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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 17:41

 

Mettre la gauche à la hauteur des défis que le pays doit relever.

  Le candidat porteur de l’espoir républicain a répondu aux journalistes de Libération (Libé, 18 novembre, voir ci-après) qui le pressaient de répondre à la question : « Pourquoi maintenir votre candidature après l’investiture officielle de Ségolène Royal par le parti socialiste » ?

 Jean-Pierre Chevènement pense que le débat doit avoir lieu afin de mettre la gauche à la hauteur des défis qui l’attendent. Car le but est, non seulement de gagner, mais c’est aussi de réussir vraiment.

 Les points de divergence sont nombreux entre le MRC et le PS et ils concernent l’essentiel : la mondialisation et l’Europe, ce que doit être la place et le rôle de la République.

 Impossible de redresser la France sans réorienter la construction européenne. Et cette réorientation n’est possible que si le président de la République frappe fort dès le début de son mandat  en demandant la renégociation de certaines clauses des traités européens (sur la concurrence et les services publics, notamment) sans exclure de suspendre l’application de ces clauses après avoir consulté le peuple français par référendum.

 Nous sommes là au cœur de la différence entre le MRC et le PS. Ce qui est nouveau, c’est le fait que les deux candidats ont une même approche de certaines questions relatives à l’éducation et à la sécurité, ou encore à propos de la nation républicaine.

Mais sur d’autres sujets, qui connaît les positions de Ségolène Royal ? Elle va devoir choisir et s’affirmer davantage. Le projet du PS est très flou, marqué par des ambiguïtés qui ne seront levées que par le débat. C’est pourquoi la candidature de Jean-Pierre Chevènement est nécessaire.

 De toute façon, la méfiance de l’électorat populaire vis-à-vis de la gauche comme de la droite est telle que le PS est bien incapable, seul, de renouer les liens. Le rejet de la droite ne sera pas suffisant.

 N’oublions pas que Sarkozy et Le Pen trouvent leurs gros bataillons d’électeurs parmi les employés, les ouvriers, les agriculteurs, les commerçants, les artisans et les retraités qui éprouvent de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts et voient leurs enfants s’enliser dans le chômage, la précarité et le RMI. Sans espoir d’en sortir, car les inégalités sociales se creusent et les privilégiés ne s’inquiètent pas du sort réservé aux défavorisés.

 Le rôle des partis politiques est de résister à la logique libérale, pas de l’accompagner. Chevènement et Royal, chacun à sa manière, sont des rebelles et des insoumis, habitués à la dureté des combats politiques. Ils ont, l’un et l’autre, une grande force de caractère et un respect mutuel l’un pour l’autre. C’est avec eux et autour d’eux que la gauche peut apparaître comme une solution en 2007 pour une majorité de nos concitoyens.

 Voir www.chevenement2007.fr

L'article du journal Libération

Présidentielle. Jean-Pierre Chevènement, qui rejoint la candidate du PS sur les questions de l'immigration et de la sécurité :

 «Ma candidature se justifie toujours»

Par Renaud DELY, Pascal VIROT

 QUOTIDIEN : samedi 18 novembre 2006

 Candidat à la présidentielle, le fondateur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, approuve certaines prises de position de Ségolène Royal. Sans la rejoindre.

Plébiscitée au PS, Ségolène Royal a souhaité que vous la rejoigniez. Allez-vous le faire ? 

 Le but c'est bien sûr de gagner, mais c'est aussi de réussir vraiment. Ségolène Royal a montré jusqu'ici une grande force de caractère. Il lui en faudra encore beaucoup pour faire bouger les lignes à l'intérieur du PS et mettre la gauche tout entière à la hauteur des défis que le pays doit relever. La réorientation de la construction européenne n'est pas une tâche facile. Pour y parvenir, il faut réapprendre la pensée libre et réapprendre aussi à se respecter. Cela ne peut sans doute pas se faire du jour au lendemain. Je ne vois pas aujourd'hui de raison qui me conduirait à m'effacer, même si, bien sûr, au deuxième tour, le candidat de gauche le mieux placé devra recevoir le désistement des autres. Le débat a sa valeur pour mettre la gauche à la hauteur des défis qui l'attendent. Il y a eu un temps où le PS pouvait nous faire des propositions, il n'en a fait aucune, je dis bien aucune !

