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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 21:32

La protection sociale est liée à l’histoire de la Nation

 

L’évolution de la situation américaine en matière de santé est observée de près par les français. Le président Obama semblait déstabilisé par son opposition, qui utilisait tous les arguments à sa portée, y compris les plus fallacieux (voir, sur ce blog, USA : le président Obama face au doute sur l'efficacité de sa gestion - 10 août 2009).

 

Son intervention devant le Congrès (les deux Chambres parlementaires), le 9 septembre, a montré un Obama qui garde le cap et veut mener à bien son projet de réforme du système (voir, sur le site Rue89, l’article paru le 10 septembre, signé Armelle Vincent Discours d'Obama sur la sécu : « Le temps de l'action est venu »).

 

En réalité, l’opposition n’a pas désarmé après son discours (voir les articles, bien documentés, parus sur le site du quotidien Le Monde, dont ce 12 septembre Manifestation à Washington contre la politique de Barack Obama).

 

Cette question nous intéresse, car nous voulons réformer le système français. Gérard Beillard et moi, sommes en liaison avec Wilfrid Roux-Marchand (MRC 54), tout particulièrement depuis l’université d’été du MRC à Toulouse (voir, sur ce blog, Université d'été MRC à Toulouse : repenser la protection sociale - 11 septembre 2009).

 

Comme il me l’avait annoncé, il a rédigé un texte concernant Obama et la protection sociale aux USA, la spécificité de cette grande Nation et la nécessité de faire évoluer notre système à la française, en tenant compte de notre histoire.

 

La Sécu, Obama et nous.

 

Le discours d’Obama du 9 septembre a le mérite de nous livrer le contenu concret de ce qui est proposé aux citoyens américains et à leurs représentants. On s’aperçoit ainsi que la différence avec le programme de sa campagne est mince. Les propositions maintenant présentées à tous ont donc le mérite de la fidélité et de la clarté, alors que jusqu’ici les médias n’avaient tendance à n’en retenir que les aspects polémiques les plus spectaculaires et superficiels.

 

Quelques points-clés, tels que retenus dans un premier lot de journaux français (Le Monde ou Les Echos du 11/09/09) :

·         Le projet part du système existant dont une des bases, à laquelle les citoyens américains sont très attachés, est maintenu : libre choix de son assurance au sein d’une offre concurrentielle, mais obligation d’être assuré pour tous.

·         Obligation faite aux assureurs de ne pas sélectionner les souscripteurs en fonction de leur état de santé.

·         Nécessité de mettre en place des règles et des évaluations : « Les assureurs devront rendre des comptes ».

·         Contribution des sociétés d’assurance et des industries pharmaceutique et médicale au financement de la réforme

 

Comme on le voit, le projet de législation se caractérise par la mise en place de règles nouvelles pour le fonctionnement de l’existant. De ce côté de l’Atlantique, c’est son pragmatisme qui ressort. Les dysfonctionnements d’un système qui, « vu d’ici », a souvent été décrit à juste titre comme « à la fois le plus cher et le moins efficace du monde » sont au cœur du discours d’Obama.

 

Quelques phrases les résument : « Chaque jour 14 000 américains perdent leur couverture santé », « Plus de 30 millions de citoyens sont dépourvus de couverture… c’est un risque d’explosion pour Medicare et Medicaid (les systèmes d’assistance santé pour les plus démunis) ».

 

On peut en rester là pour un premier examen de cette réforme, car celle-ci peut et doit prendre sens pour nous :

 

·         Il est évident que de tels enjeux ne reposent pas exclusivement sur des dispositions législatives et réglementaires que l’abus du mot « réforme » tend à galvauder. Ils sont sous-tendus par des systèmes économiques et sociaux, des systèmes de valeurs et « un imaginaire » qui caractérise chaque nation. « Le cas américain » fournira un cas d’école. Mais les véritables ruptures ne sont pas légion. Elles ont un coût politique et la Rupture se mérite… à suivre donc !

 

·         Il est évident aussi que si chaque Protection sociale correspond à l’histoire qui appartient en propre à chaque nation il nous appartient d’être aussi au clair qu’Obama sur la nature du nôtre. C’est loin d’être le cas dans la situation de confusion des esprits et des positions qui domine derrière et à propos de l’apparente unanimité du « Il faut sauver la sécu ! ».

 

Le paradoxe tient essentiellement au fait qu’il est devenu extrêmement difficile pour un français ou un européen continental de voir que sa Protection sociale ne répond à aucun « modèle » préétabli, mais, qu’à l’instar de ce qui est en train de se passer aux USA, il a été lui aussi le produit d’une longue et lente maturation ponctuée de « ruptures ». Fait étonnant, que pourrait nous révéler le processus américain en cours.

 

Avec un intéressant parallélisme avec ce que s’est passé dans l’Allemagne de Bismarck et celle d’Adenauer aux deux mêmes époques, dans la France de la III° République (loi sur les Accidents du travail de 1898) et celle du CNR et de la Libération de 1944-46 (parachèvement d’une première phase, mais non la dernière, d’« un système de Protection sociale quasi complet »), c’est bien le pragmatisme adossé aux valeurs nationales qui, en dernier ressort a dessiné, pour de très longues années, non pas un « modèle » mais un compromis social, qu’à juste titre il nous est permis de considérer comme un référent et une référence en Europe.


  
Wilfrid Roux-Marchand (MRC 54), lors de son intervention dans le débat à Toulouse le 5 septembre 2009

 

Cet article est le 11ème paru sur ce blog dans la catégorie Amérique.

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