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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 15:05

De la crise financière aux brouilles diplomatiques

 

Créer un groupe de travail parlementaire mixte (députés et sénateurs, majorité et opposition) est une bonne initiative (voir Face à la crise, 12 députés et 12 sénateurs confrontent leurs idées - 15 avril 2009).

Le recevoir à l’Elysée pour lui rendre compte des conclusions du G20 à Londres, début avril (voir Finance mondiale : les grands Etats corrigent certains abus du système - 3 avril 2009), est la preuve que le président de la République attache de l’importance aux travaux de ces parlementaires face à une crise financière aux conséquences redoutables pour les économies nationales.

 

Au cours du déjeuner, mercredi 15 avril, le président a voulu, comme d’habitude, se mettre en scène  et valoriser son rôle au cours du G20, ce qui passe systématiquement par des commentaires peu flatteurs concernant certains de ses collègues, chefs d’Etat et de gouvernement.

 

La presse n’était pas présente, mais son attention avait été attirée par l’article paru le 14 avril sur le site du quotidien Le Monde (cliquez ici), dans lequel la réception à l’Elysée était annoncée. C’est ainsi que Libération a pris ses dispositions pour obtenir, de bonne source, des échos de ce qui a été dit, notamment par le président de la République. Les journalistes Matthieu Ecoiffier et François Wenz-Dumas n’ont pas manqué, recoupant leurs informations (les convives étaient nombreux), de faire, le lendemain 16 avril, le récit de cette rencontre.

 

Ce qui pose surtout problème concerne le premier ministre espagnol. Le président a tenu, dans la conversation, à souligner que Zapatero a décidé de supprimer la publicité sur les chaînes de télévision publiques, imitant ainsi la France. Henri Emmanuelli, député PS des Landes, ayant relativisé la référence, le président a ironisé en faisant la comparaison avec Jospin (sans le citer), laissant entendre que Zapatero n’est peut-être pas très intelligent mais il a été réélu. Evidemment, c’est le qualificatif « pas très intelligent » qui a été retenu en Espagne. Pas le fait que Sarkozy porte une appréciation favorable sur Zapatero.

 

Au passage, remarquons que, pour Sarkozy, la capacité d’un homme d’Etat se mesure à ses performances électorales. Il est impressionné par Berlusconi, qui a été réélu deux fois (et non trois, comme il a dit). Voici cet article de Libération.  

Sarkozy se voit en maître du monde


Festival de «moi je» hier à l’Elysée. De l’entrée au dessert, des tomates mozzarella à la mousse aux éclats de fruits et de chocolat, la vingtaine de parlementaires de tous bords conviés à déjeuner par le chef de l’Etat pour discuter régulation du capitalisme et paradis fiscaux ont eu droit, selon un convive, à «du Nicolas Sarkozy à 200 %, c’est-à-dire étrangement proche de sa propre caricature. On était en petit comité mais il parlait comme à la télé ou à un meeting de l’UMP !»


Ces députés et sénateurs que recevait le président de la République font partie d’un groupe de travail original constitué en novembre pour réfléchir sur la crise financière internationale. Ce club composé de 12 députés et 12 sénateurs, a donc décidé à l’issue du déjeuner de se baptiser «G24». «Le G24 est bicaméral et multipartis», résume Hervé Mariton (UMP), qui est avec Jean-Pierre Brard (apparenté communiste), Jean-Pierre Chevènement (MRC), Henri Emmanuelli (PS) ou Nicolas Perruchot (Nouveau Centre) un des piliers de cet aréopage placé sous la double responsabilité des deux présidents des commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, le socialiste Didier Migaud et le centriste Jean Arthuis.


Obama.
Arrivé un peu en retard dans la petite salle à manger, le Président «a tenu sa promesse de nous informer du contenu du G20. Il nous reverra avant le prochain conseil européen de juin», raconte un participant. Et s’il «a été plus bavard que d’habitude», il a mené son débriefing tambour battant, tutoyant les uns, charriant les autres, tout en tapotant ses SMS, ravi de se mirer dans la vitrine de cette mini-union sacrée face à la crise.


