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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 10:49

 

Clarifier les positions en présence pour refonder

 Je découvre ce matin dans la rubrique Rebonds sur www.liberation.fr un bon texte, rafraîchissant, de jeunes militants du Parti socialiste qui ont des responsabilités nationales, au sein de diverses sensibilités, ce qui ne les empêche pas de vouloir privilégier ce qu’ils ont en commun, plutôt que ce qui les oppose, dans la perspective de la refondation de la gauche.

 Guillaume Bachelay, Laurent Baumel, Alexis Dalem et François Kalfon sont membres des instances nationales du PS. Leur « intuition » est que leurs désaccords peuvent être circonscrits, voire dépassés, afin de présenter un projet ensemble en vue d’exercer, le jour venu, des responsabilités publiques. Voici ce texte qui, je l’espère, aura un impact au sein du PS.

 « Socialistes, parlons de nos désaccords ! »

 « L’Europe et la question sociale constituent les deux principales querelles qu’il ne faut pas gommer mais dépasser.

 Parfois décrié, caricaturé comme un règlement de compte interne au Parti socialiste, le débat sur la défaite présidentielle de 2007 est indispensable. Comment préparer les rendez-vous futurs sans comprendre ce qui a conduit la gauche à manquer à ce point celui de 2007 ?

Dans ce travail d’interprétation, il n’y a pas, par principe, à jeter un voile sur les déficits et les erreurs de la candidate socialiste. Mais le même souci de lucidité et d’efficacité doit conduire à regarder en face les causes structurelles qui, en amont de la campagne, ont grevé la qualité de l’offre politique et programmatique des socialistes.

 Le PS a notamment été victime d’une radicalisation parfois excessive de clivages politiques surgis en son sein au cours des années précédentes. Sur fond de compétition présidentielle, les divergences, réelles, fortes et légitimes, à propos de la défaite de 2002, puis du traité constitutionnel européen, ont été exacerbées avant d’être dissoutes dans une synthèse artificielle. Au total, les socialistes français sont sortis de cette période avec des querelles intactes mais sans une ligne politique opérationnelle sur les sujets essentiels.

 L’objectif ne saurait être d’effacer ou de supprimer ces contradictions. Elles ne sont pas seulement celles du PS, mais celles de la gauche tout entière. Mais il est nécessaire d’organiser le débat indépendamment des échéances de pouvoir pour le dépassionner et permettre de clarifier ce qui nous sépare vraiment. La refondation et la reconquête de notre électorat sont à ce prix.

 Notre intuition - qui motive notre démarche - est que, pour nous socialistes, qui avons tous intériorisé l’effondrement du communisme et l’expérience du pouvoir, qui sommes tous réformistes, désireux de gouverner, soucieux des réalités, unanimement conscients des transformations du monde et de la nécessité de construire l’Europe face à la mondialisation, nos désaccords ne nous interdisent ni de nous rassembler dans le même parti, ni, le jour venu, d’exercer ensemble les responsabilités. Ils ne doivent pas être gommés, mais ils peuvent être circonscrits et, peut-être dans certains cas, dépassés.

 Considérons par exemple la question européenne qui a tant divisé les socialistes dans les années 2004-2005 et, au fond, qui «travaille» le PS depuis fort longtemps.

 De quoi était-il question en réalité ? D’un traité apportant quelques avancées institutionnelles, sans apporter toutes celles que souhaitaient les ­socialistes, et en y ajoutant une constitutionnalisation contestable de dispositions libérales, d’ailleurs combattues par tous les socialistes français. Voilà de ce dont il fallait discuter, au lieu de caricaturer les uns en archaïques et les autres en libéraux.

 Dans quelques mois, lorsque le nouveau Traité sera rédigé par la CIG, la question va se reposer. Profitons de cette période pour débattre ensemble de ce que nous attendons réellement de la construction européenne, des compromis que nous sommes prêts à faire, des limites que nous ne voulons pas franchir et des stratégies politiques que nous voulons mettre en œuvre dans l’espace public européen. Avancer de la sorte, en remettant à plat et sans anathème, l’ensemble du débat sur les voies et les moyens de notre engagement européen nous permettra, le moment venu, d’avoir des débats doctrinaux plutôt que caricaturaux.

 On pourrait dire la même chose à propos de la question sociale. Au cours des années précédentes, deux analyses se sont opposées : celle des «deux France» et celle de «la fragmentation sociale». Moins spectaculaire que le différend européen, cette querelle sur la réalité sociale française n’en est pas moins aussi profonde. Elle a empêché de penser collectivement un bon programme économique et social.

 Or tout le monde sait, en vérité, qu’il y a deux France et notamment une France des couches populaires et moyennes, composée d’exclus, de travailleurs précaires et de salariés modestes, vivant dans les citées, le périurbain et le monde rural, avec les difficultés de logement et des transports et l’angoisse de l’avenir. Tout le monde sait, en même temps, que cette grande base sociale ne se vit pas comme une classe homogène, traversée qu’elle est aussi par la diversité de ses situations. Tout le monde sait, enfin, que c’est la stratégie de la droite de diviser le salariat pour faire en sorte que chaque catégorie sociale se vive en concurrence avec les autres.

 On pourrait gagner du temps et de la pertinence politique si on se décidait à affronter ensemble deux questions essentielles : comment reconstruire par la politique, à travers des revendications réellement fédératrices, sinon une «classe sociale», en tout cas une dynamique d’alliance des couches populaires et moyennes ? Quel type de compromis redistributif interne, au sein de ces couches populaires et moyennes, faut-il imaginer pour rendre possible cette agrégation ?

 Le Parti socialiste a programmé pour l’année qui vient un processus de refondation rythmé des conventions thématiques et un Congrès. Ce processus sera utile s’il s’inspire de l’état d’esprit et de la méthode que nous proposons (voir notre site www.gagner-2012.net). Appartenant à différentes sensibilités de ce parti mais aussi à une génération qui veut retrouver le plaisir fraternel du débat (et parfois du combat) des idées, nous prendrons toute notre part, en commun et chacun de son côté, à ce travail de clarification et de reconstruction ».

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