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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 19:50

 

La République face à la finance mondialisée

Je ne me réjouis pas de l’échec des républicains de gauche dans leur entreprise de recomposition de la gauche antilibérale, à partir des collectifs antilibéraux pour un NON de gauche le 29 mai 2005.

 Eric Coquerel, Michel Naudy et Pierre Carassus, qui animent des mouvements (Mars et la Gauche républicaine) issus de ruptures avec Jean-Pierre Chevènement, font l’état des lieux de la gauche antilibérale dans un texte publié par Libération le 29 janvier dernier (voir, ci-après).

 Ils ne voient pas que les collectifs unitaires du printemps 2005, qui étaient porteurs d’un refus, ne l’étaient pas de la solution. En outre, ils avaient sous-estimé la force de la logique de l’élection présidentielle, parce qu’ils ont dans la tête de mettre en place un régime parlementaire dans lequel le président de la République serait marginalisé.

 La gauche républicaine, de mon point de vue, au lieu de chercher à recomposer la gauche antilibérale, doit exercer son influence sur l’ensemble de la gauche afin de l’amener à adopter la stratégie et les orientations politiques qui lui permettront de regagner la confiance de l’électorat populaire et de se rassembler autour d’un projet alternatif à la vision néo-libérale.

 L’enjeu de l’élection présidentielle est d’une importance majeure, car elle décidera du rapport de force entre la république et la finance mondialisée.

 C’est cela l’essentiel et les différents courants, aujourd’hui dispersés, de la gauche républicaine devraient impérativement se rapprocher pour devenir l’axe de la gauche demain au sein des pouvoirs publics nationaux, avec la capacité de mettre en œuvre la réorientation de la construction européenne, en priorité sur les plans économique et financier.

 Voici le texte signé par Eric Coquerel et Michel Naudy (président et vice-président du Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale) et Pierre Carassus (président de la Gauche Républicaine).

 José ! Et après?

 Après avoir gâché l'occasion des Présidentielles, la gauche antilibérale doit tenter de renouer les fils de l'unité pour les Législatives.

 Si à l'applaudimètre, la proposition de candidature faite dimanche dernier à José Bové a, sans conteste, été largement adoptée lors de la réunion nationale des collectifs antilibéraux, ce dernier en est-il pour autant devenu le candidat capable d'unifier l'ensemble de ce mouvement ?

 A  reprendre le long feuilleton à épisodes de nos débats depuis l'été, la question mérite, pour le moins, d'être posée. On le sait, la campagne contre le traité constitutionnel européen, inaugurant notre mouvement, a été marquée, à gauche, par un puissant mouvement unitaire « à la base ».

 Près d'un millier de collectifs ont organisé une mobilisation et une réflexion citoyenne sans guère
d'équivalent. Sur  toutes les tribunes, les grandes sensibilités de la gauche antilibérale se sont retrouvées incarnées par Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet et Jean-Luc  Mélenchon.

 De notre retentissante victoire et du travail d'élaboration mené en commun un projet est né : il était possible de battre durablement la droite en modifiant le rapport de force à gauche entre le social-libéralisme et la gauche de transformation. Il était devenu pensable de « recomposer » la gauche et d'envisager son rassemblement durable.

 Certes, la majorité de la LCR se plaçait immédiatement en dehors du mouvement au nom d'une prétendue ambiguïté sur la question des alliances avec le Parti Socialiste alors même que nos textes dénonçaient à l'avance toute inféodation à une logique Blairiste sans, pour autant, tirer un trait sur les larges fractions socialistes gagnées à une politique antilibérale qui s'étaient exprimées dans le vote référendaire.

 Malgré tout, l'arc de force demeuré en place était large et finit par aboutir en octobre à un véritable programme de gouvernement portant notamment une critique radicale de la 5ème République. Ironie du sort,  c'est bien sur les logiques empoisonnées de cette dernière  que nous venons de nous casser les dents…

 La « logique » présidentialiste porteuse de bipartisme et de providentialisme qui impliquait de réduire notre diversité à une seule figure se révéla une tâche insurmontable pour une démarche d'essence plurielle qui réunissait autant de courants, héritiers à la fois du mouvement « ouvrier » du siècle passé, d'une vision égalitaire et sociale de la République, de l'écologie politique, de l'altermondialisme et de ce qu'il est convenu d'appeler le mouvement social…

 Sans omettre, pour compliquer l'affaire, la prégnance d'objectifs partidaires à plus courte vue. Après la LCR, le PCF choisissait fin décembre de privilégier unilatéralement la candidature de Marie-Georges Buffet.

 Et maintenant José… Sans doute a-t-il été préféré par une partie substantielle des
collectifs de base qui en est aussi la partie la moins homogène. Grosso modo une grande majorité des délégués de 300 collectifs sur 600, souvent amputés de leur sensibilité communiste, se sont prononcés en sa faveur à Montreuil. Ce n'est pas négligeable même si on peut
regretter que les méthodes reprochées en décembre au Parti communiste n'aient pas été tout à fait absentes dans son propre processus de désignation (sifflets, chahuts, pression « extérieure », de type pétitionnaire dans ce cas, appel au fait majoritaire pour imposer le… consensus).

 Cependant, si nous,  républicains de gauche, avons refusé d'avaliser la synthèse finale, c'est pour une raison plus forte encore : la mise en péril accrue de l'unité et de la diversité  que doit
conserver le mouvement des collectifs. En refusant d'engager l'ensemble du mouvement autour d'une sensibilité – sans être d'un parti, José Bové représente incontestablement un courant – nous estimons ainsi être restés fidèles au refus qui fut déjà le notre en décembre d'engager un processus identique autour du PCF à travers la candidature de Marie-George Buffet.

 Cela précisé, José Bové, et ceux qui le soutiennent, ont sans doute autant de légitimité à s'engager dans la bataille présidentielle que les candidats déjà déclarés de la gauche antilibérale. Mais ni plus, ni moins. Quelque soit  le résultat final des « trois B », aucun ne pourra prétendre représenter ni même synthétiser à lui seul l'ensemble de la gauche antilibérale et cet échec est d'autant plus rageant que leur résultat cumulé  dépassera probablement un score à deux chiffres,
lui-même inférieur à ce que nous aurions pu obtenir unis. Et ce, au moment même, où les tenants de Ségolène Royal semblent à la peine…

 Et maintenant, que faire, comme disait l'autre ? A court terme, après avoir gâché l'occasion des Présidentielles, ne pas gâcher le potentiel des collectifs unitaires, leur épargner la querelle, la division et l'enrôlement, tenter de renouer les fils de l'unité pour les élections législatives, tirer les leçons de notre échec commun, envisager des regroupements politiques intermédiaires
pour mieux bannir les rapports de force écrasants dont nous avons pâti.

 Dès l'automne, nous devrons nous retrouver rapidement pour réfléchir à l'avenir structurel de la gauche antilibérale. Nous avons pour notre part avancé l'idée d'une confédération permettant un travail qui associe des sensibilités indépendantes et des adhérents directs.

 Tout reste ouvert si la division et le sectarisme – deux plaies de la gauche de transformation au XXème siècle – ne l'emportent pas. C'est bien le moins que nous devons à des citoyens qui dans les urnes comme dans les rues ont démontré ces derniers temps leur force de résistance. Une autre voie à gauche reste à construire, sans oublier au passage, de battre la droite en 2007.

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