Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 23:50

L’agronomie pour concilier économie et écologie

 

De nouvelles méthodes de production existent à titre expérimental, mises en œuvre par des agriculteurs qui ont compris le sens de l’histoire dans leur métier. Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Stéphane Le Foll, les met en exergue afin d’enclencher une dynamique collective au sein du monde agricole.

 

Voir « Il faut créer des modèles nouveaux » (Paysan Breton Hebdo, 27 juillet 2012).

 

Controverses-Marciac-3et4-aout-2011-114-T.jpgEt aussi, sur le site du ministère de l’agriculture, 7 août 2012 : Interview de Stéphane Le Foll : « La performance économique et écologique passe par un retour à l’agronomie »

 Photo : Stéphane Le Foll, le 4 août 2011, aux Controverses de Marciac (Gers) 

 

Vous vous intéressez de près aux nouvelles techniques innovantes de production, comme l’agroforesterie. De tels modèles vous paraissent-ils prometteurs pour ces territoires?
Ces modèles présentent un gros potentiel. Par exemple, l’agroforesterie 
[2] produit de la biodiversité et de la fertilité pour les sols, ce qui est essentiel. Ce sont donc des principes qui sont extrêmement productifs, car ils permettent de faire cohabiter économie et écologie, en utilisant au maximum les potentiels de la nature.
L’une des idées intéressantes, c’est de couvrir les sols et de les faire travailler de manière continue. Si on s’en occupe bien, tout en les faisant travailler, on augmente leur fertilité et on limite l’érosion. Il en résulte un haut niveau de production et un haut niveau de protection des sols.
Ainsi, la conciliation de la performance économique et écologique passe par un retour à une approche basée sur l’agronomie.

 

Certains agriculteurs sont convaincus par ces méthodes. Mais comment étendre le mouvement auprès des autres?
Je le dis de manière provocante : dans l’après-guerre, il y a eu une dynamique collective chez les agriculteurs pour la mise en place du modèle conventionnel avec les clubs de 100 quintaux 
[3]. Il y avait une forme d’émulation sur le niveau du rendement que chacun atteignait, qui était au cœur des conversations. Il faut arriver à renouveler cette volonté de réussir. Pour passer du modèle conventionnel à ces nouvelles méthodes de production, il faut retrouver cette dynamique collective. Sans nier les risques de pertes de rendement pendant les 4 ou 5 années de la phase de « conversion » aux nouveaux modèles, il faut encadrer et appuyer les agriculteurs pour engager les adaptations nécessaires.
Selon moi, la performance économique et écologique de l’agriculture ne peut pas se résumer à une succession de décisions et de normes appliquées exploitation par exploitation. Le moment est arrivé où il va falloir créer des cadres juridiques plus collectifs, en développant ce que j’appelle les groupements d’intérêt économiques et écologiques. Objectif : créer des dynamiques collectives dans lesquels les agriculteurs puissent s’inscrire. Aujourd’hui, nous nous contentons souvent de raisonner sur la correction des effets négatifs des modèles précédents. Nous avons besoin de créer des modèles nouveaux plutôt que de corriger ce que nous avons fait par le passé. Il vaut mieux travailler à construire l’avenir.

 

 [2] L’agroforesterie consiste à planter des arbres au milieu des cultures. Elle peut également être l’association des arbres avec un élevage, on parlera alors de sylvopastoralisme. Ce mode d’exploitation tire parti de cette complémentarité pour réconcilier production et protection de l’environnement.
L’agroforesterie se pratique déjà traditionnellement en Normandie avec les prés-vergers, dans le sud de la France où oliviers et vigne cohabitent dans les parcelles agricoles, ou encore en Dordogne avec les noiseraies. L’idée de décloisonner la forêt, de mettre les arbres au milieu des champs n’est donc pas nouvelle, mais elle est remise au goût du jour.

[3] Le club des 100 quintaux regroupe les céréaliculteurs qui atteignent ce rendement de blé à l’hectare.

 

Rappel : Stéphane Le Foll (Sarthe), ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire - 18 mai 2012 Atouts et points faibles de Stéphane Le Foll, selon Jacques Berthelot -19 mai 2012 

Cet article est le 335ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Partager cet article

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article

commentaires