En plat de résistance, les premiers pas de Barack Obama sur la scène internationale
. «Obama est un esprit subtil, très intelligent et très charismatique. Mais il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n’a pas de position», assure Nicolas Sarkozy. Et il «n’est pas toujours au niveau de décision et d’efficience», dont lui-même ferait preuve.
Exemple : la taxe carbone. Compte rendu, version Sarkozy, de son échange avec Obama sur le sujet : «Je lui ai dit : "Je crois que tu n’as pas bien compris ce qu’on a fait sur le CO2. Tu as fait un discours, il va falloir des actes." Le pack énergie-climat que j’ai fait adopter sous la présidence française [de l’Union européenne, ndlr] prévoit en 2020 une baisse de 20 % des rejets de 1990. Nous, en Europe, il y a des sanctions contre les Etats et les entreprises. Lui, il s’engage seulement à revenir au niveau de 1990 et il n’y a pas de sanction.»


Nicolas Sarkozy tape aussi sur José
Manuel Barroso, le président de la commission européenne, «totalement absent du G20». Angela Merkel ? «Quand elle s’est rendu compte de l’état de ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position», s’autocongratule le Président.


Après ce compte rendu très personnel du G20, on passe aux choses sérieuses
: la régulation du système bancaire et les paradis fiscaux. Nicolas Sarkozy propose de «créer un véhicule pour mutualiser les actifs pourris des établissements bancaires», afin de ne pas refaire comme naguère avec le Crédit lyonnais une bad bank chargée d’écouler les actifs douteux. En même temps, il fait l’éloge de la titrisation, pourtant à l’origine de la crise américaine. «Il y a eu des excès, mais il faut la faire repartir», lâche Sarkozy. Henri Emmanuelli objecte un «ça se discute». «Henri, toi qui as été banquier, tu le sais très bien. La titrisation a permis le développement du monde depuis vingt ans», réplique le chef de l’Etat. «Je vais exiger de la Commission européenne que les banques aidées ou nationalisées cèdent des actifs, comme j’ai été obligé de le faire quand j’ai acheté 22 % du capital d’Alstom», poursuit-il, évoquant l’opération qu’il avait réalisée en 2004 lors de son passage au ministère de l’Economie.


Le centriste Jean Arthuis s’inquiète du coût pour le contribuable ? «S’il y avait une solution plus simple, je pense qu’on me l’aurait dite», appuie Sarkozy. Quand Jean-Pierre Brard tente une percée sur le terrain du pouvoir d’achat, il se fait aussitôt rembarrer : «On ne va pas parler de ça. On ne va pas retomber dans la politique politicienne !»


Au moment du dessert, Nicolas Sarkozy se fait servir «une compote de pomme comme un enfant», s’étonne le député (Verts) François de Rugy. En guise de douceur, le président de la République ne résiste pas à informer ses convives que «le gouvernement espagnol vient d’annoncer la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Et vous savez qui ils ont cité en exemple ?» «On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero», remarque Emmanuelli. «Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle», s’amuse Sarkozy en allusion à Lionel Jospin. Avant de revenir à son sujet de prédilection : «D’ailleurs, dans ma carrière politique, j’ai souvent battu des gens dont on disait qu’ils étaient plus intelligents et avaient fait plus d’études que moi.»«On a pensé à Villepin», lâche un convive. Conclusion du Président : «L’important dans la démocratie, c’est d’être réélu. Regardez Berlusconi, il a été réélu trois fois.»


Avant de se séparer, le locataire de l’Elysée a promis aux élus du «G24» de les inviter pour un quatrième déjeuner en juin. Les deux premiers ont eu lieu début novembre 2008 et le 30 mars dernier (…).


Lire les réactions en Espagne Le repas élyséen agite l’Espagne (Libération, 17 avril) et les commentaires d’Arnaud Leparmentier, sur le site du Monde, le 18 avril Nicolas Sarkozy et les risques diplomatiques du parler-cru.

Là-dessus, Ségolène Royal a cru bien faire, dans le droit fil de son intervention très médiatisée à Dakar, en demandant pardon à Zapatero au nom de la France, provoquant une contre-offensive (qu’elle cherchait) venant de l’UMP.

Voir, à ce sujet, l’article signé Pierre Haski sur le site de Rue89 (18 avril) : Les pardons de Ségolène Royal ou le comique de répétition.  

Cet article est le 72ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme .

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