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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 13:31

 

Une synthèse entre la République et le socialisme

 

 Hier, j’ai publié sur ce blog le texte de Gilles Candar, intitulé « Jaurès contre Sarkozy ». Dans le même sens, deux autres signataires de l’appel « Gauche Avenir » s’expriment ce jour dans Le Figaro. Paul Quilès, ancien élu PS à l’Assemblée nationale (issu de la circonscription de Jaurès dans le Tarn), et Marie-Noëlle Lienemann, membre PS du Parlement européen, non seulement démarquent Jaurès de Sarkozy, mais présentent avec beaucoup de justesse son message politique.

 Ils regrettent que la récente campagne présidentielle de la gauche n’ait pas permis de valoriser l’apport du grand rassembleur des socialistes français du début du 20ème siècle.

 Pour ma part, je pense que la gauche doit s’inspirer de la démarche et des idées de Jaurès afin de clarifier son fond idéologique et construire le projet qu’elle présentera aux Français.

 Voici le texte publié ce 1er août sur www.lefigaro.fr dans la rubrique « Débats et opinions », onglet « Actualité »et qu’on peut trouver sur le site www.gaucheavenir.org .

 « Jaurès aurait-il voté Sarkozy ? »

 « Jaurès fut indiscutablement l'un des héros de la campagne de 2007. Pas tant en raison des maigres références des socialistes et de leur candidate au grand tribun, mais parce que Nicolas Sarkozy l'appela abondamment en renfort. Ce n'était pas la première fois qu'un candidat de droite s'essayait à cette récupération. François Mitterrand y avait en son temps répondu : « La droite adore les socialistes... quand ils sont étrangers ou morts ! » Mais si, le temps passant, l'oeuvre de Blum et de Jaurès est plus largement saluée, c'est que la plupart des grandes avancées sociales, voire sociétales, sont nées en France de l'action de la gauche et des socialistes. Refuser que nos figures historiques participent du patrimoine commun du pays serait la preuve d'un sectarisme déplacé, mais accepter leur banalisation, l'affaiblissement ou le rangement au musée de leurs idées serait tout aussi inacceptable.

 Jaurès, à partir du projet républicain, n'a cessé d'appeler à son dépassement, pour qu'il embrasse tous les champs de la vie. La citoyenneté ne pouvait pas rester exclue des entreprises, l'égalité exigeait des politiques publiques volontaristes et un engagement contre toutes les injustices sociales, la fraternité condamnait l'exploitation de l'homme par l'homme.

Cette synthèse originale et exigeante entre la vision républicaine et le mouvement ouvrier est la matrice originale du socialisme français. Jaurès était un visionnaire et défendait des valeurs fondamentales et universalistes qui traversent le temps. Elles demeurent d'une profonde modernité et, par certains aspects, d'une totale actualité.

Dès 1888, Jaurès, qui n'est pas encore socialiste, condamne la réaction qui veut « accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens ». Et il propose : « Nous voulons remplacer l'impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d'un certain chiffre », car « nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder, sans les légitimer par leur travail propre ». On imagine mal Jaurès votant la réforme fiscale de Nicolas Sarkozy !

 La récidive ? La délinquance ? Des sujets évoqués aussi par les politiques de l'époque, qui dénoncent déjà la fascination pour l'argent facile, la perte des repères en même temps que la surexcitation des peurs. Non seulement Jaurès, mais l'ensemble de la gauche se battent pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative. À cette époque aussi, il fallait convaincre et ce n'était pas facile, mais Jaurès estimait qu'il fallait parfois savoir « dépenser sa popularité » en allant à contre-courant de l'opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe ».

 Pas étonnant que, sur tous ces sujets, Nicolas Sarkozy ne cite plus Jaurès ! Et il est bien dommage que la gauche, oublieuse d'elle-même, n'ait pas l'audace de le faire.

 Durant la campagne, la candidate socialiste, au-delà de quelques références convenues à Jaurès et Blum, a préféré vanter fréquemment Prodi et Blair, démobilisant un peu plus l'électorat de gauche. L'appel à la rénovation sonnait et sonne encore souvent comme un hymne au renoncement et à l'abandon des valeurs du socialisme français, à ses racines, à son esprit rebelle, qui ne s'accommode guère de l'ordre dominant.

 Nous pensons, au contraire, que l'avenir est à une gauche décomplexée qui propose des réponses renouvelées tout en ne craignant pas d'assumer son identité. Une gauche qui, selon la méthode jaurésienne, n'oublie jamais la réalité ».

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