricole Commune (PAC).

 

Le président et son ministre de l’agriculture sont sous les menaces électorales des producteurs en grandes cultures d’Ile-de-France, le ministre Barnier étant le chef de file de la liste UMP dans cette circonscription aux élections européennes.

 

ORAMA (en grec « ce que l’on voit ») regroupe les productions spécialisées de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), c’est-à-dire blé, maïs, graines oléagineuses et protéagineuses (au niveau national : 325 000 exploitations, 14 millions d’hectares).

 

De tous temps, ces agriculteurs du Bassin Parisien ont su défendre leurs intérêts (proximité de Paris, disponibilité, ressources financières). Ils ont été largement bénéficiaires de la distribution des aides PAC.

 

Lors de la négociation entre les 27 ministres de l’agriculture de l’Union européenne, en novembre 2008, concernant le bilan à mi-parcours 2006-2013 de la PAC, Michel Barnier a obtenu la possibilité de redistribuer jusqu’à 25% des aides publiques européennes (en prenant aux uns - les céréaliers - pour donner à d’autres, qui en ont le plus besoin – producteurs d’ovins et de bovins à viande dans des systèmes herbagers, notamment).

 

Des intérêts divergents au sein de la puissante FNSEA

 

A l’intérieur de la FNSEA, les intérêts divergent entre céréaliers (ORAMA) et éleveurs de vaches allaitantes (Fédération Nationale Bovine, présidée par Pierre Chevalier), concernant la réorientation des aides (9 milliards d’euros par an).

 

Les Jeunes Agriculteurs (le syndicat des jeunes, lié à la FNSEA, mais autonome) interviennent dans le débat, avec des positions proches des syndicats minoritaires - la Confédération paysanne et la Coordination rurale). Ils craignent que la réforme de la PAC mène à « un simple soutien uniforme à l’hectare, déconnecté de la réalité et de la diversité des territoires et des productions ».

 

Ce choix conduit à « l’agrandissement et à la restructuration des exploitations, à la concentration des productions dans certaines régions et à la désertification des campagnes ». Les JA refusent « la convergence des aides » et « la politique agricole des hectares ».

 

Le président de la FRSEA Midi-Pyrénées et secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau*, plaide pour « un rééquilibrage des aides économiques de la PAC en faveur de l’élevage herbager » (L’Avenir agricole, 13 février 2009).

 

De leur côté, les Bretons (producteurs de lait et de viande porcine) craignent d’être pénalisés (Ouest-France, 7-8 février 2009, « Aides PAC : les Bretons craignent le hold-up ». Ils militent pour la régionalisation des aides.

 

Dans le cadre de la redistribution nationale, la Bretagne pourrait perdre 150 millions d’euros ; le revenu moyen des chefs d’exploitation tomberait alors à 11 000 euros par an (actuellement 13 000 €).

 

Les éleveurs allaitants (veaux élevés au pis) veulent maintenir le couplage des aides, c’est-à-dire le lien entre les aides et le nombre de vaches dans le troupeau, ce qui permet de garantir le maintien de l’élevage dans les grands bassins allaitants (Massif central, notamment).

 

Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, qui est lui-même producteur de lait en Bretagne, a le plus grand mal à arbitrer le débat. Il est bien possible que sa décision de ne pas accepter la proposition de Sarkozy de prendre la tête de liste UMP aux élections européennes dans l’Ouest soit en rapport direct avec ces difficultés internes à la FNSEA.

 

Sarkozy partage la crainte de démantèlement de la PAC

 

Afin de calmer les esprits (Ouest-France, 13 février), le président de la FNSEA a exigé du gouvernement qu’il apporte sa contribution (300 millions d’euros, voir le site du Monde, ce 19 février, Sarkozy renonce à geler les crédits de l'agriculture en 2010).

 

Lors de son allocution à Daumeray, le président Sarkozy a annoncé un projet de loi qui sera présenté au Parlement français avant la fin 2009.
 
 

"Je préfère que nous portions nous-mêmes les changements dans le cadre de la nouvelle politique agricole plutôt que nous attendions tranquillement que la catastrophe arrive en 2013", a-t-il justifié.

 

Cette phrase justifie pleinement les craintes du monde agricole à l’égard de ce qui se prépare au niveau européen (voir, sur ce blog NJean Brehon critique le bilan de santé d'une PAC qui n'a plus de sens - 25 janvier 2009).

 

* J’avais rencontré Dominique Barrau le 20 décembre 2006, au siège de la FNSEA. Voir Deux jours de contacts fructueux à Paris sur le thème de la future politique agricole - 22 décembre 2006.

 

 

Cet article est le 117ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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