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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 22:04

Des actions laitières innovantes, simples et efficaces

 

Après deux semaines de grève des livraisons de lait (elle avait été lancée le 10 septembre à Paris ; voir sur ce blog La grève du lait remet en cause les industriels et le système européen - 15 septembre 2009), les producteurs engagés dans le mouvement recevaient, le 24 septembre, à 18h, le message suivant : « La grève du lait est suspendue jusqu’au 5 octobre, faites confiance au président de l’APLI Pascal Massol, écoutez ce soir la télé APLI ».


La « télé APLI », c’est la « chaîne TV des producteurs de lait indépendants », qui diffusait le point de presse quotidien de Pascal Massol (voir http://webdev7.gsinfo.ch/SOFTITV_WEB/accueil.awp).



Pascal Massol au micro - voir Grève du lait : Pascal Massol (APLI) hier soir à La Chapelle-Craonnaise - 18 septembre 2009


Le 25 septembre, à Bruxelles, communiqué de l’EMB (l’organisation des producteurs de lait européens) :


« La classe politique bouge. Nous allons pour l’instant suspendre un des éléments de notre révolte, la grève du lait, mais nous la reprendrons immédiatement si aucune décision politique n’est clairement prise pour venir à bout de la situation insupportable du marché laitier
» déclare Pascal Massol, président de l’organisation des producteurs laitiers indépendants APLI, en ajoutant « Une agriculture contractuelle ne saurait être une solution acceptable ».


Le président de l’EMB, Romuald Schaber, réaffirme la nécessité d’une régulation politique européenne : « Le marché laitier a besoin d’une régulation souple de la production à l’échelle européenne, un équilibrage entre l’offre et la demande car le prix doit être équitable pour les producteurs laitiers comme pour les consommateurs »


Aux vues des promesses politiques faites sur le plan national et international, les producteurs laitiers se sont du moins pour l’instant remis à livrer du lait dans en Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche et Italie. « Le lait est certes de nouveau livré mais les actions de protestation continuent sans relâche dans tous les pays » souligne Daniel Condat de la fédération française OPL.


Aux vues de la grève du lait qui s’étendait à huit pays et des fortes actions de protestation des producteurs laitiers, différents chefs de gouvernements européens (entre autres la Chancelière Angela Merkel et le Président français Nicolas Sarkozy) de même que le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avaient ces derniers jours déclaré leur volonté de s’investir pour trouver une solution efficace du problème laitier à l’échelle européenne. Sarkozy avait déclaré publiquement qu’une régulation du marché laitier et des autres marchés agricoles était nécessaire. Une réunion extraordinaire des Ministres européens de l’agriculture sur le thème du lait a été convoquée pour le 5 octobre.


Ces deux dernières semaines, ce sont 500 millions de litres de lait que les producteurs laitiers européens n’ont pas livré aux laiteries. Le marché du lait y a réagi. Sur le marché comptant, les prix ont monté. Certaines laiteries ont commencé à payer des prix plus élevés aux producteurs. L’assainissement du marché des dernières semaines que l’on doit aux producteurs laitiers devrait faire remonter les prix payés aux producteurs sur un large front.


Ce qu’il faut maintenant, ce sont des décisions politiques qui aillent dans le sens d’une régulation souple de la production telle que la demande l’EMB.
« Nous le répétons encore clairement : les entretiens des prochains jours doivent donner des résultats sans équivoques. Si ce n’est pas le cas, la révolte des producteurs se poursuivra inébranlablement » explique Pascal Massol pour réaffirmer la position des producteurs laitiers européens.


Le 25 septembre, la presse reprenait l’information
. Par exemple, Ouest-France (François Lemarchand) :

 

« Le lait reste sur le feu. Des syndicats minoritaires européens rassemblés au sein de l'EMB ont décidé, hier à Bruxelles, de suspendre la grève du lait jusqu'au 5 octobre. Cette date correspond à la réunion d'un conseil extraordinaire des ministres de l'Agriculture européens. « Mais elle reprendra aussitôt si aucune décision n'est prise », promet Romuald Schaber, président de l'EMB. La grève lancée dans plusieurs pays, le 10 septembre, a été conduite en France par l'Apli et la Coordination rurale avec le soutien de la Confédération paysanne.

Détente. Le blocage de l'usine Entremont à Bouvron (Loire-Atlantique) a été levé hier en début d'après-midi. Autre signe de détente, mercredi soir, dans des réunions qui ont rassemblé plusieurs centaines de producteurs réunis à Guingamp (Côtes-d'Armor) et Brécey (Manche), le climat était favorable à un arrêt des hostilités. Dernier baroud ? Hier encore, de nombreuses actions, y compris d'épandage, ont eu lieu dans l'Ouest.

Que demandaient les grévistes ? Les producteurs de lait touchent actuellement en moyenne annuelle 270 € pour 1 000 litres. Ils réclamaient 400 €. Sur ce plan-là, ils n'ont rien obtenu. De la même façon, la Commission européenne refuse de revenir sur son engagement de supprimer les quotas.

Ce qui a été obtenu. Pour désamorcer le conflit, Bruno Le Maire a multiplié les initiatives. 250 millions d'euros vont être prêtés aux jeunes agriculteurs ayant récemment investi pour les aider à reconstituer leur trésorerie. Les nouveaux accords entre industriels et producteurs seront négociés sous le contrôle de l'État avec la mise en place d'un régulateur national. De son côté la MSA va permettre un report des appels de cotisation de novembre au mois de juin 2010, sans que les producteurs aient à payer d'intérêts. La France et l'Allemagne ont réussi à rallier à leur cause dix-huit autres pays. « Nous avons fait 90 % du trajet », se félicite Pascal Massol pour l'Apli (Association des producteurs de lait indépendants). Reste à savoir si l'Europe va réussir à se mettre d'accord sur de nouvelles règles.

La FNPL persiste. La Fédération nationale des producteurs de lait, émanation de la FNSEA, le syndicat majoritaire opposé à la grève, persiste et signe. Sans l'accord signé au printemps, les producteurs se seraient retrouvés, affirme-t-elle, sans filet de sécurité face aux industriels ».

En réalité, la FNSEA ne sort pas grandie de ces deux semaines d’actions de terrain, sans elle. Sur son blog (site du quotidien Le Figaro), le 25 septembre, Eric de La Chesnais note gravement :

En refusant d'engager la FNSEA dans la grève du lait, le président du syndicat majoritaire, Jean-Michel Lemétayer s'est enfermé dans une impasse de laquelle on a du mal à voir actuellement comment il va en ressortir. En condamnant d'emblée la grève du lait, la qualifiant « d'aberration » pour finalement la « respecter » mais sans jamais pour autant entrer dans le mouvement, il s'est éloigné du monde paysan mais aussi de ses adhérents. Certains n'ont pas hésité à déchirer leurs cartes, gonflant le rang des mécontents après les céréaliers au printemps dernier. Par ailleurs en se laissant déborder par ses pairs lors de l'inauguration officielle d'un événement dont il est également président, le Space à Rennes, il a écorné sa crédibilité de syndicaliste mais aussi celle de politique. Lui à qui Nicolas Sarkozy avait proposé un jour d'être député européen et qui laisse le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, seul face à des agriculteurs en colère scandant "Lemétayer démission, Lemétayer trahison" (…).

 

Voir aussi l’article (25 septembre) de Jean Quatremer, correspondant du quotidien Libération à Bruxelles, qui a demandé son avis à Jean-Luc Demarty, directeur général de l'agriculture et du développement à la Commission européenne. Selon lui, La crise du lait est terminée.

 

Cet article est le 134ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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