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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 23:40

Régression pour les salariés, progrès pour le patronat

 

Quelques jours après l’accord de Wagram (voir Flexibilité et sécurité de l'emploi : accord entre le patronat et 3 syndicats - 20 janvier 2013), Gérard Beillard* me faisait savoir ce qu’il pensait de cet accord. Il était fort mécontent. Je lui donnai rendez-vous la semaine suivante. C’était avant-hier. Il m’a présenté son point de vue personnel concernant cette négociation.

 

Le point de vue de Gérard Beillard

 

Cet accord est-il un progrès pour l’ensemble des salariés ? Non, c’est une régression et il n’aura pas d’effets sur le chômage. Le fait que les négociations aient eu lieu au siège du patronat, boulevard Wagram, n’était pas neutre. Le patronat a conduit les négociations à sa façon.

 

Pour l’essentiel, les propositions Sarkozy d’avant l’élection présidentielle (projet de décrets) ont été reprises dans l’accord et le code du travail sera revu à la baisse. Dans les négociations pour garantir l’emploi, les mesures de flexibilité l’emportent sur celles visant à la sécurité de l’emploi.

Le chantage à l’emploi continuera car il faut faire pression sur les salaires, comme le demandent les actionnaires afin d’améliorer la compétitivité des entreprises.

 

Il est lamentable de présenter comme une avancée, comme le fait la CFDT, la création d’une assurance complémentaire qui ouvre des droits, en fait un ticket modérateur. C’est ouvrir un marché pour les assurances privées, car ce sont les entreprises qui choisiront l’organisme assureur. Les remboursements seront à un bas niveau, entre le ticket modérateur (secteur 1) et la CMU, le niveau de garantie étant modulable selon le prix choisi par l’entreprise.

Les dépassements, sauf pour les cadres, seront à la charge des salariés. Et, ce sera un manque à gagner pour la sécurité sociale, alors que la bonne solution serait que l’assurance complémentaire se fasse par le biais de la sécurité sociale.

Le patronat investit dans la santé. Ses représentants assureurs vont tirer bénéfice de cet accord. Ils sont déjà dans les organismes de la sécurité sociale et cherchent à appauvrir celle-ci pour y rentrer davantage.

 

L’orientation reste la même que sous le gouvernement précédent. L’Etat se désengage de la protection sociale. La tendance est d’aller vers le modèle anglo-saxon, pendant que les USA se tournent vers le modèle français…

 

Les salariés perdent des droits avec l’assouplissement de la durée du travail et des licenciements. « C’est la flexibilité maintenant, et la sécurité plus tard ». Les demandes du Medef sont, depuis plus de 25 ans, en défaveur des salariés. Les banques et actionnaires ont accru leurs exigences. Quant à la CFDT, ses promesses n’ont pas été tenues lorsqu’elle a engagé les salariés dans l’accord sur les retraites en 2003. En fait, c’est un accord qui favorise les cadres et c’est pourquoi la CGC et la CFDT l’ont signé. Le patronat aime les syndicats « réformistes » car ils acceptent les réformes libérales qui vont dans son sens.

 

On est ni naïfs, ni des opposants systématiques. Mais on a l’impression de ne plus être dans le pays de la grande Révolution française. On nous demande de subir, comme au temps de la domination des rois. Le peuple n’est pas écouté. La République a perdu son sens. Les valeurs de fraternité et de justice ne sont plus à la mode.

 

Mais nous vivons au temps d’Internet et ne sommes plus incultes. Nous n’acceptons plus que les plus gros efforts soient toujours demandés aux plus faibles, avec les licenciements en fin de compte. Ce n’est pas par hasard si le stress est le premier symptôme de maladies professionnelles en France.

 

Face à la soif de pouvoir qu’ont les dirigeants et la complicité entre certains syndicats et le gouvernement, ce qui contribue à appauvrir le peuple, nous demandons que les efforts soient partagés et que l’humain passe avant la spéculation.

