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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 22:08

Pas de haine, pas besoin de réconciliation entre français et allemands

 

Lors des cérémonies du 40ème anniversaire de jumelage entre Wehingen et Saint-Berthevin, le 23 mai à Wehingen (voir Jumelage entre Wehingen et Saint-Berthevin : une belle oeuvre d'art - 25 mai 2009), l’émotion a été forte pendant les interventions de Jean Chauvin, au monuments aux morts, et de Bernard Le Godais, au cours des allocutions officielles de la soirée.

 

Bernard Le Godais a évoqué les raisons de son engagement militant pour l’Europe 

   

Le co-fondateur du jumelage avait tenu à participer à l’évènement, malgré des difficultés physiques handicapantes.  

Son fils, Philippe Le Godais, a prononcé son discours, lequel a été remarquablement traduit par Erich Mayer*.  

 

Jean Chauvin*, au monument aux morts, a relaté des faits qui le touchent personnellement 

  

Ces faits concernent son père, Auguste Chauvin 

  

            Voici le texte de son intervention, en français, puis en allemand :

 

JUMELAGE  SAINT-BERTHEVIN  WEHINGEN

40e  anniversaire   samedi 23 mai 2009

Monument aux morts de Wehingen

 

Chers amis,

 

Pardonnez moi de ne pas m'exprimer aujourd'hui en qualité de Président du Comité de Jumelage, mais je souhaite vous faire part de quelques pensées personnelles.

Comme beaucoup le savent déjà, je fais partie des victimes du nazisme. Mon père, Auguste Chauvin, résistant français, a été arrêté et torturé par la police française de Vichy, condamné par un tribunal nazi et fusillé avec 31 Français et 5 Espagnols par la Wehrmacht en 1943.

 

Comme Fernand Zalkinov, résistant juif d'origine russe, fusillé à 19 ans, il aurait pu écrire : « Je ne ressens aucune haine contre qui que ce soit ».

Comme Guido Brancadoro, résistant d'origine italienne, fusillé à 20 ans  il aurait pu écrire:«  Ce sont les Français qui me livrent, et je crie « Vive la France », les Allemands m'exécutent et  je crie « Vive le peuple allemand et l'Allemagne de demain ».

 

J'entends souvent parler de « réconciliation» à propos des jumelages  franco-allemands. Comme beaucoup de Résistants et enfants de Résistants, je n'ai jamais eu  besoin de me réconcilier avec les Allemands. Nous avons toujours su qu'il y avait eu des opposants allemands au régime nazi. C'est pour eux d'ailleurs qu'a été créé dès 1933 le premier camp de concentration à Dachau.

Ils ont, pour moi, sauvé l'honneur de l'Allemagne, comme les Résistants français ont sauvé l'honneur de la France. Quant aux dictateurs, aux tortionnaires et aux bourreaux, ils n'ont jamais demandé pardon. Il n'y a donc pas de réconciliation possible avec eux.

 

Et lorsque je lis que le 13 février dernier, 5000 manifestants ont défilé à Dresde se réclamant du souvenir des SS, lorsque je lis que des slogans nazi ont été proférés en Autriche devant le camp de Mauthausen, mon sang se glace et j'en appelle à la vigilance «pour ne plus jamais revoir cela».

 

Devant ce monument, je souhaite dédier ces instants de recueillement à toutes les victimes de toutes les guerres et de toutes les dictatures, avec une pensée particulière pour tous ceux qui se sont battus pour les Droits de l'Homme et pour notre liberté.

 

PARTNERSCHAT SAINT-BERTHEVIN  WEHINGEN

40.Jubiläum   samstag  23. mai 2009

Ehrenmal Wehingen

Liebe Freunde,

 

Erlauben Sie mir, dass ich heute nicht in meiner Eigenschaft als Vorsitzender des Partnerschaftskomitees spreche. Ich möchte Ihnen vielmehr ein paar persönliche Gedanken vortragen.

 

Wie viele auch unter Ihnen wissen, gehöre ich zu den Opfern des Nationalsozialismus.

Mein Vater, Auguste Chauvin, wurde als französischer Widerstandskämpfer von der französischen Polizei des Vichy-Regimes verhaftet und gefoltert, von einem Nazi-Tribunal verurteilt und 1943 mit 31 Franzosen u nd 5 Spaniern von der Wehrmacht erschossen.

