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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 23:21

 

Il faut une véritable loi fondatrice sur les biotechnologies
J’ai trouvé dans « Le Monde diplomatique » de novembre 2006, sous le titre « La poudre aux yeux de l’évaluation des OGM », une bonne description de la confusion qui règne actuellement dans le domaine des Organismes Génétiquement Modifiés. Voici un résumé de cet article.
 L’auteur, Aurélien BERNIER, relève « l’absence de procédure indépendante d’évaluation des effets des plantes transgéniques sur la santé et l’environnement, alors que se produit un début de prolifération, soit officiellement par des autorisations délivrées par les pouvoirs publics sous la pression des entreprises multinationales, soit clandestinement par la contamination de filières alimentaires ».
 Et, pourtant, le site interministériel du gouvernement français sur les OGM, dans une rubrique intitulée « Evaluer un OGM avant sa mise sur le marché » se montre irréprochable : « L’analyse des risques pour la santé et l’environnement est l’élément fondamental et préalable à toute autorisation de mise sur le marché d’OGM. Elle est fondée sur des éléments scientifiques pertinents et pluridisciplinaires, et est confiée à des comités d’experts indépendants ». C’est trop beau pour être vrai… En effet, la réalité est bien différente.
 Une technologie nouvelle, datant de la seconde moitié du 20ème siècle.
 La « trans-genèse » consiste à insérer artificiellement dans une cellule une construction génétique étrangère. Une telle opération sur des êtres vivants oblige à mettre en place une évaluation spécifique des impacts, ce qui n’a jamais été fait. Dans le pays pionnier, les USA (à partir de la fin des années 1970), les autorités ont adopté des règles, en 1986, qui les conduisaient à fermer les yeux, décidant ainsi « d’ignorer les méthodes de production des OGM et leurs conséquences éventuelles sur l’environnement et l’alimentation ».
 L’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), sur proposition des USA, avait anticipé une extension internationale du développement des OGM. Un livre bleu, publié en 1983, concluait « Il n’y a aucune justification scientifique à l’adoption d’une législation visant spécifiquement les organismes à ADN recombinés ». L’élimination des risques de distorsion de concurrence et d’entrave à la libre circulation des marchandises doit prévaloir sur toute autre considération.
 L’Union européenne a opté pour « une évaluation au cas par cas » puis, sous la pression de l’opinion, en 2003, elle adoptera un règlement qui impose l’étiquetage de produits contenant une proportion d’OGM supérieure à 0,9%. Mais « la fiabilité du système européen est douteuse. En effet, il n’est pas prévu ni exigé d’expertise indépendante. Toutes les informations sont communiquées par les multinationales (Monsanto, Pioneer, Biogemma) », lesquelles ne font pas de zèle pour fournir des dossiers complets…
 La conclusion s’impose :
 « Jamais les plantes transgéniques ou les aliments qui en sont issus n’ont été sérieusement évalués sur les plans de la santé et de l’environnement. L’absence d’outils objectifs d’expertise légitime l’opposition à la dissémination des OGM dans l’environnement.
 Il y a urgence à reprendre de zéro tout le processus d’évaluation des organismes issus de la trans-genèse, en développant un véritable service public dont la neutralité soit inattaquable et qui intègre des paramètres socio-économiques, absents actuellement des travaux de la Commission du génie biomoléculaire (CGB) ou de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ».
 Le gouvernement a renoncé à soumettre à l’Assemblée nationale le projet de loi adopté en première lecture par le Sénat en mars 2006. Il s’agissait de mettre en conformité le droit français avec la directive européenne qui, notamment, introduit un principe de coexistence entre les filières OGM et non-OGM.
 En l’absence de texte légal d’encadrement, la culture des plantes transgéniques continue de manière sauvage. Le ministre de l’agriculture autorise illégalement des expérimentations en toute impunité. Il refuse d’entendre l’opposition massive des citoyens aux OGM. Dans ces conditions, il faut espérer que les dirigeants qui seront élus en 2007 sauront présenter et faire adopter par le Parlement une véritable loi fondatrice sur les biotechnologies qui permettra de prévenir toute dissémination dans l’environnement.
 Faut-il avoir peur des OGM ? Axel Kahn donne son point de vue.
 Cette question, parmi d’autres, était posée par « l’Humanité Dimanche » (10 au 23 août 2006) au professeur Axel Kahn. Voici ses réponses.
 « D’abord, il faut noter que le problème porte uniquement sur les plantes transgéniques, et non sur l’ensemble des organismes génétiquement modifiés. Les OGM sont massivement utilisés en pharmacie et personne n’est contre.
 Concernant les plantes transgéniques, il faudrait aborder le problème point par point (…). Sont-elles un moyen pour régler les problèmes agricoles dans le monde ? La réponse est non.
 Sont-elles dangereuses ? Font-elles courir un risque à l’environnement ? Pour ces deux questions, il faut considérer les choses au cas par cas.
  Font-elles courir un risque économique ? Oui, il y a un risque d’augmenter le pouvoir des grands semenciers sur les filières agricoles.
 Sont-elles développées pour répondre aux besoins des populations ? La réponse est évidemment non. Elles sont développées par de grandes sociétés capitalistes qui le font avant tout pour gagner de l’argent.
 Compte tenu des défis posés par la faim dans le monde, faut-il renoncer à utiliser les plantes transgéniques ? Je ne pense pas. Les défis actuels sont considérables (…). La qualité génétique des variétés est l’un des moyens d’augmenter la productivité des terres cultivées ».
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