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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 18:09

 

Pour une ALTERNATIVE de GAUCHE en 2007

  L’Europe, maillon faible en économie et en démocratie…

 La crise politique, économique et sociale, qui sévit en France, mais aussi en Allemagne, et concerne l’Europe dans son ensemble, est amplifiée par l’entrée fracassante de la Chine dans le commerce mondial et par celle des pays de l’Europe centrale et orientale dans l’Union européenne.

 La candidature de la Turquie, programmée depuis longtemps, ne fait qu’ajouter du piment identitaire aux interrogations sur le devenir européen.

 Depuis sa création en 1957, l’Europe institutionnelle s’est toujours affirmée en prenant soin de contourner la démocratie. C’était la politique des petits pas (traité après traité) de son inspirateur Jean Monnet qui, par ailleurs, était très proche des milieux économiques dominants et des Etats-Unis d’Amérique. Le mot d’ordre était d’avancer vers l’intégration européenne afin de réduire l’influence des Etats, par principe égoïstes et conservateurs. Cette fuite en avant s’est heurtée aux réalités économiques de la croissance et de l’emploi dans la zone euro, à l’origine du scepticisme populaire.

 Le néo-libéralisme,  revanche du capital sur le travail…

 Afin de mieux comprendre, il faut remonter aux années 1980, au « consensus de Washington » néo-libéral des décideurs du monde capitaliste, qui visait à créer les conditions politiques de la reconquête, par les chefs d’entreprises, de leur suprématie sur le monde du travail.

 C’est une question de rapport de forces entre le capital et le travail à l’échelle mondiale.

 En utilisant à leur profit la révolution technologique des moyens d’information et de communication, les firmes multinationales allaient convaincre les dirigeants des Etats de libéraliser les échanges de capitaux, de marchandises, de biens et de services, et d’éliminer les droits de douane et de protection, les subventions et aides publiques.

 L’objectif affiché est louable : favoriser la croissance partout dans le monde, y compris dans les pays en développement. L’ouverture de nouveaux pays à bas coûts de main d’œuvre offre aux entreprises l’opportunité de réaliser des investissements de forte rentabilité, répondant ainsi aux exigences des actionnaires (entre 10 et 20% de rémunération annuelle du capital).

 Pour sa part, le président Reagan s’était engagé dans une course au surarmement en vue d’essouffler le régime soviétique, qui était la seule force d’opposition au capitalisme.

 La chute du mur de Berlin en 1989, suivie de l’effondrement du système dirigiste à l’est de l’Europe,  puis en Russie, a signifié le triomphe sans partage des USA et de l’idéologie néo-libérale.

 La voie était dégagée pour la conception anglo-américaine du capitalisme, qui privilégie l’intérêt financier à court terme et demande au politique de le laisser faire et ne pas intervenir en économie.

 Il fallait désormais parvenir au désarmement politique de l’Europe, à commencer par la France et l’Allemagne (surtout la France, compte tenu de son attachement historique à l’Etat républicain).

 Comment neutraliser politiquement l’Europe ? … Par une influence directe sur ses décisions :

 En intégrant dans la précipitation les pays récemment libérés de la tutelle soviétique, dont les jeunes générations se tournent vers l’Amérique, 

 En optant pour la « concurrence libre et non faussée » et toutes les règles du « consensus de Washington » clairement placées dans les traités au-dessus des objectifs sociaux,

 En gravant dans le marbre d’une « constitution européenne » les préceptes néo-libéraux.

 Tout a été fait pour enlever aux nations européennes la capacité de choisir des politiques de régulation de l’économie, sans que leurs élites politiques y trouvent quelque chose à dire, y compris les partis socialistes et social-démocrates, qui se sont tous prononcés en faveur de ce traité constitutionnel, adopté par les 25 chefs d’Etat et de gouvernement.                                              

 Depuis 2004, des grains de sable de plus en plus nombreux…

  Référendum, le peuple qui dit NON…

 Les consultations populaires organisées en France et aux Pays-Bas pour ratifier le traité constitutionnel européen ont mis en évidence des refus, qui ont surpris les dirigeants européens, et un fossé entre les aspirations des peuples et ce que leur apporte l’Europe.

 Bolkestein, la vraie nature du néo-libéralisme…

 Le consensus néo-libéral qui imprègne les institutions européennes s’est traduit dans les orientations politiques adoptées par le Conseil européen. Par exemple, lors du sommet de Lisbonne en 2000, la libéralisation complète des services a été décidée.

 Elle a abouti au projet de directive Bolkestein (du nom de l’ex-commissaire européen) qui a fait grand bruit pendant la campagne référendaire en France.

L’élargissement européen, sous influence américaine…

 En fait, il est apparu clairement que la logique de coopération et d’harmonisation sociale par le haut qui prévalait jusqu’au début des années 1990 lors de l’entrée de nouveaux pays, avait laissé place désormais au nivellement par le bas et à la concurrence entre les systèmes sociaux et nationaux, avec un objectif prioritaire : abaisser les coûts de production et les prélèvements publics, de manière à favoriser systématiquement la compétitivité des entreprises et satisfaire leurs actionnaires (au détriment des salariés).

 Ainsi, cet élargissement massif 2004 est d’une nature radicalement différente des autres parce qu’il a été effectué sous influence américaine et sous idéologie néo-libérale. 

 Chine, un capitalisme qui hésite entre le 21ème et le 19ème siècle…

 L’ouverture des marchés mondiaux à la Chine, suite à son entrée dans l’OMC, a provoqué des réactions d’inquiétude et de rejet, compte tenu des conditions de production dans cet immense pays non démocratique (parti unique, population très encadrée) où les pratiques ultra-libérales du capitalisme sont tolérées par les autorités de l’Etat (camps sur le lieu de travail de jeunes femmes, travaillant 7 jours sur 7, 12h/jour).

 Le parti communiste chinois, après la répression étudiante de 1989, a choisi la croissance économique échevelée et la liberté des entrepreneurs pour mieux faire accepter au peuple la privation des libertés démocratiques.

En fait, le néo-libéralisme : un système pervers et auto-destructeur, donc fragile…   

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