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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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21 novembre 2006 2 21 /11 /novembre /2006 19:00

 

Eléments d’une nouvelle politique agricole et alimentaire

 Trois défis planétaires à relever concernent directement le secteur agricole : l’alimentation, l’énergie, l’eau.

 Le défi alimentaire : l’agriculture devra nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2040-2050 et effacer au plus tôt la honte de la faim dans le monde,

 Le défi énergétique : l’agriculture devra contribuer à la diversification des sources d’énergie et à la promotion des énergies issues de la biomasse, dont les biocarburants,

 Le défi de la préservation des biens rares (eau, sols, biodiversité) : l’agriculture doit veiller à les maintenir et les entretenir en quantité et en qualité.

 L’agriculture, en plus de sa contribution éminente aux missions précédentes, assure d’autres fonctions utiles à l’ensemble du milieu rural : entretien du paysage et protection contre les risques naturels, espaces de loisirs, activité touristique… En outre, la fonction alimentaire en lien direct avec la vie et la santé des personnes, débouche sur une relation particulière entre producteurs et consommateurs. C’est pourquoi la politique concernant l’agriculture ne doit pas être seulement agricole, mais aussi alimentaire, environnementale et rurale.

 L’agriculture, fournisseur de denrées alimentaires, n’est pas une activité comme les autres. L’équilibre du marché est difficile à trouver. Les prix sont instables et ne reflètent pas les coûts de production. C’est pourquoi, même dans un cadre libéral, une politique d’intervention publique se justifie. Il faut donc des politiques agricoles au niveau de chaque Etat ou groupe d’Etats (Edgard Pisani).

La nouvelle politique agricole française s’exercera dans le cadre d’une PAC redéfinie en lien avec la réorientation de l’Europe. Celle-ci plaidera en faveur d’une régulation des marchés agricoles en tenant compte de leur grande diversité, par région et par produit.

 L’idéal serait que chaque région du monde puisse assurer son autosuffisance alimentaire. En fait, les études prévisionnelles actuelles (Michel Griffon) indiquent que, à l’horizon 2040-2050, certaines zones seront déficitaires sur le plan alimentaire, notamment l’Asie et l’Afrique.

 Ces déficits pourront être comblés par certains pays qui disposent de réserves de production importantes : l’Amérique du Sud, principalement et, peut-être, l’Ukraine et la Russie.

« L’Europe, dans sa configuration actuelle, ne pourra pas nourrir le monde. Son intérêt est d’avoir une politique agricole qui lui permette de faire face aux besoins de sa population et à une sécurité alimentaire qui ne va pas de soi » (Guy Paillotin).

 Face aux incertitudes mondiales (changements climatiques, énergie), l’Europe devra s’assurer une sécurité d’approvisionnement.

  L’Europe s’orientera vers la fabrication de produits agroalimentaires transformés à haute valeur ajoutée, ce qui correspond à sa vocation et à ses intérêts, par comparaison avec les USA, qui restent compétitifs sur le marché des denrées agricoles non transformées.

 Ainsi, la production agricole européenne aura pour débouchés une industrie agroalimentaire de qualité, en capacité de répondre aux besoins diversifiés de la population européenne d’une part, et d’exporter sans aides publiques d’autre part.

 Les pouvoirs publics veilleront à ce que le produit de la valeur ajoutée soit réparti équitablement entre les partenaires de la filière agroalimentaire. Les prix à la production seront revalorisés.                                                                                                                               

 L’Union européenne devra se poser la question de la protection de son espace (sécurité sanitaire des aliments, ce qui répond à la volonté des consommateurs, et refus des distorsions de concurrence).

 Ces préoccupations pourront être recevables dans le cadre des négociations de l’OMC, cette institution étant chargée par les Etats de mettre en place les règlements favorisant une bonne régulation des échanges internationaux.

 La Politique Agricole Commune maintiendra les aides directes aux producteurs en les réorientant progressivement vers les petites et moyennes exploitations familiales, en lien avec les préoccupations sociales et territoriales régionalisées. L’objectif sera de corriger le dispositif actuel en tenant compte des critiques diverses justifiées qui le visent.

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