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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 21:04

Au Salon de l’agriculture, Sarkozy vend l’espoir au rabais

 

Loin des manifestants, le président de la République a inauguré, samedi, le Salon de l’agriculture à Paris (voir Nicolas Sarkozy a inauguré le salon de l'agriculture, Nouvel Observateur, 21 février).

 

La leçon de l’an dernier avait été retenue (voir Interdiction de manifester devant Sarkozy au Salon de l'agriculture, Rue89, 21 février).

 

Le président voulait adresser un message d’espoir à l’agriculture. En fait, il sait que le monde agricole est saisi par l’inquiétude. Les privilégiés n’y échappent pas, ce qui est nouveau.

La volonté du ministre de l’agriculture de redistribuer les aides publiques doit être saluée (voir le précèdent article sur ce blog Sarkozy : une loi pour l'agriculture avant le démantèlement de la PAC - 19 février 2009). Il fait ce qui aurait dû être fait après la réforme de la PAC de 2003.

 

A ce sujet, voici ce qu’écrit Laetitia Clavreul (Le Monde, 21 février) :

 

La France redistribue et dévoile les aides agricoles

 

Dans les allées du Salon de l'agriculture, qui a ouvert ses portes samedi 21 février, les visiteurs s'extasient devant les bêtes de compétition, mais les réflexions des agriculteurs, elles, se focalisent sur la réorientation des aides de la politique agricole commune (PAC).

Les arbitrages du gouvernement seront officialisés lundi 23 février. Puis, le 30 avril, seront publiés pour la première fois les montants des aides touchées par chaque exploitation. Deux événements qui constituent un symbole fort, après des années où l'on se gardait bien, en France, de déballer sur la place publique les débats et les données sur les subventions.

Depuis que l'adoption du bilan de la PAC, fin novembre 2008, a donné à Paris la possibilité de modifier les critères de distribution des aides directes (8 milliards d'euros), les uns se réjouissent, sachant qu'ils toucheront plus, et les autres tirent la sonnette d'alarme, car leurs revenus vont baisser.

Depuis dix-huit mois, le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, plaide pour une PAC plus équitable, et prévoit de rééquilibrer les soutiens au profit des laissés-pour-compte du système, notamment l'élevage ovin, l'agriculture de montagne ou la "bio".

La Confédération paysanne est ravie que la France prenne enfin le virage du soutien à l'agriculture durable. Mais à la FNSEA, le principal syndicat agricole, la future réorientation des aides a révélé des débats entre céréaliers et éleveurs, restés jusque-là discrets. En témoignent leurs communiqués, d'une rare violence.

Le syndicat s'est au final dit favorable à une évolution, mais le sujet y reste ultrasensible. En 2003, lors de la dernière réforme de la PAC, c'est lui qui avait bloqué le changement, restant arc-bouté sur les mécanismes du passé.

Au ministère, on promet que la réorientation, en termes de sommes prélevées, sera "raisonnable". Les céréaliers, premiers concernés par une baisse car ils étaient les plus favorisés, devraient être rassurés par la mise en place d'un système d'assurance qui les couvrirait en cas de retournement des marchés.

Maintes fois pris à parti, M.Barnier semble avoir tenu bon. "Si on ne renforce pas la légitimité de la PAC, alors certains pourraient tout perdre", prévient-il. "Il faut donner du sens à la politique agricole", estime de son côté l'Elysée, qui veut ainsi préparer le secteur à la prochaine réforme de la PAC, en 2013.

La France, première bénéficiaire des aides, sait qu'elle doit s'adapter à une PAC plus préoccupée par l'environnement et le soutien aux zones fragiles, si elle veut que le budget agricole européen ne soit pas trop amputé en 2010, comme le veulent les Britanniques. En outre, à partir de 2013, pour la première fois, la France versera plus qu'elle ne touchera. Si les aides ne correspondaient pas aux attentes de la société et d'une partie des paysans, le front anti-PAC pourrait grossir.

Cette question de la légitimité des soutiens pourrait prendre encore plus de sens, une fois les montants perçus rendus publics. Là aussi, il s'agit d'un long débat porté par la Confédération paysanne. En militant pour la transparence, son idée n'était pas de condamner les aides, mais d'en pointer les dérives et de réclamer une distribution plus favorable aux petites exploitations. En bref, que l'argent public soit mieux utilisé.

Le combat d'agriculteurs dans sa mouvance ainsi que la pression des médias et d'associations ont poussé Bruxelles à rendre obligatoire la publication, au plus tard le 30avril, de tous les montants par le biais de sites Internet nationaux. Jusque-là, la France avait traîné des pieds. Il suffira désormais de taper les coordonnées des exploitations sur www.telepac.gouv.fr pour savoir combien elles touchent.

On sait déjà que 56 % des subventions vont aux 20 % des agriculteurs les mieux dotés, que les plus aidés se situent au nord de la Loire, où les exploitations sont plus grandes. On sait aussi que 5 300 structures sur environ 390 000 touchent plus de 100 000 euros par an, et trente-sept plus de 300 000 euros. Que devrait-on découvrir de plus? Comme dans d'autres pays, où le voile a été davantage levé, que certains gros agriculteurs, que certaines entreprises voire des multinationales, que des hommes politiques ou des personnalités touchent des sommes considérables, quand en moyenne, les exploitants perçoivent 20 000 euros.

Mais il ne s'agira que d'une transparence en trompe-l'œil, regrette la Confédération paysanne. "Un bénéficiaire peut être à la tête de plusieurs structures", note Jacques Pasquier, son secrétaire national. Le syndicat demande la constitution d'un registre national par bénéficiaire. Le ministère de l'agriculture dit se consacrer à la lourde tâche de la publication des données pour toutes les exploitations. Mais, au nom de la nécessaire légitimité de la PAC, on ne s'y dit pas opposé à aller plus loin, mais plus tard

 

Lire aussi le point de vue d’un enseignant chercheur "Un débat franco-français" (Le Monde, 21 février).

 

Le ministre, Michel Barnier, a annoncé, ce 23 février, que 1,4 milliard d’aides seront réorientées en 2010 en France (18% des aides directes). Les céréaliers seront les principaux contributeurs et les bénéficiaires seront l’élevage à l’herbe, les éleveurs caprins et ovins, l’agriculture biologique et celle de montagne. Voir Agriculture : 1,4 milliard d'euros redistribués aux filières en difficulté (Le Monde, 23 février).

   

Cet article est le 118ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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