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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 20:03

 

Un sous-produit de la libéralisation de l’énergie

 Ce projet de fusion GDF-Suez laisse apparemment à l’Etat suffisamment de marge de manœuvre pour mettre en œuvre une politique énergétique (si les pouvoirs publics en ont la volonté). C’est plutôt une bonne nouvelle, car cela peut apparaître comme un moindre mal dans le cadre de la libéralisation de l’énergie décidée par les dirigeants de l’Union européenne (Chirac-Jospin représentant la France) en mars 2002. 

 Voici, d’abord, le communiqué de Jean-Pierre Chevènement, paru sur son blog www.chevenement.fr le 3 septembre.

 « A propos de la fusion GDF-Suez »

« La création, avec GDF-Suez, d'un deuxième grand énergéticien français à l'exemple de ce qui existe en Allemagne avec E.O.N. et R.W.E., est dans la logique de la libéralisation du marché de l'énergie décidée au niveau européen à la fin des années quatre-vingt-dix et concrétisée au sommet de Barcelone en 2002.

La fusion EDF-GDF eût obligé à sacrifier des pans entiers de notre industrie pour faire droit aux exigences de la Commission européenne en matière de concurrence.

De nombreux points doivent être encore garantis : une participation de l'Etat telle qu'il soit clair que les orientations stratégiques du nouvel ensemble ne lui échapperont pas, y compris en matière de tarification et le maintien du statut des employés de GDF.

Mais l'existence de deux grands énergéticiens français de taille mondiale -EDF et GDF Suez – constitue un élément essentiel de sécurisation de nos approvisionnements en énergie dans les décennies à venir. C'est un choix stratégique qui ne doit pas être laissé à l'appréciation des marchés financiers ».

Parmi les nombreux articles de presse lus à ce sujet, j’ai retenu ceux parus hier sur www.liberation.fr sous les signatures de Nicolas Cori et de Grégoire Biseau.

 Le premier remarque avec humour « En privatisant GDF, l’Etat se creuse un canal dans Suez » avant d’affirmer :

 « Avec 35 % du nouveau groupe, les pouvoirs publics nationalisent en partie Suez ».

 « (…) Car, et c’est là toute l’originalité de cette opération détaillée hier, il s’agit à la fois d’une privatisation de GDF, puisque la part de l’Etat dans le capital passera de 80 % aujourd’hui à 35 % dans le nouvel ensemble ; mais aussi d’une nationalisation partielle de Suez… privatisé en 1986. Comme l’a d’ailleurs précisé Mestrallet, le conseil d’administration de GDF-Suez ­sera composé d’un tiers de représentants de l’Etat.

 Quant à la mise en Bourse partielle de Suez Environnement, elle laissera peu d’autonomie à cette filiale. GDF-Suez en détiendra directement 35 %, et signera un pacte avec les principaux actionnaires actuels de Suez (Albert Frère, mais aussi des entreprises ­publiques comme la Caisse des dépôts, Areva, CNP), ce qui permettra de contrôler au total 47 % du capital.

Au final, l’Etat - et son Président hyperactif - sera ainsi en mesure de peser sur les ­activités actuelles de Suez : la production et la distribution d’électricité en Belgique, mais aussi la fourniture d’eau et le traitement des déchets de milliers de municipalités dans le monde.

 Promesse. Enfin, pas tout de suite. De nouvelles étapes doivent être franchies avant de mettre un point final au feuilleton de ce rapprochement : consultation des salariés, avis de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et vote des assemblées générales d’actionnaires. Mais les dirigeants sont confiants et parient pour le premier semestre 2008.

 Les syndicats sont contre l’opération, mais leur avis est purement consultatif. L’Autorité des marchés financiers n’est jamais très embêtante. Quant aux actionnaires, ils se voient offrir 0,9545 action GDF-Suez et 0,65 action Suez Environnement, avec la promesse, faite hier, de mener une «politique dynamique de distribution de dividende». En français : beaucoup d’argent. Un argument qui convainc toujours ». 

 Pour sa part, Grégoire Biseau évoque les éventuelles conséquences négatives pour les consommateurs. Il voit dans cet accord « un pas vers la libéralisation des prix » et le risque d’augmentations futures.

 « Déjà fragilisés, les tarifs réglementés risquent d’être, tôt ou tard, revus à la hausse ».

 « Faut-il s’inquiéter de la privatisation de GDF ou au contraire se réjouir de la prise de contrôle par l’Etat de Suez ? La gauche, et notamment la CGT, n’en démord pas : cette privatisation va demain fragiliser les missions de service public de l’ex-monopole gazier. Comme si «service public» et «entreprise publique» étaient nécessairement deux notions consubstantielles.

 Un récent exemple, promu par la gauche, suffit à prouver que c’est parfois un peu plus compliqué. Le fait de confier la gestion des vélos en libre-service de la capitale à une entreprise privée (Decaux en l’occurrence) n’a pas empêché Bertrand Delanoë de revendiquer la naissance d’un «nouveau service public», comme le titrait son journal municipal. Même chose pour les métiers de l’eau et de la propreté, très souvent assurés par des groupes privés (dont Suez) mais dans le cadre de délégations de service public.

 Hier, Jean-François Cirelli, patron de GDF, avait donc beau rôle de répéter que cette fusion ne changerait rien pour les consommateurs, puisque les tarifs réglementés restent sous la coupe de l’Etat. A en croire les avocats de cette privatisation, une entreprise privée peut donc commercialiser un produit (du gaz et de l’électricité) dont le prix est fixé par la puissance publique. Et faire du profit. Peut-être, mais une fois cette privatisation effective, il ne fait guère de doute que le nouveau groupe GDF-Suez deviendra le premier lobbyiste (notamment auprès de Bruxelles) pour faire en sorte que ces tarifs publics puissent être enterrés. Avec un argument imparable : «Je suis un acteur privé car 65 % du capital du groupe est détenu par des actionnaires privés qui n’aspirent qu’à la hausse du profit et donc du cours de Bourse.»

 Or, le gouvernement sait très bien que ces tarifs réglementés sont déjà doublement fragilisés : par une récente décision du Conseil constitutionnel et par Bruxelles, qui y voit un obstacle à la libre concurrence. Au final, les syndicats n’ont donc pas tort de redouter à terme les effets possibles de cette privatisation sur une libéralisation totale des prix et donc sur leur possible hausse ».

Lire sur ce blog dans la catégorie "Environnement climatique et énergies" les nombreux articles concernant les questions énergétiques.

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