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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 23:48

André Lefranc : l’Apli est là pour solidariser les producteurs

 

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Photo, de gauche à droite: André Lefranc, Hervé Delogé, Jean-Claude Aubry, Isabelle Connan.

 

En Mayenne, depuis le lancement de l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS, Hervé Delogé se démène pour faire vivre l’Apli 53, non sans difficultés, notamment depuis l’assemblée générale, le 28 février 2012 à Commer (voir L'Apli 53, en AG, a adopté les statuts nationaux mais perdu son bureau - 3 mars 2012).

 

Après la démission de nombreux membres du bureau, il a constitué un bureau provisoire (lui-même président, Jean-Claude Aubry secrétaire, et Franck Courcelle trésorier). Puis il a décidé de relancer le mouvement en convoquant une nouvelle assemblée générale hier à Commer (voir Les producteurs de lait de l'APLI 53 (Hervé Delogé) en AG le 21 mai - 20 mai 2012. 

 

Dans la même salle des Lilas, une soixantaine de personnes étaient présentes, dont une dizaine de candidats au Conseil d’administration de l’association, en plus des trois membres du bureau provisoire. Tous élus à l’unanimité (ou presque) des 38 votants, ils se réuniront bientôt pour reconstituer un bureau. Le président provisoire avait atteint son objectif.

 

Cette AG avait aussi pour but de faire le point sur les diverses initiatives nationales de l’Apli, le plus souvent avec ses partenaires (Confédération paysanne et Organisation des producteurs de lait) dans le cadre de l’EMB (European Milk Board) au niveau européen.

En dépit de l’absence de Paul de Montvalon, président de l’Office du lait et de France MilkBoard, excusé, les intervenants étaient de haut niveau : André Lefranc (Manche), président national Apli, Yves Sauvaget (Manche), président national de la section lait de la Confédération paysanne, codirigeant de l’office du lait et de l’association France MilkBoard (FMB), et Isabelle Connan (Côtes-d’Armor), responsable ouest de la coopérative FaireFrance pour le Lait équitable.

Dans la salle, Olivier Chemin, président 53 de la Coordination rurale, Vincent Guillet, président 53 de la Confédération paysanne, et Dominique Morin, président de la section lait de ce syndicat, étaient présents et se sont exprimés en cours de débat.

 

En ouverture de séance, Hervé Delogé a rappelé les positions de l’Apli (voir Agriculture et présidentielle : A Lefranc explicite la politique de l'APLI - 4 mai 2012).

 

Ensuite, André Lefranc a rappelé l’historique de l’Apli et le but poursuivi. Lui-même n’avait aucun engagement professionnel avant l’Apli, née en 2008 de la baisse du prix du lait et des revenus des producteurs. Il milite pour la mise en place d’un système européen de régulation au sein de la filière laitière - et de la profession, plus généralement - avec partage équitable de la valeur ajoutée entre les différents acteurs de la filière.

 

Le problème ne se limite pas à l’Europe. Les producteurs de lait sont, partout dans le monde, soumis à un rapport de forces défavorable à l’égard des grandes firmes industrielles et commerciales (voir la publication, en décembre 2011, de La grande arnaque du lait par l’organisation internationale « Grain »). En se mobilisant, il est possible de changer les choses.

 

La raison d’être de l’Apli, c’est de créer les conditions pour solidariser les producteurs. C’est pourquoi l’Apli s’est engagée dans l’Office du lait et France MilkBoard (voir Débat FMB-Office du lait à Mayenne le 5 décembre : un vent nouveau - 12 décembre 2011) et dans l’opération « Sauvons le lait ».

 

C’est pour revaloriser la place et le revenu du producteur que l’Apli s’est engagée dans le « Lait équitable », une adaptation en France (Fairefrance) de ce qui est fait en Belgique (Fairebel) et au Luxembourg (voir A Martigné (Mayenne), l'APLI (EMB) a lancé le lait équitable français - 24 mars 2012).

Il s’agit de commercialiser du lait dans les grandes surfaces, en commençant par le plus simple (lait UHT demi-écrémé), à un prix équitable (« fair » en anglais), incluant une rémunération correcte de l’éleveur laitier.

Cette initiative (en Belgique, le lancement d’un nouveau produit, une crème glacée « équitable ») a été saluée par le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos (voir L'APLI et l'EMB ont noué des relations avec Dacian Ciolos en Belgique - 26 avril 2012).

 

Dacian Ciolos a expliqué que la consigne à Bruxelles du temps de Mariann Fischer Boel, son prédécesseur, était d’éviter de rencontrer les producteurs de lait contestataires de l’Apli et de l’EMB. Il a félicité le président de Fairecoop Erwin Schöpges, au vu de l’intérêt des réalisations.

 

André Lefranc est favorable au principe de base des coopératives mais il reproche aux coopératives laitières de s’être trop souvent limitées aux productions de beurre et poudre de lait (pour l’export et avec les aides publiques). Elles sont peu performantes au niveau de leurs résultats financiers, tirant à la baisse les prix payés aux producteurs. Les industriels privés sont sur des produits dégageant plus de valeur ajoutée.

La coopérative Lait équitable - qui ne vise à conquérir qu’environ 1 % des parts de marché au niveau français - remet en cause le système qui n’a plus de coopératif que de nom. Il faut adapter l’offre aux besoins de la consommation (le Canada est un bon exemple) et refuser le système des « fermes usines » qui se développe dans le monde.

 

Yves Sauvaget (Confédération paysanne) présente le contrat France MilkBoard (voir Le contrat laitier France MilkBoard pour une nouvelle dynamique de filière- 11 décembre 2011. Les industriels n’ont pas voulu négocier. C’est important de l’avoir comme solution alternative pour s’organiser et se défendre collectivement.

 

La contractualisation a été présentée comme une solution après l’abandon des quotas laitiers, en 2015 (cet abandon n’est plus aussi sûr depuis que 7 pays ont exprimé leurs réserves et on attend la position du nouveau gouvernement français).

 

En l’absence de quotas et de toute régulation, les producteurs pourront produire autant qu’ils voudront, les coopératives étant obligées de collecter tout le lait produit, selon leurs statuts, ce qui provoquera la surproduction. Les industriels privés règleront la quantité collectée par contrat avec les producteurs.

Répondant à une question, il précise que les références laitières n’existeront plus à partir de 2015. C’était l’objectif de Mariann Fischer Boel, qui avait augmenté les quotas pour faire tomber les références qui étaient vendues (Danemark)

 

Isabelle Connan présente le concept Lait équitable FaireFrance, qui a pour objet d’arrêter l’engrenage vers l’industrialisation et rémunérer correctement le producteur (voir L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 12 février 2012).

 

Il s’agit de créer une marque de produits, laitiers dans un premier temps, appartenant au monde agricole, sur la base du concept « bon et équitable », bon par la qualité (naturelle) des produits commercialisés, équitable dans le sens d’un prix juste pour le producteur (le rémunérant correctement).

 

Cet article est le 313ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
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