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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 22:49

Bernanke, l’homme qui injecte des milliards de dollars

 

Hier, nous avons manifesté derrière le slogan « ça suffit ! Refusons de payer leur crise » (voir sur ce blog A Laval et ailleurs, ce 19 mars, le monde du travail était dans la rue).

 

Comment ce slogan pourrait-il devenir réalité sans remise en cause en profondeur du système capitaliste ? Le mal est venu des Etats-Unis d’Amérique. Allons voir de près les moyens qui sont pris au niveau financier pour faire tenir debout l’économie du pays.

 

Isabelle Mouilleseaux a observé le président de la FED, la banque centrale des USA, s’adresser en direct aux Américains sur la chaîne CBS, dans le but de les convaincre de consommer et de s’endetter afin de faire marcher la machine économique. Voici des extraits de l’article qu’on peut lire dans son intégralité sur www.edito-matieres-premieres.fr.

 

Bernanke a raison : seul, il n'y arrivera pas. Croyez-le


Les efforts déployés par la Fed sont absolument inouïs

Pas de doute, nous sommes confrontés à la pire crise économique depuis 1930. Les efforts déployés par la Fed sont absolument inédits :
politique de taux zéro ;
injections massives d'argent liquide dans les banques, les assurances et sur les marchés ;
programme d'aide au crédit hypothécaire et au marché immobilier -- la Fed vient de décider de porter à 750 milliards de dollars ses achats de titres adossés à des créances hypothécaires pour réduire le coût du crédit ;
programme de soutien aux prêts aux particuliers (étudiants, acheteurs de voitures...) et aux petites et moyennes entreprises (après le TARP, le TALF...). Ce programme, d'un budget initial de 200 milliards pourrait être porté à 1 000 milliards de dollars...


Une politique monétaire hyper-expansionniste

Bref, je ne compte plus les centaines de milliards de dollars injectés dans le système pour le sauver de la faillite et relancer la machine économique. Et je ne parle même pas de l'annonce fracassante de la Fed cette semaine d'acheter pour 300 milliards de dollars de T-Bonds américain dans les six mois : la planche à billets tourne à plein régime, la masse monétaire gonfle.


Le bilan de la Fed gonfle comme une grenouille voulant devenir un boeuf !

Il doit tourner autour de 2 000 milliards de dollars. De mémoire, le PIB américain est de l'ordre de 14 700 milliards de dollars... C'est vous dire l'ampleur des efforts consentis par la Fed. J'oubliais... Les 850 milliards du plan Obama, et les 150 milliards déjà distribués l'an passé par Bush viennent en plus.


Malheureusement, tous ces efforts ne suffiront pas : Bernanke le sait

Voilà pourquoi il s'adresse directement aux Américains sur CBS. Tous les efforts mis en place par la Fed et l'Etat seront vains si les Américains ne les soutiennent pas. Bernanke aura beau dire et beau faire, si ses compatriotes ne sortent pas, ne vont pas dans les magasins, ne s'achètent pas de voitures et des Ipod, ne prennent pas des crédits pour consommer... la machine ne redémarrera pas.


La confiance et la consommation sont au coeur de la problématique

Le succès ou l'échec des mesures consenties viendra de l'attitude des Américains dans les tous prochains mois. Le message a le mérite d'être clair. L'argent est là. L'offre est là. Il manque la demande... et la demande c'est vous, c'est nous. En s'adressant directement à ses compatriotes, Bernanke tente de leur donner l'envie de se battre, et essaye de leur redonner confiance.


Encore et toujours la consommation américaine

Déjà en août 2007, je vous disais dans l'Edito que les Etats-Unis allaient rentrer en crise parce que les Américains étaient sur-endettés et qu'ils devraient réduire leur consommation tôt ou tard pour faire face à leurs engagements. Depuis le début de l'automne dernier, je vous dis qu'aucune sortie de crise n'est possible tant que les Américains ne consommeront pas. 70% du PIB des Etats-Unis est généré par la consommation. Et la consommation américaine tire la croissance économique mondiale via ses importations -- à commencer par les pays ateliers comme la Chine.


Pour faire simple

La consommation est le moteur de la croissance américaine et la croissance américaine est le moteur de la croissance mondiale. Sur les deux dernières décennies, la consommation américaine carburait à l'endettement massif voire au surendettement. Mais maintenant, la donne a changé. Il faut rembourser. Le fond du problème ? Ben a besoin de voir les Américains s'endetter et consommer à nouveau.


Le comble contradiction : la réalité américaine
versus les souhaits de la Fed

Je vous dresse le paysage : Les Américains sont licenciés et mis au chômage. Leurs actifs boursiers et leur patrimoine immobilier ont fondu de moitié -- imaginez la situation des retraités ! Ils n'ont aucune épargne de précaution. Absolument aucune. En revanche, ils ont des montagnes de dettes et d'emprunts à rembourser... Cerise sur le gâteau : le peu d'argent qui leur reste en fin de mois après le paiement des traites et des factures, ils se mettent aujourd'hui à l'épargner ! (Des années qu'on n'avait pas vu ça... Ils savent que les temps vont être durs...).

Et voilà M. Bernanke qui les supplie de se remettre à emprunter et à consommer, au plus vite... Qu'il est grand l'écart entre les souhaits de la Fed et la réalité quotidienne des Américains.


Bernanke a raison : sans eux, il n'y arrivera pas

Je pense que les Américains vont vouloir assainir leurs finances, purger leurs dettes, avant de repartir dans des crédits inconsidérés et une consommation effrénée. Et dans ce cas, la partie de Bernanke est bien mal engagée...

Les Américains ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement qu'ils vont devoir payer pour les erreurs commises par les autres... Le poids du fardeau devra être supporté par plusieurs générations d'Américains... Ils devront payer de leur poche l'endettement massif actuellement créé par l'Etat. A coups de prélèvements fiscaux et de dépenses qu'on aurait pu faire et qu'on ne fera pas.

A coup de dépréciation du dollar et d'inflation aussi, qui feront fondre la valeur de leur patrimoine... Mais ça, on ne leur dit pas... pas encore.


Cet article est le 66ème sur ce blog dans la catégorie Capitalisme.

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commentaires

L
michel de tout coeur avec toi. Quel gâchis le monde du travail pourra attendre le 22eme siècle pour un débouché politique au luttes avec une telle stratégie.encore une fois la cuisine politicienne à prévalue sur la necessité d'une véritable refondation de la gauche et en premier lieu l'union des forces de gauches anti- libéralelucien jallamion
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