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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 19:46

Pour une agriculture responsable, souveraine et humaine

 

AG Office du lait Avranches 221111 005 TDe Vains (Sud Manche), le 30 avril 2012, André Lefranc, président de l’Apli au niveau national, a publié un communiqué (voir Apli) dans le but de préciser la position de la fédération des associations de producteurs de lait indépendants dans la perspective du vote du 6 mai. Aux adhérents de juger le programme des deux candidats restant en lice et d’apporter leur confiance à celui qui leur paraît porter au mieux leurs revendications.

 

Rappel : Lettre ouverte à Sarkozy : André Lefranc (APLI) s'adresse au président - 21 mars 2012 

Fédération nationale Apli : André Lefranc (50) succède à Richard Blanc - 21 février 2012 

Producteurs de lait : André Lefranc (Sud Manche) élu président de l'Apli - 18 février 2012 

 

La politique de l’APLI : un choix de société pour la défense des éleveurs

 

L’APLI (Association des Producteurs de lait indépendants), née en 2008 et adhérente à l’EMB (European MilkBoard), se bat pour une agriculture responsable et souveraine. Le but est de réguler la production en fonction de la demande afin de garantir :

- Un revenu équitable aux producteurs.

- Une alimentation saine pour les consommateurs.

- Une agriculture respectueuse de l’environnement.

- Un arrêt de la famine, instrumentalisée à des fins financières et politiques, en stoppant la spéculation sur la nourriture.

- Des prix rémunérateurs et non des subventions.

- La place de l’humain, remis enfin, au centre des débats.

 

Depuis la grève du lait et l’épandage médiatique du Mt St-Michel en septembre 2009, nous dépensons sans compter une énergie farouche pour faire changer le système. Nous mettons tout en oeuvre et à tous les niveaux pour changer cette voie tracée par des « responsables » qui ne pensent que profit financier et résultats à court terme.

 

Nous avons donc mis en place :

 

1. Une nouvelle interprofession représentative : l’Office du Lait National avec le lancement des deux premiers collèges, le collège « producteurs » et le collège « consommateurs » (voir son site : www.sauvonslelait.fr). Mais pour l’instant cette interprofession ne peut vivre financièrement puisque M. Bruno Le Maire maintient un décret qui permet aux industriels de prélever une CVO (Cotisation Volontaire Obligatoire) à tous les producteurs afin de financer une interprofession sclérosée et gérée par un seul syndicat. Ce n’est pas l’annonce de l’ouverture, avec des strapontins, aux autres syndicats qui changera la donne. Il faut un référendum pour demander aux producteurs de choisir leur interprofession. Par ailleurs, les 1 400 producteurs qui ont lancé une procédure pour obtenir le remboursement de leur CVO sur 10 ans ont pu voir une intervention de l’état entraver et reporter le travail de la justice… Alors qu’au Ministère on nous affirme que la gestion de l’interprofession est une affaire privée !!!

2. Une organisation de producteurs : « France MilkBoard » plurielle et démocratique.

3. Une marque de lait équitable : « FaireFrance », que nous, fermiers français, lancerons cette année tout comme cela a déjà été fait en Belgique, au Luxembourg, en Autriche et en Allemagne.

 

La politique menée actuellement s’apparente à une dérive totale du système, avec l’accélération de la disparition des fermes laitières (- 50 % en 15 ans) et la course folle pour le développement des agro-carburants.

 

Monsieur Bruno Le Maire semblait avoir la volonté d’entraîner l’Europe vers une régulation afin d’adapter l’offre et la demande et éviter la volatilité des prix. Les puissants lobbies l’ont rattrapé, détournant de son objectif initial la LMA (Loi de Modernisation Agricole) qui, au lieu d’aller vers la protection des producteurs, a livré ces derniers, sur un plateau d’argent, aux industries laitières qui cherchent à garantir leur approvisionnement au moindre coût. En effet, les producteurs de lait se voient contraints de signer des contrats d’approvisionnement sur 5 ans (7 ou 12ans) sans aucune garantie de prix.

D’autre part, imposée par les lobbies de la filière oléagineuse, la décision de l’Europe d’incorporer 10 % d’agro carburant entraîne la déforestation (par l’implantation de millions d’hectare de palme et de jatropha*) dans les pays en développement au détriment de la production alimentaire.

En Afrique, on prend la terre aux communautés rurales et on les prive ainsi de leurs moyens de subsistance. Les prix alimentaires augmentent de nouveau et contribuent au développement de la famine.

 

En France « Sofiprotéol », société tentaculaire, avec à sa tête un président de syndicat agricole, détient de multiples participations dans des sociétés para agricoles y compris les coopératives et est leader dans le développement des agro carburants à partir de l’huile de colza. Ainsi l’huile de colza de qualité se retrouve dans les réservoirs des voitures et l’huile de palme dans toute la nourriture entraînant déforestation, famine et obésité !!!