 Vous avez envisagé de vous retirer en cas de menace Le Pen sur le second tour. C'est donc que vous avez tiré les leçons de 2002 ? 

 2002 est un accident de la route. Jospin s'est laissé distancer de 194 000 voix par Le Pen : c'est exactement 1 % des 19 millions de voix qui se sont égarées dans l'abstention, le vote nul ou le vote extrême. Le candidat socialiste n'avait pas de projet, comme l'a déclaré très justement un jour François Hollande. J'observe que les socialistes, en 2006, n'ont pas souhaité le retour de Lionel Jospin. Cela dit, personne en 2002 n'avait vu venir Le Pen. Chacun avait encore à l'esprit son score aux européennes en 1999 : 5,9 %. Aujourd'hui, sans occulter le débat politique de fond, il faut être plus vigilant. Bien évidemment, il faut d'abord parler de la globalisation libérale et de ses effets inacceptables en matière de délocalisations, de chômage et d'inégalités. Il faut mettre la gauche à la hauteur de ses responsabilités en lui offrant un projet cohérent. A partir de là, si un danger Le Pen se profilait, j'ai suggéré qu'il y ait une réunion de tous les candidats de la gauche et que chacun prenne ses responsabilités. Je n'ai pas prononcé le mot «retrait».

 Vous reconnaissez donc porter une part de responsabilité dans l'échec de 2002 ? 

 En aucune manière ! Je m'élève contre cette campagne particulièrement lâche. La tribu socialiste est divisée, mais je n'ai pas vocation à jouer les boucs émissaires pour faire son unité ! Il n'y a pas besoin d'avoir beaucoup d'esprit critique pour comprendre que, si seulement 13 % des ouvriers et des employés ont voté pour le candidat du PS en 2002, ce n'est ni la faute à Voltaire ni celle de Chevènement.

 Mais vous ne disposez plus du même espace... 

 Je dispose d'un réseau de sympathies intact dans le pays profond, et la campagne qui a été menée contre moi par les bien-pensants n'a en rien entamé ma combativité, bien au contraire ! Même mort, je reviens, telle est ma devise !

 Alors, qu'est-ce qui justifie votre candidature ? 

 On ne peut redresser la France si on ne modifie pas les orientations libérales de la construction européenne. Je propose l'envoi de deux mémorandums à Bruxelles, le premier pour mettre sur pied un «gouvernement économique» de la zone euro, le second pour une Europe qui protège (taxe anti-dumping social notamment). Je le dis clairement : si nous n'arrivons pas à renégocier certaines clauses des traités européens, sur la concurrence et les services publics par exemple, nous ne devons pas exclure de suspendre celles-ci, après référendum bien évidemment. A 27, et bientôt 30, il faut admettre une Europe à géométrie variable.

 A quoi bon vous présenter, alors que, sur deux dossiers que vous avez gérés en tant que ministre, l'éducation et la sécurité, Ségolène Royal tient un discours qui s'apparente au vôtre ? 

 Ma candidature se justifie pleinement, car le projet du MRC diverge du projet du PS sur des points essentiels : la République, la mondialisation et l'Europe. Nous ne voulons pas de nouvelle Constitution européenne. Le PS n'a pas compris que la France était le levier d'une réorientation de la construction européenne. Seule Ségolène Royal a parlé intelligemment de la nation. De la nation républicaine évidemment, définie comme «communauté de citoyens», avec une très belle formule : «Il n'y a pas de Français de souche et des Français de branchage ou de feuillage.» Mais qu'est-ce qu'elle a pris ! Sur la délinquance des mineurs, elle a marqué la nécessité de fixer les limites, rejoignant ainsi ma position : la sanction aussi est pédagogique.

Et sur la sécurité ? 

 Si j'en juge par les attaques dont Ségolène Royal a fait l'objet, j'ai l'impression que beaucoup de socialistes n'ont pas encore compris que la répression devait aller de pair avec la prévention et l'éducation. Ségolène Royal s'est située sur le terrain des valeurs. C'est l'essentiel. Maintenant, il faut passer à la pratique, sur ces sujets comme sur les autres. Le débat doit y aider.  

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