 

Wie Ferdinand Zalkinov, ein jüdischer Widerstandskämpfer russischer Herkunft, erschossen mit 19 Jahren, hätte er schreiben können: „Ich empfinde keinen Hass gegen irgend jemanden“.

Wie Guido Brancadoro, ein Widerstandskämpfer italienischer Herkunft, erschossen mit 20 Jahren, hätte er schreiben können: „Die Franzosen haben mich ausgeliefert und ich rufe: „Es lebe Frankreich“, die Deutschen richten mich hin und ich rufe: „Es lebe das deutsche Volk und das Deutschland von morgen“.

 

Wenn man über die deutsch-französischen Partnerschaften redet, höre ich oft das Wort „Versöhnung“. Wie viele Widerstandskämpfer und Kinder von Widerstandskämpfern brauchte ich mich nie mit den Deutschen zu versöhnen. Wir wussten immer, dass es deutsche Gegner des Nazi-Regimes gab. Für sie wurde übrigens schon 1933 das erste Konzentrationslager in Dachau errichtet. Sie haben für mich die Ehre Deutschlands gerettet, wie die französischen Widerstandskämpfer die Ehre Frankreichs gerettet haben. Die Diktatoren, die Folterer und die Henker haben nie Vergebung verlangt. Mit ihnen kann es deshalb keine Versöhnung geben.

 

Wenn ich lese, dass am vergangenen 13. Februar 5000 Demonstranten durch die Straßen Dresdens gezogen sind und sich bei ihrem Marsch auf das Andenken an die SS berufen haben,

Wenn ich lese, dass in Österreich vor dem Lager Mauthausen laut Naziparolen verkündet werden,

dann stockt mir das Blut in den Adern, und ich rufe zur Wachsamkeit auf, damit so etwas nie wieder geschieht.

 

Vor diesem Denkmal möchte ich diese Augenblicke der inneren Sammlung allen Opfern aller Kriege und aller Diktaturen widmen, mit einem besonderen Gedenken all jener, die für die Menschenrechte und unsere Freiheit gekämpft haben.

 

Erich Mayer* (à gauche) et Jean Chauvin*

lors d'une visite le 22 mai à Wehingen
 40ansjumWeh-220509-087-MuseeHirMayerCh-T.jpg

 

 

Cet article est le 47ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe.

   

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commentaires

S
Merci, Jean-Pierre, d'avoir contribué à ta façon, poétique et émouvante, à compléter les témoignages, de grande qualité, de Jean Chauvin et de Bernard Le Godais.
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J
Devoir de mémoire<br />  <br /> <br /> <br />   C’était pendant la guerreQu’il me disait grand-père,Certains refusent de croire A cette terrible histoire.C’était pendant la guerreQu’il me disait grand-père,Son devoir de mémoireC’est sa petite histoire. Dans la classe, au collège,Il ne regardait qu’elle,S’agitait sur son siègePour admirer sa belle.De ses longues tresses brunesSe faisait des moustaches,Sans qu’elle lui tienne rancune De ses blagues de potache.Et dans un coin de cour,Ils rêvèrent de construireUn petit nid d’amourImpossible à détruire.Il posa sur ses lèvresUn chaste et doux baiser,Il n’était pas orfèvreMais sut improviser.C’était le temps du rire,Des douceurs et caresses,D’envol dans l’avenirRêvé plein de promesses.Ce temps de l’insouciante Marguerite effeuillée,De cette envie grisanteQue l’on n’ose consommer. Mais à cause d’une étoileElle prit un dernier trainPour un destin fatalCruel et inhumain.Et les longues tresses brunesDisparurent à jamaisDans la fosse communeDes larmes et des regrets.Elle était de ton âge,Qu’il disait tristement,Je revois son visageEt ses emportements.Elle dessinait un mondeLoin de toutes cruautés,Où le bonheur innondeToute la société. C’était pendant la guerreQu’il me disait grand-père,Certains refusent de croire A cette terrible histoire.C'était pendant la guerreQue me disait grand-père,Son devoir de mémoireC'est sa petite histoire.<br /> Jean-Pierre <br />
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