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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 20:30

 

Chevènement : ''Ma candidature serait utile et légitime pour élever le débat''
 Propos recueillis par RODOLPHE GEISLER.
 Publié dans Le Figaro le 18 octobre 2006                      
 L'ancien ministre, pour qui « le projet socialiste est faible ou ambigu », décidera avant la fin de l'année s'il se présente ou non à la présidentielle.
 LE FIGARO.- Vous publiez un nouveau livre : La Faute de M. Monnet  (1). Pour vous, l'Europe sera-t-elle au centre du débat 2007 ?
 Jean-Pierre CHEVÈNEMENT. - Bien évidemment, cette question sera au coeur de la campagne. Il faut mettre l'accent non sur une nouvelle Constitution mais sur la réorientation économique, monétaire et par conséquent sociale de la construction européenne. Il faut un gouvernement économique de la zone euro et réformer les statuts de la banque centrale. L'euro cher asphyxie nos exportations. Il faut sortir de la stagnation à laquelle nous avons été condamnés depuis près de quinze ans. Ce livre n'est pas qu'un simple essai de « dépanthéonisation » de Jean Monnet. C'est aussi une critique de l'idéologie « postnationale » chère à Jürgen Habermas. Il faut aller vers une confédération de « nations républi­caines » que j'appelle « République européenne », capable de s'exprimer par elle-même sur la scène du monde. Pour cela, il faut remettre les idées en ordre de ceux qui, comme Dominique Strauss-Kahn, confondent, non sans quelque perversité, nation et nationalisme.
 Pour défendre cette idée de l'Europe, serez-vous candidat en 2007 ?
 Je ressens une profonde inquiétude pour notre pays. Nicolas Sarkozy cède trop souvent à la démagogie. Comment ne pas relier, par exemple, les attaques contre les policiers avec la suppression de la police de proximité que j'avais créée ? Par ailleurs, le projet socialiste est faible ou ambigu sur bien des points.
 Ma candidature serait utile et légitime pour élever le niveau du débat. Je rappelle que j'ai fait plus de voix en 2002 que chacun des candidats vert, communiste, radical, etc. Cela montre qu'il existe dans le pays un courant républicain. J'entends donc peser dans la campagne. Je prendrai ma décision avant la fin de l'année.
 L'un des candidats à l'investiture socialiste a-t-il votre préférence ?
N'étant plus membre du PS depuis 1992, je n'entends pas prendre parti. Je me borne à porter des jugements sur le fond. Laurent Fabius a l'avantage d'avoir pris position en 2005 contre la Constitution européenne. Sa capacité d'homme d'État n'est pas contestable. Malheureusement, sans doute pour donner des gages aux tenants du oui, il prône maintenant une Constitution européenne réduite à ses deux premières parties. Cela ne nous satisfait pas. Inversement, j'observe que Ségolène Royal a déclaré le traité caduc et s'est prononcée pour une Europe de projets. Elle en a énoncé quelques-uns. Cette démarche me paraît seule réaliste. Quant à Dominique Strauss-Kahn, il est contre la nation, sauf si elle est « européenne », autant dire jamais. Il méconnaît la nation républicaine, définie comme « communauté de citoyens » qui est pourtant au coeur de notre histoire.
 (1) La Faute de M. Monnet, Fayard, 148 pages, 10 euros.
 Publications de la Fondation Res Publica
 Jean-Pierre Chevènement publie «La Faute de M. Monnet»
 Second volume de la collection «L'idée républicaine» éditée par la Fondation Res Publica avec les éditions Fayard.
La Faute de M. Monnet. Europe, Nations, République, Jean-Pierre Chevènement, Fayard, 2006

Plus de soixante ans après, le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de «Constitution européenne». La «méthode Monnet», celle des engrenages et des faits accomplis, peut-être utile pendant un temps, a trouvé ses limites. Dans la «mondialisation», la République entend à nouveau faire entendre sa voix, celle des peuples.
 Jean-Pierre Chevènement, La Faute de Monsieur Monnet. Europe, Nations, République
« L’idée républicaine »

Né à Belfort d’un couple d’instituteurs. Économiste, ancien élève de l’ENA. Membre du parti socialiste depuis 1964, animateur du CERES, membre des instances nationales du PS, chargé de l’élaboration du programme du parti en 1971 et en 1979-1980. Député de Belfort. Sous la présidence de François Mitterrand est successivement ministre d’État chargé de la recherche et de l’Industrie, ministre de l’Économie, ministre de la Défense. Crée en 1992 le Mouvement des Citoyens. Élu maire de Belfort (1983, 1997 et 2001). Ministre de l’Intérieur sous le gouvernement Jospin. Auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont La République contre les bien-pensants (Plon, 1999) et aux Éditions Fayard Défis républicains (2004) ainsi que Pour l’Europe votez non ! (2005).
  Jean Monnet écrivait d’Alger, en mai 1943, à Henri Hopkins, conseiller du Président Roosevelt : « Il faut le détruire », en parlant du général de Gaulle. La reconstitution des souverainetés nationales en Europe était la hantise de Jean Monnet. Dès cette époque, il pense l’organisation future de l’Europe contre l’idée de souveraineté. Prescience géniale de la nécessité de constituer l’Europe comme un grand marché régi par une autorité supranationale unique ou complot objectif contre le souveraineté populaire, qui est au principe de la République, au bénéfice d’un capitalisme euratlantique dominé par les Etats-Unis ?

Plus de soixante ans après, le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de « Constitution européenne ». La « méthode Monnet », celle des engrenages et des faits accomplis, peut-être utile pendant un temps, a trouvé ses limites. Dans la « mondialisation », la République entend à nouveau faire entendre sa voix, celle des peuples.

C’est cette voie nouvelle, celle d’une autre Europe, que Jean-Pierre Chevènement propose d’explorer : comment articuler l’idée européenne et la souveraineté populaire, le progrès social et l’exigence démocratique ? Ne serait-il pas temps aussi de penser l’Europe dans sa grande dimension, jusqu’à la Russie, pour construire avec les peuples qui le voudront, l’acteur stratégique dont nous avons besoin au XXIe siècle ? Pour faire marcher ensemble l’Europe et la République, le moment est venu d’inventer, audacieusement.  

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