Ainsi la contractualisation a été programmée depuis plusieurs années par « nos responsables » pour diriger l’agriculture vers un système de production intensif. Des contrats de filières assurent la valorisation des sous produits des huiles en prônant un système de production dépendant « maïs- tourteau » au détriment des surfaces en herbe.

A un moment il va falloir choisir entre la nourriture et les agro carburants !!!

Sofiprotéol, tout comme Monsanto, veut donner l’image d’une agriculture nourricière, innovante, dynamique et protectrice de l’environnement, alors qu’il ne s’agit que de profit financier à court terme sur le dos des humains et promettant un avenir catastrophique de la planète pour nos enfants.

 

Notre association, indépendante de tout syndicat et parti politique, est là pour dénoncer et proposer, nous ne pouvons rester passifs sous prétexte de compétitivité ou de crise financière, l’agriculture est assez riche il faut juste remettre de l’équité à tous les stades de la filière.

Les pouvoirs politiques sous la coupe de l’agro-industrie et de la finance sont dans l’incapacité de prendre une décision. Il en résulte une diminution importante des exploitations familiales et une concentration de l’élevage, intégré par des industriels. La conséquence inéluctable en sera le développement de « fermes usines » telles que l’on commence à voir apparaître à travers le monde.

- Au Vietnam, une société israélienne Afimilk possède 45 000 vaches et a comme objectif pour 2017 d'avoir 137 000 vaches dans sa ferme afin d’assurer 30 % de la consommation nationale de lait !!!

- Au Pakistan, une filiale du géant pakistanais des engrais, Engro Corporation, a lancé sa propre ferme usine de production laitière dans le district de Sukkur, en 2008. La ferme a commencé avec 2 200 vaches importées d'Australie, et l'entreprise prévoit de porter le troupeau « à 150 000 vaches dans les années qui viennent afin de pouvoir contrôler sa propre chaîne d'approvisionnement. » Engro, qui développe ses activités agroalimentaires à l'étranger, veut à terme exporter des produits laitiers à partir du Pakistan.

- Ou encore en Egypte : Pepsi Co détient avec le géant saoudien des produits laitiers, Almarai, six méga-fermes dans le désert saoudien. Ces dernières regroupent 100 000 vaches, soit les deux tiers du cheptel laitier du pays.

- En France, un projet de 1000 vaches vient de voir le jour, financé par un homme d’affaire du BTP sous le déguisement de la méthanisation.

 

Ce ne sont que quelques exemples mais qui s’inscrivent dans une évolution mondiale. Partout, au Nord comme au Sud, des sociétés et des grands acteurs financiers investissent pour mettre en place des méga-fermes et s’emparer de l’approvisionnement mondial en lait.

 

Nos hommes politiques parlent de compétitivité et d’exportation : est ce vraiment pour nourrir le monde et permettre aux producteurs de vivre ? Ou envahir le marché afin de ne pas payer la production ? Il faudrait plutôt parler de compétition car il y aura, des gagnants et des perdants. Ces derniers étant bien évidemment les producteurs partout à travers le monde.

 

Nous pouvons vous assurer que demain, si nous n’avons pas de changement d’orientation, nous aurons :

1) Des prix forts pour les consommateurs avec une perte de qualité.

2) Une disparition des fermes familiales.

3) La mort des communes rurales dans certaines régions.

4) Une agriculture subventionnée pour la sauvegarde de la filière oléagineuse.

5) De plus en plus d’émeutes dans tous les pays où on vole la terre aux paysans.

6) Une production laitière industrialisée.

7) Une mise en place des OGM (Organisme Génétiquement Modifié) pour une agriculture court terme sans savoir ce que nous laisserons aux générations futures.

 

Un changement politique est indispensable pour remettre l’humain au centre du débat sans céder au chantage de l’agro-industrie et des spéculateurs.

Nous sommes appelés à retourner aux urnes ce dimanche 6 Mai 2012, c’est l’occasion de nous exprimer, je vous engage à le faire massivement. Aussi avons-nous rencontré les différentes formations politiques, écouté leurs propositions pour l’avenir qu’ils semblent vouloir donner à l’agriculture.

A vous de juger le programme des deux candidats restant en lice et d’apporter votre confiance à celui qui vous parait porter au mieux nos revendications.

 

* Le jatropha, plante à huile toxique pour l’humain mais d’un rendement exceptionnel pour les carburants, est censé pousser sur des terres «marginales», c’est-à-dire non dédiées à l’agriculture vivrière, en fait les entreprises ont vite mis la main sur les sols les plus fertiles. Et n’ont pas hésité à exproprier les paysans locaux

 

Cet article est le 310ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
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