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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 23:54

Les acteurs de la filière laitière à côté de la plaque

 

La politique ultralibérale de la Commission européenne, entérinée par les ministres de l’agriculture des 27 Etats membres, est à l’origine des graves perturbations économiques de la filière laitière.

 

Je renvoie aux articles précédents parus sur ce blog, sous la rubrique AGRICULTURE et PAC :

 

- Michel Sorin (MRC) : la baisse brutale du prix du lait, inadmissible - 19 mai 2009

 

- Crise laitière : libéralisation de la filière, ambiguïté du ministre - 27 mai 2009

 

La politique européenne est tellement inepte que des personnalités, connues pour leur pensée libérale, ont pris des positions critiques. Deux cas précis : Philippe Vasseur et Philippe Chalmin.

 

Philippe Vasseur, ancien ministre de l’agriculture (voir Philippe Vasseur (homme politique) - Wikipédia), a pris la plume dans Le Monde du 27 mai (extrait) :

La question de fond qui se trouve posée est de savoir si un secteur aussi sensible que le lait (et d'une façon plus générale l'agriculture soumise à une forte volatilité des cours) peut s'accompagner d'une politique rigide de déréglementation. Les "experts" européens semblent s'en convaincre, puisqu'ils préparent une réforme de la politique agricole commune (PAC) prévoyant, notamment, la disparition des quotas laitiers.

Voir l’ensemble du texte : La crise laitière, ou l'échec d'une réglementation souple, par ...

 

Philippe Chalmin, qui a publié récemment un livre (voir Le monde a faim par Philippe Chalmin), a fait paraître un « point de vue » ce 15 juin dans Ouest-France, sous le titre :

 

Crise du lait, crise de confiance

 

Ce qui frappe, dans la crise du lait, c'est le contraste entre la posture des discours et la réalité des faits.
Longtemps, le monde du lait a vécu dans la sécurité des protections européennes. La mise en place de quotas dans les années 1980 semblait devoir les pérenniser. Les prix garantis pour le beurre et la poudre de lait étaient totalement décalés des prix mondiaux. On sait ce qu'il en coûtait à Bruxelles pour le stockage et le soutien à l'exportation. Mais n'était-ce pas le prix à payer pour une activité indispensable à l'équilibre de nombre de territoires ?

Et puis la notion même de prix mondial n'était-elle pas discutable ? 4 à 5 % seulement de la production de lait sont échangés à l'international. Et, sur ce marché, les prix ont toujours eu tendance à s'aligner sur les prix de revient du pays exportateur le plus efficient au monde, la Nouvelle-Zélande. À peu près la moitié des niveaux européens.

Face à cela, la politique européenne a suivi peu à peu une logique de marché : suppression programmée des quotas et, dans un premier temps, augmentation des tonnages ; baisse des prix garantis ; remise en cause des mécanismes d'intervention. Cela allait dans le sens d'une concentration des exploitations et des zones de production. C'était le choix - conscient - de la banalisation du lait, et de la condamnation de nombre de régions de production.

Les marchés mondiaux, en 2007 et en 2008, ont semblé conforter ce choix : une sécheresse en Océanie a provoqué un doublement des prix du beurre et de la poudre. Dans cette ambiance euphorique, en 2008, nombre d'acteurs de la filière lait ont cru que les débouchés internationaux seraient durables et rémunérateurs. Nul ne s'inquiéta alors de la suppression, en France, de l'accord interprofessionnel qui permettait d'atténuer les variations régionales.

Un an plus tard, la Nouvelle-Zélande revient sur les marchés. Les prix retombent à leurs niveaux de 2006, au niveau international, et surtout à la production : le beurre du marché et l'argent du beurre se sont évaporés ! L'indignation est générale, on nous a trompés !

En réalité, tout le monde s'est trompé :

- Bruxelles en jouant le « tout libéral » ;

- les industriels en poussant les feux sur des productions sans débouchés soumis à une concurrence impitoyable ;

- les producteurs en prenant les hausses de 2007 et de 2008 pour argent comptant, sans comprendre dans quel engrenage ils entraient ;

- et puis les distributeurs dont la propension à répercuter les hausses des matières premières est plus forte que pour les baisses... Mais ils ne sont pas, dans cette affaire, les principaux responsables.

Maintenant, il faut tirer des leçons :

- il y a une logique à une exception laitière et la suppression - ou l'augmentation - des quotas est une ineptie irresponsable ;

- si, néanmoins, les quotas devaient disparaître, il faut, pour la France, inventer des mécanismes permettant de maintenir la production laitière dans les zones sensibles ;

- l'Europe n'a pas vocation à aller sur le marché international et les industriels doivent en tirer les conséquences ;

- enfin, le lait doit s'inscrire dans une logique contractuelle.

Mais, pour signer un contrat, il faut être deux - ou trois - et se faire confiance : la confiance est ce qui manque le plus dans le monde laitier français.

Cet article est le 128ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
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commentaires

Tristan Grimaldi 07/08/2009 10:08

Très intéressant! Merci!
Toutefois, la baisse des quotas n’est qu’un subterfuge pour faire grimper artificiellement le prix du lait, lisez pour comprendre; http://www.unmondelibre.org/Bedard_Lait_060809
Très intéressant! Merci!

Toutefois, la baisse des quotas n’est qu’un subterfuge pour faire grimper artificiellement le prix du lait, lisez pour comprendre; http://www.unmondelibre.org/Bedard_Lait_060809