 

Il faut cesser d’augmenter la pauvreté pour satisfaire l’Europe, comme le veut l’Allemagne. Ce pays, qui était un modèle pour les salariés - les salaires étaient 30 % plus élevés en Allemagne qu’en France il y a 25-30 ans, le patronat était aux petits soins des ouvriers - impose désormais l’austérité salariale à toute l’Europe, cette Europe qui a choisi les valeurs de concurrence et de compétition entre ses membres, alors qu’elle avait été fondée sur celles de la coopération et de la solidarité entre les nations.

 

L’Europe libérale n’est pas un modèle. Nous voulons que la valeur « travail » ait autant d’importance que la valeur « capital ». Le capitalisme doit être encadré et compensé par le pouvoir politique républicain de l’Etat. Quand le pouvoir politique se met au service du « capital », cela donne le capitalisme financier, qui détruit l’humain.

 

Avec Sarkozy, il fallait travailler plus pour gagner plus. Depuis la crise financière, les salaires baissent, ce qui est une erreur car il faut des revenus pour consommer et faire marcher l’économie. Le système libéral tire vers le bas les revenus salariaux de production (pas des cadres) afin de rapprocher les coûts de production des conditions salariales des pays émergents.

 

En conclusion, les syndicats qui ont signé l’accord de Wagram affaiblissent la majorité des salariés, mettent en péril notre modèle de protection sociale et ne contribuent pas au redressement national.

 

Gerard-Beillard-190113-002-T.jpg* Vous saurez tout sur Gérard Beillard

 

Gérard Beillard habite à Saint-Berthevin (53) depuis 1986. Il est originaire de Laval (Mayenne). Son père avait été à Laval un ouvrier syndiqué à la CGT et membre du PCF. Il avait cessé les deux engagements sous le choc de l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS en août 1968.

Gérard se définit comme engagé, mais pas embrigadé (liberté de pensée et, donc, d’engagement ; pas de doctrine ; il part quand il est en désaccord).

 

A partir d’un CAP de peinture, il avait commencé à travailler pendant deux à trois ans comme peintre en bâtiment dans une entreprise de Laval. Il avait 17 ans et n’avait pas tardé à créer un syndicat avec deux collègues. Recruté par une entreprise textile lavalloise en 1975, il y restera - à temps partiel depuis quelques années, suite à une invalidité pour raison de santé - jusqu’à sa retraite, prévue en 2014.

A noter que, pendant 7 à 8 ans, il avait mené de front, à côté de son emploi d’ouvrier, une activité de sous-agent d’assurance à temps partiel.

 

Son syndicat était la CFDT (il a été délégué suppléant - pendant un mandat - dans l’entreprise textile) jusqu’à la mise à l’écart de son dirigeant national, Jean Kaspar, remplacé par Nicole Notat, ce qui l’avait amené à déchirer sa carte lors d’un de ses discours, car elle avait des positions s’éloignant des intérêts du monde du travail. Il n’avait pas rejoint la CGT, en raison de la trop grande proximité de celle-ci avec le PCF. Toutefois, depuis six mois, il est membre de l’union départementale CGT (commission santé).

 

Son engagement politique a été d’abord au Parti socialiste par intermittence, avant de rejoindre le Mouvement Républicain et Citoyen, en 2004.

Il est membre de deux associations politiques, CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) et Résistance sociale (correspondant départemental).

 

Il milite pour que les citoyens se prennent en mains. Il ne suffit pas de critiquer et de se plaindre. Il faut trouver des hommes et des femmes, honnêtes, cohérents, qui réfléchissent et mettent en œuvre dans leur vie les valeurs républicaines et de justice sociale. Il faut des patrons, comme son beau-père qui était photographe à Laval et était un républicain gaulliste. Ce sont les valeurs des milieux populaires.

 

Dans un monde économique dominé par la finance, le peuple est étouffé, sans réactions, se laissant aller dans ce qu’il croit être moderne mais qui n’est fait que pour être consommé dans le court terme. Il faut inventer un autre système social, dans lequel l’être humain serait reconnu à sa juste valeur et créerait des richesses qui seraient bien distribuées, avec le souci de la justice. Le but des organisations citoyennes et politiques doit être l’émancipation du peuple. A titre personnel, il dit aimer les autres et être heureux quand ils sont heureux. C’est cela sa motivation.

 

Cet article est le 111ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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Published by Michel SORIN - dans Travail Economie
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