Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 09:57

 

Intervention de Bernard Teper, président de l’Union des Familles Laïques (UFAL).

 

L’UFAL est dans le champ social, pas dans celui de la politique.

 Il ne peut y avoir de projet alternatif à la droite si ce n’est pas une alternative au libéralisme.

 

 Après l’implosion du communisme soviétique, le « turbo-capitalisme » (selon l’analyse de l’UFAL) ou, plus généralement, la « mondialisation néo-libérale » ( qui commence au milieu des années 1970 et a été théorisée par ATTAC) ont été porteurs de  privatisations et de « marchandisation » des activités humaines, par le biais de décisions aux niveaux mondial et européen (directives).

 L’affaissement de la part des salaires et cotisations sociales dans les richesses produites (- 10%, en faveur des profits) est à l’origine des problèmes de financement des services publics et de la sécurité sociale. Il en a résulté l’accroissement de la pauvreté et des inégalités sociales.

 Les néo-libéraux, minoritaires, ont besoin d’alliés. Il leur faut compenser la réduction des services publics par les actions de charité des communautés ethniques et religieuses (le lien religieux, véhiculé par Sarkozy).

 C’est ainsi que le néo-libéralisme est allié au néo-communautarisme.

 D’où la stratégie nécessaire de lier le combat laïque au combat social, comme Jean Jaurès, qui disait « le socialisme, c’est la république poussée jusqu’au bout ».

 Il y a une double articulation à faire : l’union des anti-libéraux dans le champ social et l’union des gauches dans le champ politique, qui recoupe l’articulation entre le mouvement d’en haut et le mouvement d’en bas. Les partis doivent discuter avec les organisations syndicales et associatives. Et l’éducation populaire, laïque et républicaine, doit renouer le lien qu’elle avait auparavant avec les citoyens.

 Le combat social, c’est l’alliance entre les couches populaires et moyennes, mais aussi avec le « lumpenprolétariat ».

 Ce gouvernement, mais aussi les gouvernements de gauche depuis 20 ans à un moindre niveau, portent la responsabilité de la mise à l’écart des couches populaires.

 Le programme politique doit trouver sa source dans le mouvement social. Par exemple, nous avons réfléchi (ATTAC) à une démarche programmatique pour la santé dans les Etats généraux de la santé et de l’assurance-maladie (ils rassemblent une centaine d’organisations). On ne se reconnaît pas dans les positions « santé et sécurité sociale » des partis politiques.             

 Autre exemple : l’initiative « services publics en milieu rural » (Convergence nationale services publics), après la manifestation de Guéret, a ouvert un lieu pour le dialogue.

 Comme me l’a demandé Michel Sorin, je vais développer la question de la laïcité. Tous les Français sont pour la laïcité… mais que mettent-ils derrière ce mot ?

 La définition historique, c’est la séparation de la sphère publique et de la sphère privée, dans les domaines idéologiques et religieux institutionnels et, aussi, économiques.

 La loi du 9 décembre 1905, c’est la liberté de conscience et la liberté de culte.

 La laïcité n’est pas anti-religieuse (la liberté du culte est protégée, ce qui n’est pas le cas en Iran, qui n’est pas un pays laïque) mais elle peut-être anticléricale (exemple : loi 1967-1975 sur le droit à l’avortement, qui allait à l’encontre de la position de l’Eglise catholique).

 La laïcité est née en France, plus grand pays d’immigration d’Europe (depuis Louis XIV), qui se distingue par son caractère de nation républicaine, différent de la nation ethnique (Allemagne).

 La laïcité est un combat universel qui progresse (l’UFAL a des contacts avec 80 pays).

 La Suède a adopté une nouvelle Constitution dans laquelle la laïcité est présente.

 Au Portugal, il y a un début de séparation entre la sphère publique et la sphère privée.

 En Grèce, où la religion orthodoxe est très présente, une loi est en préparation.   

 La loi intervient pour préciser les conditions d’application de la laïcité à l’école.

 Une circulaire de Jean Zay, ministre SFIO du Front populaire, indiquait en 1937 aux enseignants la conduite à tenir face à l’expression des signes religieux à l’école.

Le ministre Lionel Jospin du gouvernement Rocard faisait voter la loi du 10 juillet 1989 sur l’orientation scolaire, qui dans son article 10, libéralisait cette expression au sein des établissements scolaires.

 La loi du 15 mars 2004 revenait aux principes définis par la circulaire Jean Zay.

 La laïcité est un concept extensible.

 La séparation des sphères publique et privée peut aussi s’appliquer aux lits privés dans l’hôpital public. L’eau est-elle un bien commun ou une denrée (à laquelle s’applique la loi du marché) ?

 Il faut éviter que le champ politique soit soumis à des dogmes. Ainsi, celui du libre-échange fait autant de mal que les dogmes religieux il y a 100 ou 200 ans. Avec le dogme de la concurrence, s’appliquant partout, y compris aux pays du Sud, cela nous conduit au capitalisme sauvage.

D’autres dogmes ont conduit à généraliser la sphère publique au détriment de la liberté dans la sphère privée (cas du communisme soviétique).

 Il faut respecter le résultat du 29 mai : il y avait un oui de gauche et un non de gauche.

 Le non de gauche a été majoritaire dans le non et dans la gauche. Cela doit être respecté.

 Et dans les 31% du corps électoral qui a voté non, il n’y avait pas que des MRC + PCF + LCR.

 Il y avait aussi d’autres forces. Il faut les respecter si on veut vraiment une alternative.

 C’est ensemble (partis + organisations du mouvement social) qu’il faut penser une alternative au néo-libéralisme, en faisant une alliance entre les précaires et « sans » (exclus) et les couches populaires et moyennes. Le mouvement social a une influence sur la société, que les partis auraient tort de négliger.

En liant le combat féministe, social, laïque, sans se limiter à des incantations,

nous devons ensemble construire une autre République.

Partager cet article
Repost0

commentaires