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Le vote Royal est majoritaire dans les catégories populaires
Un message de Loïc Bureau (MRC 44) m’informe de la parution du dernier article sur son blog
http://mrc44.over-blog.com . Il reprend une information de http://contreinfo.info portant sur les enseignements des sondages que l’on dit « sortis des urnes ». Voici le texte paru sur le blog du MRC 44.
Une France à droite ?
La ventilation du vote par statut professionnel montre que la gauche, si elle est loin d’avoir retrouvé l’entière confiance des classes populaires, y reste majoritaire, même si c’est d’une courte tête.
Le vote Sarkozy / Royal par catégorie socioprofessionnelle
Si la droite est, sans surprise, majoritaire chez les artisans et commerçants, libéraux et cadres supérieurs, elle n’a pas réussi à convaincre les couches populaires.
Par contre, en observant la ventilation par statut d’emploi, on constate un déficit significatif chez les salariés du privé.
Le vote Sarkozy / Royal par statut Si l’on observe, comme on pouvait s’y attendre, que les travailleurs indépendants ont été largement séduits par les promesses d’allègement d’impôts de Sarkozy, la sous représentation du vote Royal chez les retraités confirme la réalité pointée dans un précédent article [1] qui avait alerté sur les chiffres impressionnants que recueillait le vote Sarkozy chez les seniors.
La démographie vieillissante de la France transforme la réalité sociologique du pays, et la gauche visiblement n’a pas pris la mesure de ce phénomène. A titre d’exemple, lors du face-à-face Royal Sarkozy, aucune mesure spécifique en faveur des retraités n’a été évoquée par la candidate de gauche en direction des 1O millions d’électeurs âgés de 65 ans et plus qui représentent potentiellement près du quart de l’électorat.
La ventilation des votes par tranche d’âge confirme cette tendance :
Le vote Sarkozy / Royal par tranche d’âge Mais elle fait aussi apparaître un « trou » significatif chez les jeunes actifs, qui pose une vraie question. Les appels à mettre la France au travail ont visiblement rencontré un fort écho dans une tranche d’âge qui... ne travaille plus (les retraités) ainsi que dans la France que chez les 25-35 ans qui peine statistiquement à trouver du travail.
Cette note parue dans « Contre info » évoque les raisons de la défaite de Ségolène Royal. Elle tend à montrer la différence d’adhésion de l’électorat à la candidature entre la gauche et la droite. Voici sa conclusion.
« Les bons résultats du vote Royal dans la jeunesse, chez les étudiants, chez les actifs de 35 à 59 ans, chez les ouvriers, les employés, les professions intermédiaires, montrent qu’un socle fort a résisté aux sirènes sarkoziennes. Mais ce constat de la bonne résistance de la gauche ne peut faire l’économie de cette autre réalité. C’est bien la candidature, ce tryptique programme, candidat, campagne, qui n’a pas fonctionné, n’a pas convaincu, n’a pas su emporter l’adhésion. Ce n’est pas la gauche qui a été sévèrement battue. C’est sa candidature ». Avec un rapport de force particulièrement défavorable à la gauche au soir du premier tour, un score "gauche plurielle + extrême gauche" historiquement bas à 35%, la tâche relevait de la quadrature du cercle pour Ségolène Royal. Pour prétendre à un résultat plus serré, Ségolène Royal devait réunir quatre conditions. Obtenir 90% des reports de voix de la gauche non socialiste, au moins dix points d’avance dans le report des voix des électeurs de Bayrou du premier tour, bénéficier d’une forte abstention chez les électeurs frontistes et d'une mobilisation des abstentionnistes du premier tour en sa faveur. Sur tous ces points, le compte n’y est pas : 72% des électeurs de la gauche de la gauche ont voté Royal mais 20% se sont abstenus ou ont voté blanc, elle partage avec Nicolas Sarkozy les voix bayrouistes (38% contre 40%, 22% de non exprimés), et les électeurs frontistes ont largement choisi le candidat de droite (63%), ne respectant pas les consignes d’abstention de Jean-Marie Le Pen (25% de non exprimés).
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