Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 23:11

La libéralisation voulue par l’Europe se heurte aux réalités

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TOn voit venir la catastrophe depuis longtemps mais vient le moment où elle va se produire. On y est. Voici deux articles du quotidien Ouest-France qui permettent de comprendre ce qui est en train de se produire.

 

Les paysans dans le tourbillon des marchés (Ouest-France, Xavier Bonnardel, 21 déc. 2012)

Pour le sociologue Roger Le Guen*, en dix ans le paysage agricole a été bouleversé. Entretien.

 

Quelles sont les mutations majeures qui ont transformé le monde agricole et le métier de paysan depuis dix ans ?

L’agriculteur est entré de plain-pied dans la dynamique des marchés. Par exemple, les producteurs de lait sont désormais secoués par la volatilité des prix du lait et de l’aliment.

Ce n’est pas seulement un phénomène économique. C’est aussi un phénomène social et politique : les pouvoirs publics se retirent de la gestion des marchés. Ils donnent plus de pouvoir aux filières agricoles et agroalimentaires au sein desquelles les industriels et la grande distribution ont sur l’agriculteur un pouvoir de donneur d’ordre.

 

Comment les agriculteurs s’adaptent-ils ?

Ils répondent à l’ouverture sur les marchés par la spécialisation et l’augmentation de productivité de leur travail. Ce qui nécessite de leur part une importante capacité économique et sociale d’adaptation, de résistance et de résilience aux crises. Il en résulte des mondes professionnels de plus en plus différenciés avec des intérêts divergents entre les filières animales et végétales.

Les grandes cultures sont portées par des prix tendanciellement à la hausse, en raison de l’augmentation de la population mondiale et de l’accroissement de la consommation de viande.

Les élevages qui consomment le blé ou le maïs pour nourrir les troupeaux ont du mal à faire face à la hausse de leurs coûts de production, sauf s’ils ont assez de terres pour produire l’aliment eux-mêmes. Ceci entraîne des tensions sur le foncier : les agriculteurs agrandissent leurs exploitations, deviennent concurrents entre eux sur le foncier.

 

Les filières animales et végétales, deux planètes opposées ?

La réarticulation des mondes de l’élevage et des grandes cultures est un enjeu majeur. Par des contrats entre filières animales et végétales pour atténuer la fluctuation des marchés. Par des mécanismes de solidarité professionnelle. Qu’observe-t-on ? Les céréaliers, les yeux rivés sur leur ordinateur  et sur les cours des matières premières, cherchent à optimiser la vente de leur production sur les marchés à terme. Les coopératives ont embrayé : elles proposent aux céréaliers de passer des ordres en leur nom. Et quand on propose des contrats sur deux, trois, quatre ans, ça ne va pas de soi. Un certain court-termisme a pris le dessus.

 

L’élevage** semble particulièrement fragilisé…

L’agrandissement des exploitations crée un effet de bascule : avec des surfaces importantes, le départ à la retraite d’un associé se traduit par la fermeture d’un atelier d’élevage. Les éleveurs se disent : « A quoi bon s’embêter à produire du lait ou du porc sans revenu satisfaisant ? »

 

Pourquoi ne pas devenir producteurs de céréales à la place ?

Des ilôts de grandes cultures se développent au cœur du bassin d’élevage du grand Ouest. En dix ans, un quart des exploitations ont disparu. L’ambiance professionnelle s’en ressent : le sentiment d’un isolement croissant, de l’affaiblissement du soutien technique, peut induire une démotivation et accélérer le recul de l’élevage. Les partenaires industriels des agriculteurs peuvent dès lors s’interroger sur la rentabilité future de leurs usines.

 

* Enseignant chercheur à l’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers, Roger Le Guen sera le titulaire de la nouvelle chaire de sociologie sur les mutations du monde agricole et rural.

 

** Voir Les marchés pas tendres avec les éleveurs bovins (Ouest-France, Patrice Moyon, 5 oct. 2012)

 

AG Apli 120911 001 TAnticiper de futures crises laitières (Ouest-France, Patrice Moyon, 12 décembre 2012)

Dacian Ciolos n’a pas fermé la porte à la mise en place de nouveaux outils pour prendre en compte les spécificités du secteur laitier.

 

Officiellement, la porte reste fermée. Les quotas laitiers disparaîtront en 2015. Les acteurs de la filière laitière devront faire preuve de leur capacité à nager ou surnager dans les turbulences du marché mondial. Sans soutien de l’Europe.

 

Le sujet reste pourtant controversé. Certains économistes doutent de la capacité de nombreux éleveurs à faire face à des chutes brutales de prix. Et pointent le risque d’une guerre du lait entre les grands bassins laitiers européens.

Lundi, à Bruxelles, devant des journalistes agricoles européens, Dacian Ciolos s’est dit attentif aux risques liés à ce bouleversement. S’il continue à défendre la suppression des quotas qui « avaient montré leurs limites », le Commissaire européen à l’agriculture se dit ouvert : « Peut-être y a-t-il d’autres outils ? ». Sur ce terrain miné, guetté par les partisans d’une orthodoxie libérale, il avance avec prudence. En s’appuyant sur les experts.

 

L’inverse aux USA

 

Une étude sur la spécificité du secteur laitier a été commandée par la Commission européenne. Elle devrait déboucher sur une conférence débat l’an prochain. Moins idéologue que son prédécesseur Mariann Fischer Boel, attaché au développement rural, Dacian Ciolos veut coller aux réalités du terrain. La France, de son côté, sui le dossier de près. Et Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture, a promis de faire des propositions*.

 

Lors de cette rencontre à Bruxelles, Aurélie Trouvé, économiste et spécialiste du secteur laitier, a souligné les risques liés aux orientations prises par Bruxelles. « Les Etats-Unis prennent le chemin inverse de celui suivi par l’Europe. Ils encadrent leur marché laitier sans aucun complexe. La Suisse a supprimé les quotas et mis en place une contractualisation avec les éleveurs. On peut parler d’échec. Si on ne fait rien, on aura une nouvelle crise du lait. On risque d’assister en France à un déménagement du territoire et à la concentration des élevages dans les régions les plus favorables à cette production ». Un mouvement déjà lancé et non sans risques. La question déjà posée à la Bretagne ces dernières années pourrait soulever les mêmes controverses environnementales au Danemark, aux Pays-Bas mais aussi en Allemagne.

 

* Voir Lait : nouveau système de régulation étudié au ministère de l'agriculture- 12 déc. 2012

André Lefranc (APLI) a vu le changement au ministère de l'agriculture - 27 décembre 2012 

 

Cet article est le 360ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Partager cet article

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article

commentaires